Après cette introduction en synonyme, je me permets de continuer mon propos. Merci de votre attention.
Je fais un petit saut en arrière dans le temps pour vous profiter à nouveau du feuillage d'automne (aujourd'hui terminé, il fait trop froid désormais). C'était dimanche 29 novembre, en compagnie d'Élodie et ses potes, fraichement débarqués de Shanghai.
En ce dimanche qui s'annonce donc plutôt ensoleillé, on arrive à se lever relativement tôt - 9h - malgré un coucher tardif. Le rendez-vous est donné à 10h du matin à une station de métro quelconque, allez savoir pourquoi ils ont choisi celle-là en particulier. Gros mystère. Voyons le bon côté des choses, au moins il n'y a pas autant de sorties qu'à Shinjuku. Bref, donc rendez-vous 10h, on arrive là-bas à 10h40. En même temps, Clément la jouait Méthode Coué la veille en disant qu'on pouvait se lever à 9h00 sans aucun soucis et qu'on y serait à l'heure. Mon œil ouais.
À la sortie du métro, personne. Le groupe de filles qui sont venues avec Élodie, Clément et Yohan (un autre par rapport à celui du début du billet) ne sont pas à l'endroit du rendez-vous. On imagine que les 45 minutes de retard peuvent expliquer en partie cette défection. On se donne un quart d'heure d'attente en allant acheter des brioches/pâtisseries au conbini du coin.


11h et des barbelés, toujours personne. Here we go alors. Direction le parc Kotenmaru, situé au nord ouest de ce vaste ensemble occupé à son centre par la résidence de l'empereur. Il fait bon, le soleil frappe nos jolis visages angéliques. Hihi. Le long des douves/de la rivière qui entoure ce "centre vide", de nombreux Japonais s'adonnent aux joies du jogging. Avec l'équipement qu'il faut hein. Comme pour l'ascension du Fuji, là aussi ils ont tout ce qu'il faut. Les baskets
profaïlées qui ont l'air de faire rebondir le mec dans les airs, les bandanas, les tenues de course, etc. Ici pas de jogging vieux de 20 ans dont les couleurs, devenues ternes et délavées, ne suffisent plus à détourner l'attention des trous parsemant la tenue.

Pas de jogging pour nous, faut pas déconner, après on serait crevé. Non, on y va mollo, tranquilou, c'est les vacances (week-end seulement pour moi mais passons). On en profite pour admirer ces groupes de Japonais en train de s'adonner en groupe à des étirements étranges. Une sorte de marche militaire sans le côté impressionnant et sans le côté marche en fait. Hum. Dur d'expliquer. Tant pis, on s'en fout en fait. Continuons la visite.
Après avoir regardé un plan, je m'aperçois que se trouve à proximité le
Yasukuni-jinja, le temple célèbre pour être un objet de contentieux très fort entre la Chine, la Corée et le Japon à cause des militaires qu'il honore. Certains criminels de guerre de la seconde guerre mondiale sont en effet honorés dans ce temple, ce qui ne passe pas du tout du côté chinois et coréen, victimes de la brutalité japonaise à cette période. Je vais pas vous faire un cours d'histoire, allez voir sur le lien, il y a des explications.
Enfin, sans tenir compte de la valeur symbolique du temple, nous décidons d'y aller. Le temple à un certain intérêt touristique malgré tout. Et puis Le Routard en dit du "bien" d'abord (endroit à visiter quoi). Donc y va.

On profite du beau temps en ce milieu de journée pour longer les douves le plus longtemps possible. Les arbres sont colorés, l'endroit est calme, les vieux sont partout, on a peur. Non mais par contre c'est vrai que les vieux Japonais sont partout, armés de leurs appareils photo ultra performants. C'est que le feuillage d'automne, c'est leur dada, c'est l'occasion d'aller se balader en plus. Et hop, on vit jusqu'à 82 ans. Pas compliqué tout ça, merci l'automne.

On finit par rejoindre le parc dans lequel se trouve le temple controversé. Avant cela, au centre du parc se dresse une statue rendant hommage à un Japonais dont le nom m'échappe aujourd'hui. Autour de cette statue, de nombreux grands arbres jaunes. Et de nombreux Japonais puisqu'une sorte de vide-grenier semble être organisé ce jour-là. Je ne sais pas si c'est habituel ou exceptionnel, mais il y a du monde.

Comme c'est les vacances, on prend le temps de déambuler parmi les "stands". Yohan regarde les vaisselles en bois (made in China, que c'est ironique) pendant que Clément s'achète un Zippo. À voir sa maîtrise de l'utilisation de l'appareil, j'en déduis que c'est un fumeur expérimenté. Remarque le nombre de clopes fumées en une journée constituait un indice fort déjà. Moi pendant ce temps, j'essaie de prendre de jolies photos en noir et blanc.

S'ensuit un stop pour acheter des
takoyaki pour qu'ils puissent goûter. Seule Elodie est au courant qu'il y a du poulpe à l'intérieur. Et voir Clément écarquiller les yeux lorsqu'on lui révèle la supercherie est un truc unique, que même Mastercard peut pas te payer. Yohan lui adore, c'est moins rigolo.

Finalement, on pénètre dans l'enceinte du sanctuaire. Je m'attendais à trouver une sorte de cimetière pour honorer toutes ces âmes, mais sanctuaire shintô oblige, l'hommage est rendu via le bâtiment principal (qui est un peu trop petit pour accueillir 2 millions de stèles au passage). Quelques touristes sont là, mais ce sont principalement les Japonais qui viennent. Les vieux surtout.

On continue la visite de l'enceinte en passant notamment devant les statues d'un cheval, d'un chien et d'un pigeon voyageur honorant les fidèles compagnons de l'homme morts au combat. Ces statues sont placées devant le
Yûshukan, le musée du sanctuaire retraçant l'histoire militaire du Japon d'une manière "discutable" dirons-nous (cf l'article de Wikipedia).

Enfin plus loin se trouve un petit bassin joliment décoré et rempli de carpes énormes de toutes les couleurs. Les Shanghaiens avec moi sont fans. On s'accorde le temps d'admirer ce petit coin de calme, à l'abri du tumulte des grandes rues, et nous repartons de là où nous sommes venus.
Après une pause clope à l'endroit prévu à cet effet, nous quittons le sanctuaire, longeant la longue allée d'arbres jaunes pour rejoindre le parc Kotenmaru, situé juste à côté.

Armés de nos
okonomiyaki vendues sur le stand à côté des
takoyaki, nous rejoignons le parc après être passé au
conbini d'à côté (pour la demoiselle Élodie qui ne voulait pas d'okonomiyaki). Ce passage au conbini est l'occasion de découvrir un magazine consacré aux
host, ces beaux gosses japonais androgynes, dont le métier consiste à dire des choses gentilles aux dames venant les voir. Un concept étrange.

Nous voilà donc enfin au parc. À première vue, un concert se prépare le soir-même à en juger par la foule déjà présente devant le
Nippon Budokan, lieu prisé par certains groupes pour jouer en live. Ce soir, c'est Calling qui se produit et même que ça a l'air d'attirer les filles. Enfin on en saura pas plus.

Notre préoccupation du moment est de trouver un endroit pépère où se poser pour déguster nos victuailles. C'est chose faite 2 minutes après. L'okonomiyaki disparait rapidement - c'est toujours délicieux ces trucs-là - et n'aurait pas dit non à une petite sœur, histoire de bien caler le bide. S'ensuit l'inévitable sieste pour essayer de récupérer un peu (manque de sommeil flagrant).

30 minutes après, tout le monde debout. Avec la disparition du soleil, la température s'est bien refroidie. Nous décidons de repartir pour Shinjuku afin de trouver un guichet HSBC pour Élodie (il n'y en a pas à Shinjuku pour votre information, faut aller à Ginza ou à Ikebukuro !) et ensuite de rejoindre Shibuya pour le resto du soir. Mais avant ça, on fait la boucle dans le parc, ce qui nous donne l'occasion d'admirer toutes ces variations du rouge automnal qui est toujours aussi beau.

Cela nous donne aussi l'occasion d'admirer ces énormes araignées qui arrivent à tisser des toiles longues de plusieurs mètres, partant d'un arbre au bord du chemin pour atteindre un arbre de l'autre côté du chemin. Les toiles intègrent parfois des bouts de bois, des feuilles, etc. Bref, ici elles font ça bien, c'est pas des lavettes. Et y'en a plein. Alors faites gaffe, Spiderman n'est pas un personnage de fiction ici.
Finalement, nous revenons vers le Budokan où la foule a commencé à rentrer d

ans le bâtiment. Mais comme cela nous éloigne de la bonne station de métro, nous ressortons de l'autre côté du parc. Après avoir gêné une bonne partie des joggeurs du dimanche sur le chemin, nous rejoignons le chemin pris plus tôt dans la journée. Un petit arrêt à la librairie à côté de la bouche de métro pour que Clément achète un cadeau à son frère, et nous voilà à nouveau dans le métro.

À cette heure-ci, l'affluence est importante. Au milieu de tous les Japonais, Yohan et son mètre 88 (j'en sais rien, simple estimation) sortent du lot. Jugez par vous-mêmes...
La soirée sera une soirée shibuyesque comme il se doit: izakaya, bar et boite. Très marrante, mais cela est une autre histoire (dont vous ne saurez quasiment rien, sauf toi Benjamin parce que tu le mérites. Merci pour ta fidélité à ce blog d'ailleurs. J'ai toujours su que je pouvais compter sur toi. Bisous).
Ah! la fin du séjour s'approche... Admire les couleurs d'automne et celles des carpes dans les jardins...
RépondreSupprimerNB: Le son de la vidéo attire l'attention autant que les images...
Une petite remarque perfide s'est glissée dans ta narration : "Ici...pas de jogging de 20 ans ...". Elle révèle ton manque de goût pour le vintage (modèle Jordan L.A. 1993). D'ailleurs, ce vieux jogging a repris du service pas plus tard que hier. Avec toujours autant de satisfaction!
Bise.
Derniers jours de stage... Apporte avec toi dès ton retour en France, cette bonne humeur que tu nous transmets au fil de tes "papiers" et les couleurs automnales en reflet dans tes yeux.
RépondreSupprimerHeureuse de voir que tu profites toujours de tes copains et de ton séjour nippon.
Ménage cependant ta monture pour nous revenir éveillé et en grande forme.
Bisous
Cathy
Les commentaires des parents sont toujours aussi lyriques...
RépondreSupprimerTrop beaux ces derniers instants de kôyô !