lundi 31 août 2009

Un samedi spécial matsuri ! Partie I : Asakusa Samba

Ce samedi étaient organisés deux matsuri dans Tôkyô. Le premier se déroulait à Asakusa, au nord-est de Tôkyô et est un festival consacré à la samba, un petit bout de Rio de Janeiro en plein Tôkyô en quelque sorte. Le second se déroulait à deux pas de chez et est cette fois-ci purement japonais. Il s'agit de l'awa-odori à Koenji. À l'origine, l'awa-odori vient de Tokushima, ville de Kyushu, mais le festival s'est diffusé dans le Japon. Celui de Koenji est le deuxième plus gros après celui de Tokushima. Il réunit près de 12000 danseurs qui défilent pendant 3 heures dans les rues de Koenji (ville faisant partie de Tokyo). Bref, c'est pas de la rigolade quoi.

Ainsi donc, comme mon compagnon tokyoïte de toujours, à savoir Louis, était reparti faire son cool à surfer avec son boss, je me retrouvai sans plan pour le samedi. Heureusement qu'un collègue passa par là le vendredi après-midi pour me signaler ce festival dont je ne soupçonnais pas même l'existence. Après quelques envois de mails, j'apprends que Maxime y va également, en plus d'aller à Asakusa en début d'après-midi. Très bien, parfait comme programme.

C'est donc après avoir traversé Tôkyô d'ouest en est que j'arrive à Asakusa sur les coups de 13h10, soit 20 minutes avant le début officiel des festivités. Et dès la sortie du métro, dur retour à la réalité. Il y a du monde, beaucoup de monde. Et il fait chaud, beaucoup chaud. Et je trouve pas Maxime. En fait si, mais après deux-trois aller-retour dans les sorties de la station de métro.

On décide d'aller un plus loin que la station dans l'espoir d'éviter le flot humain. Cela me permet de découvrir les rues animées forts sympathiques d'Asakusa, avec moultes échoppes et visiteurs. On se poste donc un peu plus loin à un endroit se situant plutôt en fin de parcours, en plein cagnard, pour observer les participants.

Déjà ça commence bien puisque ce sont des demoiselles en costumes brésilien, (donc peu vêtues) qui ouvrent le festival. Suivront plusieurs dizaines d'équipes avec des costumes tous plus variés les uns que les autres, même si l'on peut remarquer une certaine domination des costumes faits de plumes et de machins qui brillent, à la brésilienne. Tant mieux, tant mieux.

J'ai pu aussi voir des déguisements de pingouins, d'ours polaires, de surfeurs, de magiciennes avec des livres sur la tête (?), de toréadors, d'amérindiens, de flots marins (si si), de capitaine flam, d'aladdin, de princesse, etc. Bref de tout et de rien, mais toujours très coloré !

Samba oblige, les percussions étaient mis en avant. Parfois, le mélange percu brésiliennes/chanson japonaise rendaient bizarrement, mais dans l'ensemble, c'était entrainant et ça donnait envie de bouger ! C'est assez surprenant de voir de la samba à Tôkyô, mais finalement c'est très plaisant ! Sur ce blog, vous aurez un petit résumé historique de l'évènement.

A 15h45, après s'être rassasiés de couleurs chatoyante et de strings brésiliens, nous laissons notre place au premier rang, fruit de 2h de labeur en plein cagnard, pour aller faire un saut au Sensô-ji. Attraction principale du quartier durant les jours normaux, il attire toujours énormément de monde. Aujourd'hui ne sera pas une exception.

Pour atteindre le temple, le chemin le plus connu commence à partir de la Kaminarimon. Véritable symbole du quartier, cette porte marque l'entrée d'Asakusa et est le bâtiment le plus pris en photo dans le coin (Source Routardienne). Bon, moi j'ai pas commencé de là, je suis quelqu'un d'iconoclaste comme vous le savez tous. Un esprit libre.

En revanche, j'ai fait comme tout le monde en longeant la galerie marchande de la rue Nakamise. Ici se trouve de quoi rendre heureux le touriste à la recherche de souvenirs. C'est sûrement plus cher que dans d'autres endroits, mais au moins, tout est concentré dans la galerie: kimonos (pour toi Cécilia ;) ), lanternes, babioles, etc.

La rue débouche ensuite sur la porte Hozomon, qui ressemble à la Kaminarimon et qui marque l'entrée du temple. De grosses sandales censées faire la pointure de Bouddha sont accrochées sur le derrière de la porte. Après vérification, elles sont un peu grandes pour moi. Dommage, faut que je me trouve des tongs.

Bref, alors le temple étant en travaux, il est complètement recouvert d'une bâche, ce qui gâche un peu le truc. (bâche, gâche, y'a une figure de style là !). Je fais fis de tout ça et me concentre sur la pagode à 5 étages et sur l'intérieur du temple.

Et puis un peu sur la droite, y'avait un singe à qui une japonaise mettait une couche. Ce spectacle vaut bien tout les temples du Japon, non ?

Bref, après cette petite visite relativement rapide mais tout à fait satisfaisante du Sensô-ji, le plus vieux temple de Tôkyô - s'il-vous-plaît madame -, on fait un joli demi-tour direction le métro pour aller à notre deuxième matsuri de la journée. Sauf que, esprits libres obligent (gné, bizarre cette orthographe), on décide de prendre la ruelle qui longe le DERRIERE des boutiques de la rue Nakamise. Eh, pas con hein. Malin le Français. Il se fait son petit voyage hors des sentiers battus. Ouais, c'est un état d'esprit à avoir, un peu aventurier, un peu fou-fou...

Bref, on retrouve la civilisation, la foule, le bruit et la fameuse Kaminarimon que je vois enfin. Matsuri oblige, on se sent forcé de prendre encore quelques photos des participants du moment, bien qu'on ne voit pas grand chose. Mais ouais, mais avec le numérique, c'est la quantité qui prime sur la qualité. De toute façon tout se perd...

Et hop, 16h40, dans le métro, prêt à rallier Koenji. C'est l'occasion pour moi d'effectuer un premier tri parmi les 240 photos prises en 3h30... D'ailleurs, vu le peu de photos du matsuri que j'ai mis en ligne dans l'article, je vous renvoie à l'album Picasa pour l'intégrale. Attention, éloignez les enfants, par moment, les dames sont très légèrement vêtues !

dimanche 30 août 2009

o tanjôbi omedetô, otô-san !

En ce jour historique dans l'histoire du Japon (l'opposition a en effet remportée haut la main les éléctions face au PLD qui fut au pouvoir pendant presque 54 ans d'affilée), j'aimerais souhaiter un très joyeux anniversaire à mon papounet chéri adoré. Il fête en effet aujourd'hui ses 31 ans, bien qu'il ne les fasse pas du tout.


Allez, je regrette bien évidemment de ne pas avoir été là à la grande fête organisée en cet honneur, mais je me console en me disant qu'on se boira une bonne bière à Shinjûku dans quelques semaines !

Banzaï !

EDIT: c'est con, à 4 minutes près, je le publiais le 30. Petite précision pour tous les nuls qui ne connaitraient pas mon père, son anniversaire est le 30 et non pas le 31. Voilà.

vendredi 28 août 2009

Le Japon insolite, partie II: le metro

Jeudi soir fut un grand soir.

Non pas à cause de la superbe vue de Tokyo a la tombée du jour du haut du Metropolitan Government Building.

Non pas à cause de la balade à Kagurazaka, ce quartier méconnu et pourtant tellement sympa avec ses ruelles typiques et son ambiance authentique (ah c’est le routard qui le dit).

Non pas à cause de ce bar d'où s'échappaient les notes de la chanson d'Aznavour Les Comédiens.

Non pas à cause de Louis, qui a réussi à faire croire au tenancier italien, Sabatino, qu'on bossait pour Le Routard :
(Louis: « et, vous vous souvenez peut-être de Jean-Jacques non ? Il était déjà venu là.
Sabatino - Jean-Jacques ? Oui, oui, mais c'était y'a longtemps.
Louis - Ouais, y'a deux mois environ
Sabatino - Oui voilà deux mois. Oui je me souviens. »)

Non pas à cause de Pascal, ce Français tout tranquille avec sa chemise rouge ouverte a la moitie et qui chantait trop bien d’une voix grave et profonde, accompagné par un Jap hippie (japipi) à la guitare.

Non pas à cause de ce c****** de Français qui a eu le culot de me dire de la fermer car je faisais trop de bruit (en même temps, parler dans un bar, je sais que c'est un peu osé mais bon...).

Non non non.

Ce soir fut un grand soir, car enfin c'est arrivé. Enfin !

Le Japon reste bien mystérieux pour nos yeux d'occidentaux. Nous n'en avons qu'une image édulcorée, simplifiée et à fortiori simpliste. Le Japon est un pays propice à la divulgation de clichés plus ou moins vrais. Le Japon est un pays qui fascine.

Forcément, en allant au Japon, on se prépare à faire face ou non a ces clichés. Une remise en cause du jugement initial que l'on porte sur ce pays. Est-ce vrai ? Ou ne serait-ce qu'un stéréotype bien facile à faire perdurer mais déconnecté de la réalité ? Mi-amusé, mi-fébrile, on hésite à s'engager sur la voie de l'incertitude. Ce serait tellement plus simple si tout était vrai. Notre esprit serait débarrassé de cette lourde tache qui consiste à reconstruire notre jugement par-dessus les décombres de l'ancien. Et pourtant.

Ce soir, mes amis, un cliché s'est vérifié de la plus belle des façons. Sous mes yeux. Un véritable honneur auquel j’ai pu prendre part quelques minutes apres.

Ce soir, pour vous, la vidéo.

(et d'autres photos)

Flaner a Tokyo

Notre volonté peut parfois flancher à l’insu de notre plein gré. C’est ce qui s’est produit ce dimanche matin là.

Alors que Louis et moi nous étions mis d’accord pour aller tôt a Harajuku histoire de profiter du marché aux puces et des boutiques de fringues marrantes, Louis a commencé la veille au soir à remettre en question ce programme. On s’était quitté sur un programme flou le lendemain matin bien qu’Erina et Madoka en furent restées sur la solution Harajuku. Je proposai a Louis de se lever assez tôt et de voir ce qu’on faisait.

C’est ainsi que je me réveille assez difficilement a 9h en ce dimanche matin. Ça me laisse un peu de marge jusqu'à 10h, heure à laquelle on prévoyait de se retrouver. Néanmoins, en 2 mails, d’un commun accord, la solution de la grasse matinée se dégage. C’est ainsi que je me rendors jusqu'à 11h20, moment ou je reçois un mail de Louis m’enjoignant de venir à Sakuradomon, près des jardins impériaux pour rejoindre les filles.

Filles qui ont passé une nuit blanche en boite de nuit à Shibuya et qui ne sont rentrées chez elles que pour se changer, en croyant qu’on irait a Harajuku le matin. Ah pauvres elles, on est salauds quand même. Pas grave, de toute façon, elles nous en veulent pas !

Bref, on se retrouve tous dans le quartier des ministères vers 12h30. Or qui dit quartier des ministères, qui plus est un dimanche, dit absence de magasins. Nous partons donc a la recherche d’un endroit où se restaurer, ce qui sera mené a bout seulement après 20 bonnes minutes de marche.

Après avoir enchainé sur un café style Starbucks (bah on est jeunes et branchés ou on l’est pas hein), on se dirige vers les jardins impériaux. Les jardins impériaux ne sont qu’une partie du domaine impérial, la seule partie ouverte au public. Il faut savoir que le palais impérial et le domaine qui lui est rattaché, situés en plein centre de Tokyo, occupent énormément d’espace. Assez surprenant lorsque l’on connait la densité urbaine de Tokyo.

Les jardins en eux-mêmes ne sont pas extraordinaires en cette saison, mais la balade est agréable en dépit de la chaleur humide de l’après-midi. On prend notre temps, on discute. Innocence et candeur se partagent le moment. Hi hi.

Au moment de la fermeture, on se replonge dans l’environnement urbain typique de Tokyo. A savoir buildings et rues propres. Et vides en ce dimanche. Tellement vides qu’on a l’impression d’être dans un film catastrophe où une épidémie aurait vidé la ville de sa population. Mais en fait, elle se cache dans les bâtiments.

Parce que le café dans lequel on s’arrête est bondé de partout. Surtout des jeunes. L’intérieur fait assez américain dans le style. Le principe de ce café repose un peu sur le concept d’open-bar pour gamins. A savoir open-soda et jus pour la modique somme de 3 euros. Yeah. Cette offre inspire Louis qui a la superbe idée de tenter le full cocktail, a savoir le cocktail qui contient un peu de tout. Notre version contient au final du Pepsi, de la limonade, du soda gout melon, du soda gout gingembre du thé glace et du café glacé. Un bon dosage est primordial sinon votre boisson sera aussi dégueulasse que la mienne.

Suite au café, direction Takadanobaba, près de Shinjuku pour aller voir un concert dans un bar. En fait, c’est une fille que l’on a vu se produire dans la rue un soir qui joue ce soir. Elle chante magnifiquement bien, joue magnifiquement du piano et est très jolie. Pas étonnant que Louis et moi n’avons pas hésité à aller la voir.

L’endroit est assez classe, piano-bar baignant dans une atmosphère sombre et tamisée. Le public d’une cinquantaine de personnes est adulte, principalement masculin au début mais finalement paritaire une fois le concert commencé. Comme prévu, la prestation de Yokota Ryoko est sublime. Les chansons au piano sont toutes très belles, les 45 minutes de concert passent très vite. Encore plus vite pour Erina et Madoka qui finissent par s’endormir durant le concert. Elles auront tenu jusqu'à 19h30 après leur nuit blanche, chapeau.

L’artiste suivante propose elle des chansons un peu plus bizarres puisque des synthés que n’aurait pas reniés Émile et Image et des chœurs assez flippant accompagnaient parfois le piano. Mention spéciale à une chanson incluant également une guitare électrique et des percussions originales, qui a pour effet de bien nous faire rire. Bref, pas extraordinaire.

Il est 21h, l’heure du départ pour les filles approchent. On se dirige vers Shinjuku ou l’on s’arrête pour déguster un bon gros bol de ramen bien de chez eux. C’est revigorant et copieux et pas cher. Cool non ?

On se sépare aux portiques sans trop savoir quand sera notre prochaine rencontre. L’avenir nous le dira. En attendant, je rentre chez moi après cette bien bonne journée. Nyark.

Photos, as usual.

mercredi 26 août 2009

"Week-end à Ôsaka", bis repetita ?

Eh bien non ! Mais alors, pourquoi ce titre ? Ah ah ! Excellente question mon cher ami. C'est pourtant simple. Souviens-toi de l'époque où j'étais parti un week-end à Ôsaka, avec au programme Izakaya, Matsuri et Kaiten zushi. C'était le bon temps dis-tu ? Je ne te le fais pas dire. Insouciance et Innocence étaient de la partie. Joie était là également, bien qu'accompagnée de Fatigue et de Dépense. Finalement, on aura surtout vu Rire qui a bien occupé le devant de la scène.

Cette fois-là, les deux amies japonaises, Erina et Madoka, nous avaient hébergés. Un grand merci à elle, pour nous avoir prêté leur tapis. Quid donc de nos amies ? Sans plus tarder, je vous dévoile ce qu'il en est: en cette fin de semaine, elles ont débarquées à Tôkyô pour 3 jours ! L'occasion de belles retrouvailles, même si en l'absence de Martin, ça ne peut être pareil.

Malheureusement pour elles, elles nous ont prévenu un peu tard, ce qui fait que Louis et moi avions déjà des plans de prévus chacun de notre côté. Tant pis qu'elles nous dirent, on s'en fiche, on veut vous voir au moins un peu. Pas chiantes pour un sou ces filles-là, c'est cool.

Concrètement, ça donne de mon côté les retrouvailles le vendredi soir à Shibuya, quartier de la jeunesse hype et in de Tôkyô, bardé de néons, boites de nuit, etc. Un peu comme à Shinjuku côté quartier chaud, mais en même temps pas exactement pareil. Je vous le dis de suite, je n'ai pas de photos de cette soirée, je sais c'est honteux. Bref, ça m'a permis de constater que le japonais se rouille vite en l'absence d'entraînement quotidien. Néanmoins, malgré la fatigue accumulée durant la semaine et mes difficultés de communication, ce fut agréable. Après un repas type soba, on est parti à la recherche d'un izakaya avec open nourriture et open bar afin de fêter le lendemain le départ de Manu pour une contrée lointaine (cette fois-ci le repas rassemblait les étudiants ESSEC). Grâce aux filles, la tâche en fut facilitée, à nouveau un grand merci à elles.

Louis ne nous a pas rejoint ce soir-là pour cause de coucher tôt. Le lendemain, il a dû se lever (très) tôt pour partir faire du surf avec des japonais. Ah dur la vie d'un mec cool et tendance.

Le lendemain, au programme grasse mat', organisation de la soirée de départ et Omotenashi en fin d'aprem. L'omotenashi est un concept japonais se rapprochant de l'hospitalité à la japonaise (cf ce blog). Il mêle raffinement et beauté. Les figures les plus connues sont sans doute les geishas, qui, loin d'être l'équivalent des prostitués, consacrent leur existence à un art de vivre. Blablabla. Bref, tout ça promet d'être beau, stylé et traditionnel. Y'a intérêt vu qu'on a payé 50€ chacun (et encore, c'est discount).

Pour revenir à des choses pragmatiques, il faut savoir que ce fut très galère de trouver le lieu. Déjà, y'a l'étape Shinjuku, ou comment se paumer dans la gare en recherchant une ligne en particulier (que je n'ai pas trouvée finalement...). Ensuite arriver à la sortie d'arrivée, y'a le moment où je me rends compte que je n'ai pas de détails quant à un possible lieu de rendez-vous, pas de plan, ni d'adresse. Et que je suis déjà en retard.

Heureusement, gros coup de pot, je retrouve sans trop savoir comment Maxime, le mec bilingue du programme. Au moins, il prend les choses en main. Décryptage d'un plan du quartier, analyse d'un sms d'aide de Céline, déjà là-bas et hop, on entame un petit sprint dans les rues huppées de Nihombashi afin de rallier l'Omotenashi. Et c'est essoufflés et dégoulinant de sueur que nous faisons notre entrée avec 15 minutes de retard. Carton plein !

On nous installe à une table en compagnie d'un couple asiatique. Qui en fait parle parfaitement français (ou comment se sentir con après coup d'avoir essayé d'entamer la discussion en japonais). Le piège. À peine assis, des serveuses en kimono traditionnels se précipitent pour nous servir saké et eau. Aussitôt, les lumières se tamisent, un japonais prend la parole pour nous présenter la cérémonie. Grand sourire et anglais fluent, pas mal. Au programme, danses, démonstrations d'agilité, jeux traditionnels, dégustation de cuisine de haute qualité, moment photos. Hum ça sonne plutôt bien.

Les festivités commencent tout d’abord par une danse traditionnelle mêlant deux danseurs cachés sous un dragon et deux musiciens. Le nom de cette danse m’échappe, vous m’en voyez confus. Mais au moins, on touche dans le traditionnel à fond là. C’est très beau, solennel et amusant. Mine de rien, la performance du danseur tenant la tête du dragon est impressionnante !



Place ensuite à des démonstrations d'agilité, un cirque à la japonaise en quelque sorte. Sauf qu’ici, y’a le mec qui maitrise l’art de la théière (la faire tenir en équilibre sur un bout de bois), la fille qui gère l’art de la tasse de thé (en équilibre sur le menton), le mec qui domine l’art de l’ombrelle et enfin quelque chose de plus classique, le jongleur. Ca a le mérite d’être assez original au moins.



Suite à cela, saluons l’entrée des deux geishas. Ces dernières vont nous gratifier là aussi de danses traditionnelles, le genre de danse où tu fais trois mouvements, puis tu fais une pause, puis trois mouvements, puis tu t’assois, puis tu te relèves, puis tu bouges les bras. Bref, c’est traditionnel et ce doit être pour ca que la logique de la danse n’a pu pénétrer les tréfonds de mon esprit. Mais j’ai beaucoup aime.



Apres tant de prouesses, il est temps de nous detendre. Mais Jamy, à quoi peuvent bien jouer des geishas ? Eh ben figure-toi que c’est tout simple. Il suffit d’avoir deux éventails, un objet en équilibre sur un morceau de bois et c’est parti pour l’éclate totale. Le but du jeu est de renverser la cible sans toucher la base en bois, le tout en restant assis à 2 mètres de la cible. Yiiihhaaaaa !

Et comme les geishas s’amusent comme des petites folles, elles proposent alors au public de participer. Tout d’abord un grand américain baraque se lance, face à son pote japonais. Victoire USA. D’autres suivront, dont Maxime qui se révèlera nul. Tout simplement.

Le jeu suivant est en fait la variante geisha de pierre feuille ciseau. Les deux participants sont séparés par un paravent. La partie commence par une petite danse puis les adversaires dévoilent leur coup. Ici, ca donne tigre, samurai, grand-mère. Avec le samurai qui tue le tigre, le tigre qui bouffe la grand-mère (il est con ce tigre) et la grand-mère qui mange le samurai (si si c’est ce qu’il nous a dit le japonais). Là aussi des participants sont invités, l’occasion de franches rigolades, ah ben dis donc.

Les dernières vingt minutes sont l’occasion de prendre des photos avec les geishas, de discuter entre nous, de profiter des décors raffines. Finalement, 2h après le début de l’évènement, nous quittons ce lieu de raffinement situé dans le quartier des grands magasins. Mais pour aller ou ? À Shibuya of course, histoire de se remplir la panse et se bourrer la gueule !

Avec une organisation sans faille (heureusement qu’Erina et Madoka se souvenaient du chemin), on rejoint sans encombres le lieu de la débauche de ce soir. Au programme, pizzas, pâtes, frites, salades, bière, umeshuu (alcool de prune), the, etc. La nourriture est correcte sans être extraordinaire mais l’intérêt de la formule tabehodai et nomihodai (open nourriture + open bar) et de pouvoir discuter tous ensemble autour de la table. Tablée composée de 11 personnes, sympathique quoi.

23h, fin du repas, dilemme pour Louis et moi. Continuons-nous la soirée ou rentrons-nous pour profiter d’une bonne nuit de sommeil bien méritée ? Apres moultes tergiversations, la seconde solution est retenue. Comme quoi on est sage. Bref, moment des adieux avec Manu, séparation aux portiques de la gare, des conditions excellentes pour mettre en place une scène mélo-dramatique des plus efficaces.

Retour en train, RAS. Mais les photos sont .

jeudi 20 août 2009

Saut dans le temps: Shinjuku !

J'enchaîne de suite sur un autre article afin de rattraper quelque peu mon retard. Pas plus tard que ce soir, j'ai rejoint Manu (encore lui), Mme Ohmori (la responsable du bureau ESSEC au Japon) et Nathalie (une autre stagiaire) à Shinjuku. Le but de cette rencontre était de "fêter" le départ imminent de Manu vers Tottori, la préfecture la moins peuplée du Japon (ça va changer de Tôkyô), pour son deuxième stage. Son premier stage consistait à assister Mme Ohmori dans son travail.

Bref, donc je sors du boulot à 17h45, comme tous les jours, grâce à mon stagiaire power qui me permet d'éviter les heures supps. Ayant un peu de temps devant, je prévois d'aller en haut du Metropolitan Government Office pour profiter du coucher du soleil du haut du 45ème étage. Chef-d'oeuvre de Tange Kazeo (dixit Le Routard), ce bâtiment de 243 mètres de haut et 48 étages est constitué de deux tours jumelles reliées entre elles. Bref, un beau building bien haut, digne de Tôkyô. Malheureusement, mon mauvais sens de l'orientation me fait perdre suffisamment de temps pour m'empêcher d'aller en haut. Tant pis, une prochaine fois.

Je vais au point de rendez-vous, non sans mal puisque les buildings autour font tous partie de l'ensemble I-Wing où il est facile de s'y perdre. Bref, non sans mal, j'arrive à l'heure et rejoins donc les 3 compagnons de soirée. Direction une autre tour de l'ensemble I-Wing pour aller manger au 45ème étage. La vue est superbe bien que des grilles la gachent un peu. La nourriture est sublimement délicieuse, les sashimi fondent dans la bouche pendant que les yakitori (brochettes de poulet) sont exquisement savoureux. Sans oublier la glace au macha (thé traditionnel) assortie de gateaux à l'azuki (pâte de haricots rouges).

Un régal pour lequel je n'aurai rien dépensé puisque c'est Mme Ohmori (ou le bureau ESSEC, on ne sait pas trop trop) qui nous invite tous. Le repas fut délicieux, on a bien rigolé, la vue fut superbe. Bref, carton plein.

En se baladant en direction du métro, on décide avec Manu et Nathalie d'aller de l'autre côté de la gare pour faire une promenade. C'est assez étrange puisque la gare marque la frontière entre le quartier des affaires avec les buildings immenses et le Kabuki-chô, le quartier un peu "chaud" de Tôkyô, bardé de néons, de magasins en tout genre (en TOUT genre), et de gens.

Première fois que je viens là, et ça en met plein les yeux. On a beau être un soir de semaine, ça ne désemplit pas. Les employés des restos et des boutiques de streap-show haranguent le passant. De nombreuses rues composent ce quartier au caractère bien affirmé. Je comprends mieux pourquoi il est dit que Shinjuku est le quartier qui permet de "gouter" à la diversité de Tôkyô.

Sur les coups de 22h, direction le métro pour rentrer à la maison. À noter qu'au Japon, l'heure de pointe est à 22h à en juger par la foule serrée dans les rames du métro.

Pictures for you.

Fujisan, ô mon Fujisan (Partie 2)

Nous voilà donc dans le bus, à écouter Martin raconter ses aventures pour arriver jusqu'ici, à savoir 8h de transport dans la journée, entrecoupées d'un moment recherche de ticket avec un controleur parmi les 500 tickets de la machine. On se rend assez vite qu'on est les seuls à parler, les autres passagers étant silencieux ou tentant de trouver le sommeil. Sage décision qui me pousse à chercher la somnole pour le reste du trajet. Au final, j'ai surtout eu mal au cou, mais tant pis, l'envie y était.

On débarque donc à cette fameuse 5ème station dont le nom m'échappe. C'est clairement le lieu de départ pour de nombreuses personnes vu le monde qu'il y a. Il est 22h et quelques, certains achètent déjà des souvenirs, d'autres des bâtons de marches, d'autres vont aux toilettes ou s'étirent. Bref, les derniers préparatifs. Perso, mes chaussures lisses et trouées me suffisent. Manu se chauffe à coup de redbull, ce qui, associé au bandana et au visage déterminé de Manu fait son petit effet. Martin a enfilé le sweat avec 15 trous au milieu prêté par sa famille d'accueil. Quelques photos et c'est parti.

Bon ça commence bizarre puisque pendant un gros quart d'heure, on ne fait que descendre. On en profite pour regarder au loin les lumières de la ville. Le ciel est complètement dégagé, la vue est magnifique. Malheureusement, mon appareil photo n'a pu saisir la magie de l'instant. Il faudra que vous fassiez l'ascension vous-mêmes pour vous en rendre compte. Et BIM ! Bref, c'est relax, on discute, on se marre. Il y a vraiment beaucoup de gens autour de nous, une véritable Fuji highway. Mais on n'a encore rien vu.

On finit par trouver le "vrai" départ, à partir de là où ça monte. Ça monte relativement tranquillement au début même si je sens que l'air est plus rare, ce qui a pour effet de me réduire quasiment au silence (si si c'est possible, à 2500 mètres d'altitude). Martin au contraire est à l'aise, et il continue de parler.

Pendant quelques temps, le sol est assez sableux. Au bout d'un moment, on entame les longs zigzags qui nous mèneront au sommet. Devant et derrière nous s'étalent les lumières (les lampes torches des gens) en file indienne, au milieu de la nuit noire et silencieuse. Nous avons un rythme assez élevé puisqu'on double de nombreuses personnes. Déjà la fatigue se fait ressentir dans les jambes, mais c'est largement supportable.

L'ascension durant l'été du Fuji est une activité très prisée des touristes et des japonais. C'est pourquoi tout le long du chemin, tout est prévu pour faciliter la montée. Ainsi, à intervalles réguliers, des "stations" permettent de se ravitailler en eau et nourriture, d'aller aux WC (mais qu'est-ce que ça schlingue) ou tout simplement de se poser quelques minutes. Martin en profite pour s'acheter des petits gateaux. Il complètera ses achats par des chaussettes et des gants un peu plus haut, lorsque le froid commencera à s'inviter.

Au bout d'un moment, les zigzag sableux stoppent pour laisser place à des rochers. Finalement, il y a toute une partie proche de l'escalade. Le rythme se ralentit, les chemins étant moins larges et les gens allant plus doucement. Nous, en bons français, on passe sur les côtés et on double. Bah tiens. On progresse jusqu'à temps qu'on soit pris dans les bouchons. Mais littéralement, ça n'avance plus tant il y a du monde. Même sur le Fuji, c'est surpeuplé, qui l'eut crû ? On a même rencontré un ancien ESSEC tout à fait par hasard. Le réseau, le réseau.

Le côté vicieux de cette ascension, c'est qu'à chaque tu crois te rapprocher du sommet alors qu'en fait, il te reste un bon bout de chemin. C'est ce qu'on appelle le syndrome des 500 derniers mètres. Qui furent assez horrible en plus. À partir de là, ça n'avance plus du tout, on a froid, la fatigue ées là alors que le temps joue contre nous (bah oui, on voulait avoir le lever de soleil). Je sens bien qu'il faut que je mange un truc mais j'ai pas faim et je préfère attendre d'être en haut. L'attente est longue, on s'emmerde, on a envie d'être en haut.

Finalement, à la fin, ça finit par avancer de nouveau. C'est en ordre dispersé qu'on arrive au sommet, moi en bon dernier, vanné, en manque de sucre et de souffle. C'est peu de le dire. J'arrive au sommet au bout du rouleau. Je ne peux rien manger alors que je n'ai pris que les petits barres céréales dégueulasses en 6h de montée, j'ai mal à la tête, j'ai les jambes fatigués. La totale. J'observe comme je peux le lever du sommeil qui est vraiment magnifique. Pendant ce temps, mes compagnons sont aux petits soins pour moi. Martin tente même d'aller expliquer le concept de l'hypoglycémie au restaurateur d'à côté. Oui parce qu'au sommet, il y a moults boutiques et restaurants (soba et soupe) prêts à aider les gens à se débarrasser de leur argent. Mine de rien, Martin revient avec deux paquets de sucre pour café. Ça au moins, je peux le manger. Ainsi, pendant que mes compagnons se restaurant, je somnole en essayant de bouffer ce putain de sucre.

Mine de rien, 20 minutes plus tard ça va déjà beaucoup mieux. Bon le lever de soleil est fini depuis longtemps et je crève de froid (on est quand même à 3770 mètres d'altitude) mais la vue est magnifique. C'est un peu le genre de paysage que l'on voit en avion, sauf que là, y'avait le froid en plus. Stylé non ? On surplombe les nuages, le lacs, les villes, etc. Dur de retranscrire la vue que l'on a par des mots. Jetez un oeil aux photos, ça vous donnera une idée !

À peine remis de mon hypoglycémie, il est temps de redescendre. Je crois que j'ai réalisé la montée du mont Fuji la plus ratée qu'il soit. J'arrive à jeter un œil au cratère du volcan mais Hugo et Osanne entament déjà la descente. Il faut dire que le vent nous glace les os tout en haut. C'est ainsi qu'après m'être balladé une dizaine de minutes en haut (après 6h de montée de nuit), je redescends. Fichtre, y'a comme une couille dans le pâté là.

La descente se révèle plus ardue que la montée, surtout pour les genoux. Le monde et l'aspect sablonneux du sol n'arrangent rien. Deux clans se dessinent, ceux partisans d'une descente à un rythme lent mais régulier (Martin, Manu) et ceux prônant une descente sportive, alternant courses et pauses (moi, Osanne au début). Hugo a trop mal à la tête pour prendre parti ("Au royaume du mal de tête, je serai le roi là"). Finalement, le clan des lents et flemmards l'emportent. On y va donc mollo, ce qui n'empêche pas Osanne de se sentir mal. Elle a quand même la patience de faire 45 minutes de queue pour aller dans des chiottes qui puent, c'est dire son état. Nous, les mecs, en profitons pour faire une sieste en bord de chemin. Le soleil nous réchauffe, on est bien là.

Finalement, après 3h30 de descente, donc la dernière partie sous une chaleur éprouvante (un coup à chopper la crève tout ça), on retrouve notre point de départ. Exténués mais satisfaits, on se restaure en attendant notre bus de retour. Le chemin du retour est peu intéressant puisque j'ai cherché à dormir dès que je le pouvais afin de limiter l'impact de la nuit blanche à 3000 mètres d'altitude. Il est bon de noter que la fatigue rend à ce moment-là les gens quelques peu irritables...

Finalement, à 14h, je suis de retour chez moi, crevé et sale. Et accompagné de Martin que j'héberge pendant sa semaine de vacances tokyoïtes. Mais ceci est une autre histoire...

LES PHOOOOOTOOOOOOOOOS !