Nikko une ville touristique très connue pou
r avoir été choisie par le shogun Tokugawa Ieyasu comme lieu de repos éternel. Mais c'est une destination également prisée grâce à son emplacement idéal: au pieds des montagnes, Nikko permet de s'échapper de la ville présente à outrance dans la plaine du Kantô pour y respirer un peu d'air pur et observer le paysage magnifique environnant.
Le voyage commence pour nous à Shinjuku où les jeunes (moi, ma soeur) retrouvent les vieux (le père, la mère, la tante) à la "pyramide", côté Est de la gare JR de Shinjuku. Je dois reconnaitre que les jeunes étaient sceptiques quant à la capacité de trouver le point de rendez-vous dans les temps. Que nenni, les vieux ont fait preuve d'une sagacité surprenante en étant au bon endroit au bon moment ! Bravo les vieux, vous avez repoussé de quelques mois votre intégration forcée en maison de retraite, yeah !
Après renseignements pris à un guichet, nous traversons alors la ville pour rejoindre la gare de Tôkyô, afin de prendre un Shinkansen jusqu'à Utsunomiya. Les trains japonais étant ce qu'ils sont, nous arrivons tranquillement sur le quai puis pile à l'heure à Utsunomiya après 45 minutes de Shinkansen durant lesquelles le manque de sommeil se rappelle à nous (et terrasse la soeur). Utsunomiya fait encore partie de la grande banlieue tokyoïte, qui couvre une grande partie de la plaine du Kantô: pas à un seul moment nous ne quittons la ville, malgré la centaine de kilomètres séparant les deux gares. Bienvenue dans la mégapole tokyoïte.
Une fois à Utsunomiya, nous prenons un tout petit train tout mignon ralliant Nikko en 40 minutes. Seulement 2 wagons et déjà quelques touristes armés de leur Lonely Planet. J'ai le temps avant le départ de faire stresser un peu tout le monde en laissant la soeur et le père aller s'acheter un café à quelques minutes du coup de sifflet. Héhé.
Après ces 40 minut
es de voyages dans la campagne japonaise cette fois-ci, alors que le soleil commence à taper me forçant à faire tomber le pull, nous débarquons enfin à Nikko sur les coups de 10h environ. Nous résolvons le dilemme des bagages (oui, nous avons tous nos bagages car nous partons dans le Kansai juste après Nikko) en les laissant à la consigne de la gare. Trop malins les gens.
Je mène la petite troupe à l'autre gare de Nikk
o, celle de la compagnie Tobu, pour aller acheter les pass, précieux sésame qui nous faciliteront la vie dans cette ville: un pass bus à 3000 yens pour aller jusqu'à Yumoto Onsen et un pass combiné à 1500 yens pour visiter plusieurs monuments de la ville. Une fois les achats faits, hop en bus et direction les monuments si célèbres, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
On débarque une dizaine de minutes après au temple Rinno-ji, un temple tenu autrefois par des abbés de souche impériale. Il y a déjà du monde, mais le ciel bleu qui accompagne un soleil encore bien vigoureux pour cette époque de l'année rend ce constat ab
solument futile. Le Sanbutsu-do, l'édifice principal, est grand, imposant. La petite visite à l'intérieur nous permette d'admirer les 3 grandes statues en bois recouvertes d'or représentant Kannon (déesse de la Miséricorde) aux 1000 bras, Amida au milieu, Bato Kannon portant une tête de cheval. Les photographies étaient prohibées donc vous n'avez qu'à laisser vagabonder votre imagination à la lecture de ces noms. Ça vous fera du bien.
Je touche un Bouddha qui doit amener vachement de bonheur vu que tout le monde le touche et je ressors. À l'extérieur, un groupe de casquettes oranges (le premier groupe de ce genre d'une longue série) sur la gauche, un groupe de retraités sur la droite. C'est parti, on a pas peur, on s'engage, faut y aller !
À côté des bât
iments centenaires se dressent certains arbres recouverts de leur feuillage d'automne. Les variations de couleur, allant du jaune au marron en passant par l'orange ou le rouge sont magnifiques. Les Japonais dégainent leur ultra-moderne Canon MX-45Zx27!fksi349 avec Zoom optico-numérique à grosseur focale et sinusite bouchée pour immortaliser ces couleurs.
Ce feuillage d'automne a un nom au Japon, on parle du Kôyô. Après l'éclosion de
s fleurs de cerisier (hanami) au printemps, il s'agit de la deuxième période de l'année la plus appréciée par les Japonais. Ces derniers adorent partir en excursion dans des coins où les couleurs seront superbes pour les prendre en photo. Et fin Octobre, ça tombe bien, c'est le meilleur moment pour observer le kôyô à Nikko. Oh yeah.
Ce feuillage d'automne a un nom au Japon, on parle du Kôyô. Après l'éclosion de
Un peu plus haut sur l
e chemin se trouve le sanctuaire Toshogu, précédé juste avant d'une pagode à 5 étages richement décorée. Le sanctuaire Toshogu est le plus grand et le plus célèbre sanctuaire Nikko. Dédié à Tokugawa Ieyasu, il nécessita des moyens considérables pour que l'endroit soit à la hauteur de l'homme en l'hommage de qui il fut construit.
Il est 11h et quelques, c'est le rush. Beaucoup de g
ens sont là pour la journée et sont donc arrivés sur les alentours de 10h. Tout le monde se retrouve donc à peu près au même moment au Toshogu. Alors si en plus, vous rajoutez à cela les excursions scolaires par dizaines (ce qui donne un défilée de casquette de couleurs différentes), vous imaginez bien qu'il faudra repasser pour méditer en ces lieux.
Abstraction faite de la foule, le lieu est splendide. L'architecture et les décorations sont remarquables. Le lieu est à la hauteur de sa réputatio
n. On a l'occasion de voir de nos propres les célèbres 3 singes sages (que je ne connaissais pas) et le nemuko-neko (que je connaissais pas). Un peu plus loin, au bout d'un chemin remontant une colline se situe la tombe de ce fameux Tokugawa.
De nombreux composent le sanctuaire avec par exemple une écurie sacrée dans laquelle un cheval blanc offert par la Nouvelle-Zélande se trouve à l'heure actuelle, un portail grandiose, un tour du Tambour, etc... Le tout toujours construit avec un grand raffinement et une grande beauté.
Une
fois repus de telles images, nous continuons notre chemin vers le sanctuaire Futarasan à quelques centaines de mètres de là. Moins impressionnant que le Toshogu, il est également plus calme et plus intimiste.
Enfin, encore un peu plus loin se trouve le mausolée Tayuin, construit 16 ans après le T
oshogu. Plus petit et plus modeste que ce dernier (encore que, tout est relatif hein), il fut édifié en l'honneur de Tokugawa Iemitsu, le petit-fils de l'autre. En l'honneur de son grand-père, il fit diriger l'ensemble en direction du Toshogu. C'est beau la famille.
Pour cette dernière visite, les parents font les fainéants et nous attendent donc. Nous on en profite pour tenter de saisir toute la beauté du lieu, mais la luminosité trop forte gêne mon petit Lumix numérique. C'est pas grave, ça rend bien quand même.
Après toutes ces visites, il est temps de penser nourriture. Et timbre. Parce que la mère veut absolument acheter des timbres là, tout de suite, maintenant. Et que ça ne peut pas attendre. Donc direction la boutique à souvenir p
our acheter 30 timbres (après que ma tante se soit alliée à ma mère). Vu l'heure avancée et ayant un peu la flemme de chercher un resto, on décide de rester manger au restaurant de la boutique. L'occasion pour la famille de tester d'autres aliments japonais. Dont le tofu, premier d'une longue série qui verra mon père abdiquer sur la fin.
Sur le chemin du retour, nous passons à proximité du jardin du Rinno-ji que nous n'avons pas fait le matin même. On décide d'y aller après quelques hésitations à
cause de l'horaire avancé et du fait que l'entrée n'était pas comprise dans le ticket combiné. Grand bien nous en a pris puisque le jardin est très plaisant, surtout avec toutes ces couleurs d'automne. L'ensemble est vraiment joli, sentiment renforcé par le peu de monde présent à cet instant. Il y avait néanmoins cette famille française dont les trois gamins blonds ont mis en émoi une demi-douzaine de japonaises qui se sont écriées d'un coup "kawaii" au moment de la photos des trois têtes blondes. Assez effrayant.
Il est plus d
e 15h, il s'agit de retourner vers le centre-ville pour récupérer les bagages et prendre le bus vers le ryokan situé à 30 bornes de là. Au passage, on photographie le pont sacré Shinkyo dont la légende prétend que le prêtre Shodo parvient à traverser la rivière sur le dos de deux serpents qui lui servirent de passerelle. Rien que ça tiens, va faire pareil avant d'ouvrir ta bouche ! Le pont est assez stylé mais la route présente à côté n'aide pas à s'imprégner du caractère sacré de l'endroit.
Remarque ça facilite la transition avec le bus local que l'on prend pour rejoindre la gar
e. Malheureusement pour nous, on loupe le bus de 15h45 à 10 minutes près et nous nous retrouvons obligé d'attendre plus d'une heure pour le suivant. Or à ce moment-là de la journée, le soleil ayant donné tout ce qu'il avait dans la matinée, il commence à grave cailler sa maman. C'est qu'on est proche des montagnes là, ça déconne plus.
Mais c'est les vacances, donc pas de problème, tout le monde fait contre mauvaise fortune bon cœur. La sœur met en place une technique révolutionnaire d'accroupissement sur soi-même et entame une sieste à même le banc pendant que la tante et la mè
re mettent leurs doigts en péril en écrivant des cartes postales (faut bien utiliser les 30 timbres, ce serait bête de les gâcher quand même maintenant qu'on les a achetés), alors que le père s'en va tester tous les coins de Nikko où il peut fumer ses clopes. Pour ma part, je me contente de vider la batterie de mon Archos en regardant un film. Restons simple s'il-vous-plaît.
Finalement le bus arrive. Et face à l'inefficacité flagrante de la famille pour monter bagages et corps tout en montrant son pass, le conducteur laisse passer tout le monde sans vérifier. Ponctualité, que voulez-vous. Le bus est quasi-vide et le restera jusqu'au bout. Bout qui se situe 1h30 plus loin, bien qu'à seulement 30 kms. La route escarpée explique le temps nécessaire.
Entretemps, la nuit est tombée et l'obscurité dehors est totale. La sœur s'est rendormie direct dès que le bus a démarré (oh ça va, elle était fatiguée), je la rejoins dans le monde des songes su la fin du parcours. Finalement, à 18h30, nous descendons du bus pour se retrouver sur un parking vide perdu au milieu de nulle part. L'endroit (Yumoto Onsen) n'est pas grand, ça se sent direct.
Ma sagacité légendaire couplée au plan yahoo map que m'avait imprimé un collègue qui m'avait aidé à réserver le ryokan quelques jours auparavant, nous permettent de retrouver un objectif. Direction le ryokan à 3 minutes à pied !
Rapidement, le bâtiment apparaît devant nos yeux. C'est la première fois que je vais loger dans un ryokan. Espérons que l'expérience en vaille la peine... (suite prochainement)
Pour regarder la centaine de photos prise ce jour-là, cliquez là.
Une
Enfin, encore un peu plus loin se trouve le mausolée Tayuin, construit 16 ans après le T
Pour cette dernière visite, les parents font les fainéants et nous attendent donc. Nous on en profite pour tenter de saisir toute la beauté du lieu, mais la luminosité trop forte gêne mon petit Lumix numérique. C'est pas grave, ça rend bien quand même.
Après toutes ces visites, il est temps de penser nourriture. Et timbre. Parce que la mère veut absolument acheter des timbres là, tout de suite, maintenant. Et que ça ne peut pas attendre. Donc direction la boutique à souvenir p
Sur le chemin du retour, nous passons à proximité du jardin du Rinno-ji que nous n'avons pas fait le matin même. On décide d'y aller après quelques hésitations à
Il est plus d
Remarque ça facilite la transition avec le bus local que l'on prend pour rejoindre la gar
Mais c'est les vacances, donc pas de problème, tout le monde fait contre mauvaise fortune bon cœur. La sœur met en place une technique révolutionnaire d'accroupissement sur soi-même et entame une sieste à même le banc pendant que la tante et la mè
Finalement le bus arrive. Et face à l'inefficacité flagrante de la famille pour monter bagages et corps tout en montrant son pass, le conducteur laisse passer tout le monde sans vérifier. Ponctualité, que voulez-vous. Le bus est quasi-vide et le restera jusqu'au bout. Bout qui se situe 1h30 plus loin, bien qu'à seulement 30 kms. La route escarpée explique le temps nécessaire.
Entretemps, la nuit est tombée et l'obscurité dehors est totale. La sœur s'est rendormie direct dès que le bus a démarré (oh ça va, elle était fatiguée), je la rejoins dans le monde des songes su la fin du parcours. Finalement, à 18h30, nous descendons du bus pour se retrouver sur un parking vide perdu au milieu de nulle part. L'endroit (Yumoto Onsen) n'est pas grand, ça se sent direct.
Ma sagacité légendaire couplée au plan yahoo map que m'avait imprimé un collègue qui m'avait aidé à réserver le ryokan quelques jours auparavant, nous permettent de retrouver un objectif. Direction le ryokan à 3 minutes à pied !
Rapidement, le bâtiment apparaît devant nos yeux. C'est la première fois que je vais loger dans un ryokan. Espérons que l'expérience en vaille la peine... (suite prochainement)
Pour regarder la centaine de photos prise ce jour-là, cliquez là.
Ah! Je reconnais que tu es talentueux pour évoquer une expédition vécue ensemble. Précision et fidélité de tes descriptions. Le style et les photos sont encore une fois très "kawaii"...
RépondreSupprimerMAIS..., Mais, il y a un "excès de subjectivité" qui sourd ici et là :
=> NON, nous ne sommes pas des "vieux" mûrs pour les maisons de retraites!!
=> NON je n'ai pas visité Nikko seulement en recherchant des endroits autorisés pour fumer une cigarette!
A part cela, mille bises!
Encore bravo et merci pour ton blog;au vu de toutes ces photos et des belles couleurs automnales ,j'ai le regret de n'avoir pu suivre tes parents au Japon mais l'age étant là ,la fatigue aurait été présente.Il nous tarde de projeter toutes ces merveilles sur notre nouvel écran télé Et de te revoir bien sur.A NOEL donc grosses bises de Papy et de Mamie
RépondreSupprimerAh!!! sacripant d'Alexandre. Tu oses te moquer de tes parents qui sont à la fleur de l'âge et qui surtout vous ont montré à toi et Cécilia, le chemin à suivre pour voyager sans heurts (à vérifier...je dois à vrai dire être optimiste) et sans péril à travers le monde.
RépondreSupprimerLe temps n'est pas si loin, où Alexandre tu plaisantais sur mon goût à plonger mon regard dans les guides et à prendre des photos de petits instants .
What do you do, now?
L'élève a rejoint sinon dépassé le maitre en tant qu'organisateur de voyages, n'est-ce-pas?
An other joke about stamps!!!
A toi le blog, à moi les jolies cartes postales japonaises...A chacun son chemin...
good job Alexandre. Tu m'as éberlué à t'entendre converser et "joker" en japonais.
Big bisous
Cathy
J'adore lire mes exploits quant à ma technique d'endormissement spontané sur un banc, HAHAHA. Heureusement que tu n'as pas mentionné que je m'étais couchée à...21h30 ; on aurait pu croire que je n'ai fait que dormir ! ;)
RépondreSupprimerCe jour-là, le sommeil fut plus fort que toi. Il faut l'accepter et l'assumer sans détourner son regard. Le chemin vers l'acceptation de cet état de fait n'est pas facile, mais la famille est là pour t'éPOLer, te soutenir.
RépondreSupprimerJ'ai à nouveau un problème d'espace sur Picasa Web pour stocker les photos ! Comment faire ?!