samedi 3 juillet 2010

En route pour le Nord ! Jour 4 (17 décembre): Sapporo et le froid !

Honnêtement je dois l'avouer, le trajet Hakodate-Sapporo via un bus de nuit fut très difficile. Non pas que la route soit ardue ou que le chauffeur se soit chauffé pour rendre le voyage trépidant. Il suffit d'ajouter plusieurs éléments pour créer le combo gagnant: un voyage court (5h) où dès le début, tu sais que tu vas pas dormir longtemps (c'est des maths là, pas très compliqué), une difficulté particulièrement persistante à s'endormir malgré tout (le chauffage du bus y est peut-être pour quelque chose pour le coup), une arrivée dans la nuit noire à une température glaciale. Et quand je dis glaciale, je ne mens pas, j'ai pris la photo de la tour d'à côté pour vous prouver que je ne dis pas de la merde. Faut se rendre que sur place, tu le sens le contraste entre le bus chauffé et l'extérieur à -5°C.

Résultat, je me les pèle vraiment et pas de bol, il est 5h du matin, y'a pas grand chose d'ouvert. Surtout que c'est pas comme si je connaissais la ville hein. Alors Sapporo, capitale de l'île de Hokkaido et très grosse ville japonaise alors qu'elle n'existe pas depuis longtemps. C'est donc ze place to be quand t'es un jeune sur Hokkaido. Elle est organisée en damier, à l'américaine, ce qui est assez inhabituel au Japon.

Reprenons en nous concentrant sur le sujet principal de ce blog, moi. Donc il est 5h et des parpaings, j'ai très froid (une constante au cours de ce voyage), et je sais pas où aller. Que faire ? Oui, très chers, que faire ? Bah au Japon, comme ils en ont rien à foutre des horaires susceptibles de préserver une harmonie sociale (un truc du genre), il y a toujours des trucs ouverts 24h. Le Mcdo de Sendai en est un bon exemple. Mais le tout est de savoir quels magasins et leurs localisations. Par exemple, à Sapporo, impossible de savoir où se trouve le Mcdo. Et c'est pas aux passants que je peux demander (y'a pas grand monde à 5h bizarrement). Alors il y a toujours la solution des conbini mais c'est pas là-bas que tu vas tuer 3h. Surtout quand tu peux pas lire tous les manga en vente et donc que tu t'emmerdes vite.

La solution pour le cas présent ? Le manga-café ! En effet, à quelques centaines de mètres de la gare routière se trouve une succursale de I-café, là où je m'étais réfugié la veille à Hakodate. Ni une, ni deux, j'y cours, prends un box, profite un peu d'Internet mais surtout je termine ma nuit bien au chaud ! J'y reste au moins 3 bonnes heures. Je me souviens pas combien ça m'a coûté mais je sais que j'ai filé la thune avec plaisir au gars.

Il est 10h, je suis en forme, il fait jour et presque moins froid (autour de -1 ou -2°C). La journée commence baby, oh yeah. Alors Sapporo est une grosse ville de presque 2 millions d'habitants, forcément va falloir marcher. Direction dans un premier temps le Hokudai Shokubutsuen (ça s'invente pas) un parc qui réunit plus de 4000 espèces de plantes, soignées dans des serres pour la plupart. Manque de chance, le parc en tant que tel n'est pas accessible, seules les serres le sont. Je les visite pour le principe mais bon, ce n'est pas indispensable.

Juste à côté se trouve les bureaux de l'Association aïnoue de Hokkaidô. L'occasion d'aller voir la petite expo qui est mise à disposition des curieux et d'en savoir un peu plus sur ce peuple. Les Aïnous sont un peuple indigène, installé à Hokkaidô bien avant que les Japonais n'arrivent. Ethnie peu nombreuse, ils ont pendant longtemps souffert de discrimination et de racisme. Leur culture a failli péricliter, à cause de la politique d'assimilation menée par le gouvernement de Tôkyô. Aujourd'hui des lois existent mais tout n'est pas parfait.

C'était l'instant socio-historico-culturel. J'espère que vous avez apprécié, y'en aura pas beaucoup. Suite de mon périple, une balade dans le campus de l'université de Hokkaidô, apparemment très connue pour ses bâtiments et son histoire. Apparemment hein, j'en sais rien moi. Je me contente de flâner dans ce campus, qui en hiver, est pas aussi fou qu'on pourrait l'espérer. Je m'y attarde un peu mais bon, j'aurais pu faire plus vite.

Il me reste en effet encore un morceau de choix à découvrir: le Sapporo Beer-En ! La ville est en effet connue pour sa bière, une des plus consommées dans le pays ! Et histoire de marquer le coup, ils ont construit le musée qui fait aussi office de bar-restaurant. Vous comprenez bien que je me dois d'aller le visiter. Et rien de tel qu'une bonne marche de 2km avec un sac de 12 kgs sur le dos pour se mettre en appétit.

Je finis par arriver près du bâtiment, reconnaissable de loin par sa grande tour et l'étoile rouge visible tout en haut. Enfin direction de suite le resto du musée pour me déguster de l'agneau grillé, qui est une spécialité locale apparemment. Oui apparemment encore. Moi je crois ce que me dis le guide hein, j'ai confiance. Non mais c'était bon et puis le bavoir fourni était tellement sexy après tout. Je me devais de le mettre.

À l'entrée du musée, y'a plus d'employées (le féminin is on purpose - y'a que des femmes) que de visiteurs. Et visiblement, j'en fais rire quelques unes avec ma tête de gaijin (étranger), mon gros sac et mon japonais hésitant. Tant mieux, tant mieux, j'aime faire rire. Sinon à l'intérieur est retracé l'histoire de la brasserie locale, de la première usine à l'empire d'aujourd'hui. Les explications sont en japonais ou en chinois je crois donc je me contente des photos. Et je prends en photos les trucs marrants que je vois. hihi, c'est rigolo.

Le meilleur moment: la fin de la visite. Non pas parce que t'en as marre mais parce que tu arrives dans la salle qui regroupe les stands de souvenirs et le bar dégustation des différentes bières produites par la marque. Moi je prends la totale, les 3 demis plus la rondelle de fromage (?) pour 800 yens si je me souviens bien (5€). Le bon plan. Et je prends mon temps pour les déguster. Même qu'à la fin, mine de rien, ça tourne un chouya. Mais au moins, ça m'a permis d'aller demander à ces 3 barmens si je pouvais les prendre en photo. Regardez-les, ils sont trop mignons.


Au moment de ressortir, il commence déjà à faire nuit. L'air de rien, je suis resté 2 grosses heures dans ce cher musée. Je rejoins le centre de Sapporo par bus pour continuer mes visites. Je passe devant la tour de l'horloge qui est connue sans trop que je sache pourquoi et qui sert de point de repère à Sapporo. Un peu plus loin se trouve la grande Tour de la télévision, en forme de tour Eiffel (mais en moins bien, as usual), qui se trouve au bout du parc tout en longueur Ôdôri-kôen.

La période étant ce qu'elle est, j'ai le droit à tout plein d'illuminations et même à un marché de noël munichois (ouais logique), comme on peut en voir un peu partout en France au même moment. C'est l'occasion de prendre un bon verre de vin chaud et de se balader au milieu des stands en bois pour acheter quelques souvenirs. En tout cas, à voir à quel point elles sont excitées par tout ça, les jeunes Japonaises adorent.

En bon touriste que je suis, je vais me faire la vue du haut de la tour de la télévision, qui surplombe toute la ville et surtout le parc Ôdôri tout illuminé. C'est tout beau, ça brille et c'est haut (80 mètres). Là, y'a la bonne blague qu'on aime pas trop sur le coup: le petit tremblement de terre au moment où tu es au sommet de la tour. La hauteur étant ce qu'elle est, tu ressens les vibrations de la tour et tu dis que non, faut pas que ça bouge plus. Non mais c'était un tout petit tremblement de terre, y'a même des Japonais qui ont pas remarqué. Mais il était là, bien là, oui oui.

Fin de la visite touristique de Sapporo pour la journée, maintenant j'ai faim. Et autant aller à la Ramen Yokochô, une (apparemment) célèbre ruelle de Susukino où se serrent de nombreuses échoppes de râmen. Ca tombe bien, j'aime faire ce que conseille le guide et j'aime les râmen. Les mecs s'y connaissent et font ça depuis bien longtemps. Après avoir arpenté la ruelle, j'en choisis au pif et déguste mon bon gros bol de râmen qui bien du bien mes amis.

Après ça, j'ai le choix entre faire la fête ou me reposer. J'opte pour la deuxième solution, la fatigue prenant le pas sur la motivation. Après avoir profité de la chaleur du McDo du coin, je termine au cybercafé où le tarif nuit est extrêmement avantageux. Pour 12€, t'as une box, soda et cafés illimitées et accès à Internet. Bon après, c'est pas vraiment le confort ultra et l'intimité est toute relative puisque les box ne sont séparés que par des cloisons mais comme on est au Japon pas de soucis, les gens sont calmes et propres. Pour 12€, faut pas s'attendre à des miracles non plus hein.

Et c'est donc à la toute fin de mes 6 mois au Japon que je fais ENFIN ma nuit dans un cyber-café japonais ! Que de satisfaction !

Les pictuuuuures.

jeudi 1 juillet 2010

En route pour le Nord ! Jour 3 (16 décembre): Hokkaido et Hakodate !

Han, une bonne nuit comme il faut dans cet hôtel sympa comme tout ! Par contre, pas de petit déj', c'est tout nul ça. Bon enfin, j'ai l'horaire de départ du train pour Hokkaido en tête, pas de soucis, je gère mon temps. Un passage par le conbini de la gare, et hop me voilà en route, comme tous les jours.

Le train passe par un tunnel sur une cinquantaine de kilomètres, ce qui fait de ce tunnel le plus long tunnel souterrain de je sais plus trop quoi. Enfin y'a un record, c'est cool. Là je me souviens plus si je dormais ou si je faisais autre chose mais bon passons. Le fait est qu'au bout d'un moment la terre ferme est là, bien là, avec de la neige tout partout autour. Et c'est tout zoli comme tout. Et donc je passe mon temps à prendre des films (, ou en me disant que je ferai partager ça à tout le monde sur mon blog parce que c'est quand même très beau. Et que c'est enfin fait, 6 mois après. J'espère que vous les regarderez, que ça serve à quelque chose. C'est étonnant de voir à quelle proximité le train passe près des maisons. En plus y'a le contrôleur du train qui dit quelque chose au début d'une des vidéos. Si c'est pas marrant ça, ahahah. Ahaha.



Vers 11h, me voilà à Hakodate, la grosse ville du sud de l'île. La ville a une histoire intéressante, par sa position privilégié entre les îles de Honshû et Hokkaido et par le fait qu'elle fut un des ports marchands pour les étrangers au cours du XIXème siècle. Cette présence des étrangers se ressent dans la ville, dans l'architecture de certains bâtiments, dans la présence d'églises, etc. La ville fut également le siège d'une bataille entre partisans de l'empereur Meiji et soutiens du Shôgun Tokugawa. L'histoire du Japon est passionnante, penchez-y vous dessus si ce n'est déjà fait.

Donc me voilà à la gare. Et il fait froid dehors, malgré mes couches de vêtements. Il y a pas pas me de trucs à voir, j'en aurai pour la journée, c'est ok, c'est parti. Direction le Goryô-kaku, le premier fort japonais de style occidental, inspiré par les travaux de Vauban notamment. Il fut le siège d'une bataille (je crois, pas sûr) et par conséquent fut largement détruit. Néanmoins sa forme en étoile reste largement visible.

Visible particulièrement du haut de la tour jouxtant le fort. Une vue superbe, surtout par ce beau temps. On surplombe une bonne partie de la ville environnante. En haut, des explications sur les batailles qui eurent lieu ici sont proposées, en japonais. Bah y'a des images, pour les enfants et pour moi, hihi.

Une fois redescendu, je vais me balader à l'intérieur de cette étoile. La fameuse Star Balad (non je déconne, cette expression n'existe pas). Les dizaines de centimètres de neige immaculée sont superbes à observer au milieu de ces arbres et sapin. C'est moins marrant de marcher dedans, la neige, ça fait froid aux pieds. Mais je suis prêt à les sacrifier sur le moment pour prendre des jolies photos ! SAMURAAAAAI !

Donc tout plein de jolies photos avec la neige pour thème. Mais cette balade m'a permis également d'observer ce japonais faire son "footing" en ski de fond tout autour du parc, l'air de rien. L'homme s'adapte à son environnement, en voici un parfait exemple.

Après avoir affronté le froid pendant 3h, il est temps de faire une pause. Je ne me rappelle plus où j'ai mangé, mais ça ne devait pas être incroyable (sinon je m'en serai rappelé, voyons). Et autant profiter de cette chaîne de cybercafé très sympa I-café. C'est au moins l'assurance d'avoir chaud, et de profiter de café à volonté. Et puis je peux utiliser un peu Internet au moins. Bref que du bon.

C'est tellement bon que j'y reste un poil trop longtemps, puisque je ne redémarre qu'à 15h30. Hors y'a des visites qui se terminent assez tôt et en plus la nuit tombe très vite (à 16h30, il fait déjà bien sombre).

Je me retrouve dans le quartier de Motomachi qui accueillit la petite communauté étrangère qui s'installa à Hakodate au XIXème siècle. Au programme, une jolie église orthodoxe russe, une église catholique et des bâtisses de style occidental. Le tout sous la neige s'il-vous-plaît.

La nuit commence à tomber très clairement au fur et à mesure que j'avance. Ou plutôt au fur et à mesure que je me fraye un chemin au milieu de ces groupes de touristes japonais. Je sais pas comment j'ai fait, mais j'ai réussi à me ramener là-bas en même temps que le seul contingent de touristes. Enfin je sais pas, peut-être que les autres se cachent dans la ville. Pas grave, je les laisse partir devant.

De mon côté, j'arrive devant l'ancien Hôtel de Ville, très joli tout en jaune et éclairé en cette fin d'aprem. Je visite rapidement l'intérieur, peu avant sa fermeture. Dehors, il fait tout à fait noir maintenant, il n'est pas encore 17h. Il faut s'y habituer, c'est pas évident !

Je continue mon périple à pied, direction le cimetière des étrangers, regroupant des tombes d'étrangers (ben tiens) morts à Hakodate. Bon si le lieu à une valeur historique forte, son intérêt un soir de décembre, en pleine nuit, est fortement limitée. Et ne justifie pas forcément la demi-heure de marche aller et la demi-heure retour pour le rejoindre. Mais bon ça je le savais pas avant de le faire.

Je reviens donc sur mes pas pour prendre le funiculaire allant au somment du Mont Hakodate, surplombant la ville. La vue sur la ville est superbe, surtout de nuit. Mais un truc qui n'est pas dit dans le guide, c'est à quel point il fait MEGA froid en haut, avec le vent qui souffle fort. Les touristes sont là en masse mais personne ne tarde trop sur la plate-forme d'où le point de vue se déguste. Derrière moi sont disposées quelques décorations bien kitsch comme seuls les Japonais savent faire, pour Noël.

Me voilà reparti à nouveau, ayant fait tout ce que je pouvais faire dans la journée. Il est maintenant quasiment 20h, l'heure d'aller bouffer. Et autant suivre les conseils du guide. Mais comme j'ai pas envie de me retaper de la marche à pied j'ai assez donné.

Je jette mon dévolu sur le California Baby (!!). Forcément, avec un nom comme ça, je me devais d'aller voir. Et puis il paraît qu'il propose une spécialité très appréciée, le "Sysco Rice" (rie, saucisses, sauce bolognaise, trop révolutionnaire). Et y'a pas à dire, l'immersion est là. Les néons, les marques de boisson américaines, la petite musique blues et même les 4 mecs qui évitent que le resto soit complètement vides. Tout y est je vous dis.



Je prends mon temps et finit par repartir en direction de la gare routière. Les rues sont vides à cette heure-ci (déjà qu'elles sont loin d'être bouchées en journée...), tout est tranquille. Je longe les étals fermés sur lesquels le marché du matin tient place. Finalement, j'arrive en peu en avance sur mon bus de nuit qui m'emmènera à Sapporo.

Et encore et toujours les photos à savourer !

En route pour le Nord ! Jour 2 (15 décembre): Hiraizumi et Aomori !

Le lendemain, lever tranquilou sans trop me presser parce que bon hein, ça reste des vacances. Et qu'au prix auquel la nuit dans une capsule m'a coûté, je peux prendre un peu mon temps. Enfin je dis ça mais j'ai quand même une limite pour dégager de l'hôtel, genre 11h ou 12h donc bon, faut pas trop déconner. De toute manière, je ne comptais pas tarder autant, j'ai des trucs de prévu moi.

Après un passage à la douche-sans-lumière-et-même-que-l'employé-fut-surpris-de-voir-qu'il-y-avait-quelqu'un, un empaquetage rapide de mes affaires, me voilà reparti. Pour m'arrêter au McDo quelques rues plus loin. Non sans dec', les formules du matin sont vraiment stylées et pas trop chères. Je suis un converti pour le coup. Surtout qu'il y a des prises à disposition pour recharger son portable et son appareil photo donc c'est du tout bon.

Au programme de la journée, direction le nord encore et toujours. Je jette mon dévolu sur Hiraizumi, une ville autrefois comparable à Kyôto (au XIIème siècle, ça date) par la splendeur passée de ses temples. Aujourd'hui, c'est une petite bourgade d'à peine 9000 habitants, c'est dire si on est loin de Kyôto. Mais il reste des trucs à voir, et puis ça doit être sympa de visiter une petite ville comme ça, toute tranquille dans une région rurale.

Après 30 minutes de Shinkansen où je comate dans un état semi-végétatif à cause d'une fatigue toujours bien présente malgré (à cause de ?) ma nuit dans une capsule, et un petit train secondaire qui va en ligne droite, j'arrive donc à la merveilleuse toute petite gare de Hiraizumi. Il est 11h30. On est une dizaine à descendre, des Japonais et moi-même. That is all.

L'idée est de faire grosso modo tout les points d'intérêts indiqués par le Lonely Planet, faisables à pied. Donc c'est parti, on traverse tout d'abord un bout de la ville pour rejoindre le Takadachi Gikei-dô,  un petit mémorial en l'honneur de Yoshitsune Minamoto, guerrier local dont l'histoire tragique mêlant tout ce qu'aime les Japonais, à savoir la loyauté, la fatalité, le tragique, l'esprit guerrier, les liens fraternels, etc., l'a rendu célèbre dans tout le pays.

La marche à pied permet de s'immerger dans l'ambiance particulière de cette bourgade, autrefois prospère et puissante. Aujourd'hui rien de tout ça. Peu de mouvement, peu d'animation, personne dans les rues. La campagne japonaise. On est bien loin du rythme trépidant de Tôkyô. Ce n'est pas déplaisant pour autant, attention.

Je finis par arriver au mausolée, le dos quelque peu en compote. Le moine chargé de surveiller l'entrée et d'accueillir les visiteurs est surpris de me voir débarquer. Et encore plus surpris de m'entendre parler japonais. Et ouais mec, t'as pas tout vu. Enfin pour le coup si. En haut, un petit monument, une bâtisse avec quelques infos en japonais et une très jolie vue sur la rivière Kitakami.

Je repars sur la route pour m'attaquer au plus gros morceau de Hiraizumi, le Chûson-ji. La date de création varie selon les sources, certains disent 850, d'autres 1100. Le fait est que c'est ancien, très ancien. Au XIIème siècle, sous l'impulsion de Kiyohira Fujiwara, le chef de la famille Fujiwara, une riche famille qui gouverna la région vers le XII et XIIIème siècle, l'ensemble atteint 300 édifices dont 40 temples. Malheureusement, un incendie détruisit la majorité des bâtiments en 1337. Aujourd'hui, l'ensemble est moins imposant mais n'empêche que.

N'empêche que ça a de la gueule tous ces temples et autres édifices. Il serait trop fastidieux d'essayer de vous retracer tous les bâtiments vus à ce moment-là, vous n'avez qu'à regarder les photos et si vous n'êtes pas content, vous avez qu'à aller sur place. Oh.

Non ce qu'il faut retenir de cette journée est l'apparition de la neige ! Celle-ci se met à tomber d'abord doucement puis avec plus de vigueur alors que je remontais la neige principale. Il est difficile de retranscrire à quel point l'ambiance se dégageant du lieu à ce moment-là était forte. Imaginez des bâtiments chargés d'histoire, construits avec toute l'élégance japonaise, un lieu quasi désert et silencieux, des arbres hauts et majestueux. L'ensemble dégage une harmonie forte. (regardez la vidéo pour vous en rendre compte)

Une fois la visite finie, je décide de m'aventurer sur un chemin de randonnée pour rejoindre le centre de la ville où il me reste encore un lieu à visiter. L'idée était d'éviter de refaire le chemin de l'aller, pas forcément très glamour et sex. C'est donc motivé que je pars sur un chemin un peu bizarre. Pas de soucis, tout est très bien balisé par ces gentils japonais. Mais le chemin est plus long que prévu, ce qui me met sur les rotules à la fin. Les jambes et le dos en compote, je finis par rejoindre le Môtsû-ji.

Le Môtsû-ji était le plus vaste sanctuaire de temples du Tôhoku à l'époque. Aujourd'hui, quasiment tous les bâtiments ont disparu pour ne plus laisser que les jardins. Les Japonais ont l'art de mettre en valeur les trucs qui ont disparu (cf les ruines quasi inexistantes du château de Sendai), c'est fou. La visite consiste en réalité à se balader tranquillement autour du grand lac central en se laissant imprégner par les lieux. Alors les jardins date de l'époque de Heian et suivent certains principes bouddhistes "consistant à tout faire pour imprégner son esprit du "paradis"". Voilà, c'est l'explication du Lonely Planet. Et c'est pour vous.

La balade est agréable, le lieu dégage une certaine sérénité. En même temps, avec 9000 habitants seulement, c'est difficile de ne pas être plus serein. Mine de rien, il reste encore quelques bâtiments et de plus, les explications fournies tout le long du chemin aide à s'imaginer le lieu à l'époque.


À l'issue de cette visite, il est temps pour moi de repartir. Il est 16h30, je suis de retour à la merveilleuse petite gare de Hiraizumi. Et j'ai la dalle parce que j'ai pas trouvé une seule épicerie sur le chemin dans la ville. Si quelqu'un pouvait m'expliquer comment ils font dans ce village pour faire leurs courses, j'en serai gré. C'est fou ça. Au final, je mange un paquet de chips et de gâteau, ah bravo, c'est du beau.

Il me faut retourner à Ichinoseki, la grosse ville à proximité où s'arrête le Shinkansen. De là, il me faut aviser pour la suite. Jusqu'où aller ? Rejoindre Hokkaido dès maintenant ? J'aimerais avancer un peu sur mon itinéraire, ce qui m'oblige à faire du train. La question est de savoir si je peux en trouver un à moindre frais pour m'emmener au nord.

Renseignements pris, je n'ai pas trop le choix, il me fait prendre le Shinkansen si je veux continuer efficacement vers le Nord. Et paf, paye tes 8000 et quelques yens (65€) pour rejoindre Hachinohe, terminus du Shinkansen à ce niveau-là et ensuite Aomori via un train normal. Bon après, vu le confort, c'est un moindre mal hein. Le trajet se fait très bien, même si je suis quasiment le seul étranger pour le coup dans tout le train. Qui n'est pas rempli, loin de là.

Si la neige m'avait surpris à Hiraizumi, force est de constater qu'Aomori se situe bien au nord du Japon. La neige est là, bien là, et c'est magnifique. D'ailleurs je viens de voir sur le lien wikipedia que je vous ai mis à propos d'Aomori que c'était une des villes qui recevait les plus fortes chutes de neige. Wahou quoi.

Donc y'a de la neige partout et il fait bien froid. Il est pas loin de 20h, me voilà à la pointe nord de Honshû, l'île principale du Japon. Yeah, trop stylé ! Alors je connais rien de la ville et j'ai pas envie de galérer à trouver un endroit où dormir. J'ai bien pensé partir de suite en train de nuit pour Hokkaido histoire d'avancer mais y'en avait pas visiblement. Après avoir posé tellement de questions au mec de la gare que j'ai réussi à me saouler moi-même, j'opte pour la solution de trouver un hôtel sur place et repartir le lendemain matin via un train normal pour Hakodate, au sud de Hokkaido.

On m'indique un hôtel sur une carte, à priori pas trop cher selon les souvenirs de l'employée, sans garantie aucune. C'est pas grave, autant tester. Et en fait, cet hôtel s'avère excellent dans le rapport qualité/prix. Digne d'un bon deux étoiles en France, la nuit ne revient qu'à 2400 yens si mes souvenirs sont bons (ou 2800 mais pas plus), soit autour de 20€. Trop bien quoi. Et pour moins cher que le capsule hôtel à Sendai, j'ai un vrai lit, avec une vraie douche et un vrai confort. Et j'ai même accès à Internet via un PC sous plastique (véridique, cf photo) d'où je communique à Lucie, restée en France. OUAIS !

Après avoir mangé un peu au Yoshinoya, un fast-food à la japonaise, je décide d'aller faire un tour dans la ville, couverte de neige et glacée par les vents du nord. Il fait vraiment froid et c'est pas une connerie que de dire ça. Les rues couvertes de neige créent une ambiance hivernale (tu m'étonnes) que je n'avais pas encore ressentie jusque-là.

Comme je me caille vraiment les miches, j'écourte ma balade, surtout que tout est fermé. Et je profite de ma chambre pour faire un bon gros somme. Demain, Hokkaido, l'île du Nord du Japon.

Les photos !