mercredi 18 novembre 2009

Temples et geisha

Le départ en matinée ressemble à une variante de la veille. Si certaines caractéristiques sont préservées (petit rush pour finir de prendre ma douche, départ en retard sur le planning, etc.), d'autres ont évolué (deux amies de Yumi-san ne sont pas de la partie, le planning a été décidé plus rapidement). Au programme, des beaux temples et le quartier historique des geisha. Miam.

Le voyage en voiture dans la conurbation du Kansaï se passe dans le calme malgré un soleil matinal qui fait plaisir après la journée de la veille plus que pluvieuse (plupluvieuse quoi). Le paysage est assez moche, il faut l'avouer puisque se succèdent des salles de pachinko et des magasins dignes de n'importe quelle zone commerciale sans oublier les quelques usines et autres monstruosités à proximité. Un premier-plan qui tranche avec la beauté solennelle des montagnes qui se dressent à l'horizon, couvertes de forêts et de verdure. À noter malgré tout la présence de lignes hautes tensions qui lézardent leurs pentes, seul signe de la présence humaine là-haut.

La première visite nous voit arriver au Nishi Hongan-ji, temple principal de la secte bouddhiste Shinshu dont l'influence grandissante au début du XVIIèm siècle poussa le Shogun de l'époque à construire un temple concurrent un peu plus loin. Les bâtiments imposants forcent le respect. Les chants bouddhiques dans une des salles ont quelque chose de fascinant. Malheureusement, le temps nous manque.

Nous arrivons sur les coups de 11h au temple Kyomizu, le Kyomizu-dera (temple de l'eau pure), l'un des plus célèbres temples de Kyôto. Il y a du monde, des couples, des collégiens, des groupes d'amis, des groupes de vieux, etc. Le soleil tente de résister à la venue des nuages mais l'issue ne fait guère de doute.

Le temple est constitué de plusieurs bâtiments dont une pagode et une bâtisse construite sur pilotis. L'enchevêtrement de poutres constituent une attraction, il n'y a en effet aucun clou, aucune vis pour aider à la stabilité. Juste les poutres assemblées les unes avec les autres. Cette construction, au-delà de la technique remarquable qu'il a fallu mettre en œuvre, donne une impression de grandeur au temple.

Comme ce temple porte bien son nom, il est de bon ton d'aller faire la queue près de la fontaine déversant la fameuse eau afin de se purifier et d'en boire un peu. Nous ne dérogeons pas à la règle et attendons notre tour. Une fois la fontaine atteinte, c'est le moment des photos. On sourit, on tente de regarder les 3 appareils photos tenus par Yumi-san, Aya-san et Mori-san sans penser à la cinquantaine de Japonais en train de nous regarder bloquer tout le monde ! La sœur se contente même de prendre la photo et rejette l'eau. Quel sacrilège.

La sœur et moi-même nous échappons ensuite pour aller voir la vue plus en hauteur. Visiblement, un chemin continue mais le temps nous manque si bien que nous faisons demi-tour une fois nos pulsions photographiques assouvies. À ce moment-là, les gouttes commencent à faire leur apparition. Sans doute une punition divine à cause de l'affront fait par la sœur à la fontaine. Le débat reste ouvert, le mystère complet.

Toujours est-il que nous nous retrouvons dans la rue commerçante menant au temple. Là, c'est au tour de la mère de tenter le coup de force pour prendre le temps de regarder les boutiques. La visite du magasin de céramiques/vaisselles ne donne rien, si ce n'est un plaisir visuel contraint par le prix des objets à demeurer éphémère.

La pause déjeuner se fera à un resto/buffet connu de Mori-san, spécialiste des bons plans. Force est de reconnaître que c'est une bonne trouvaille puisque pour moins de 10€, c'est buffet et boisson à volonté avec un plat assez costaud en prime. Bien joué Mori-san, t'es la meilleure ! En plus, le resto est idéalement placé pour le reste de la visite puisque le temple suivant n'est qu'à 10 minutes à pied.

Armés de nos parapluies, nous atteignons le Chishaku-in, un temple non signalé dans les guides donc surprise totale (en même temps, y'a tellement de temple ici...). Le temple présente plusieurs intérêts à savoir son jardin japonais d'influence chinoise, et ses peintures de maître sur les portes coulissantes. La tante est conquise par l'esthétique du jardin, ce qui est bien compréhensible. Et même si les explications des guides japonaises restent incompréhensibles pour nos pauvres oreilles de Français, on profite de la vue et du calme de l'endroit.

Après être passé par la salle contenant l'original des peintures sur les portes coulissantes, classées "Trésor national", nous continuons notre chemin jusqu'au parking où nous attendent les voitures. Direction Gion, sur demande express de la soeur.

Gion est un quartier de Kyôto, connu pour rassembler toutes les maisons de thé où travaillent les geishas et les maiko (apprenti geisha). Malheureusement pour nous touristes, il est difficile d'en croiser puisqu'elles ne sortent que rarement et seulement à la nuit tombée. Néanmoins, l'architecture des maisons de thé et l'ambiance générale valent à elles seules le détour. Les maisons en bois à 1 ou 2 étages nous transportent à l'époque d'Edo, quelques siècles en arrière. Bon ok, c'est contrebalancé par les scooters garés ici et là mais mettons un peu d'eau dans notre saké et acceptons la modernité que diantre !

Le quartier est essentiellement composé de quelques rues que l'on parcourt rapidement. Néanmoins, nous n'arrivons pas jusqu'à une rue décrite dans le Lonely Planet comme une des plus belles rues d'Asie (rien que ça tiens). La sœur en fait son objectif du moment et tente de rallier à elle Yumi-san et le papy au blouson jaune pétant. La stratégie qu'elle élabore se fonde sur deux offensives simultanées. D'un côté, elle compte utiliser le plan du guide pour montrer à blouson jaune que la rue est toute proche et de l'autre, elle explique en anglais à Yumi-san les raisons de sa demande. Malin mais insuffisant: 10 minutes après, nous sommes sortis des rues du quartier en lui-même. Bien essayé sister, je suis fier de toi.

Après un passage à la boutique de souvenirs et de gâteaux, une photo du temple d'en face surplombé par un arc-en-ciel, nous repartons en voiture, direction le sud de Kyôto pour aller voir le Fushimi Inari Taisha, temple célèbre pour ses longues allées de torii vermillons.

Ce n'est pas à côté et de toute manière, ça n'avance pas vite. C'est pourquoi Mori-san et blouson jaune tentent de longer la montagne pour rejoindre le temple. Nous passons donc dans de minuscules ruelles écartées des grands axes routiers. Cela nous permet de voir des coins de la ville que l'on ne soupçonnerait pas sinon. Après un demi-tour mené de main de maître par blouson jaune, guidé au sifflet par Mori-san, nous arrivons enfin au temple.

Il est 16h30 passé, l'obscurité ne va pas tarder à tomber. Nous avons le temps d'admirer les principaux bâtiments rouges vermillons, les statues des Kitsune tenant dans leurs gueules une clé et d'atteindre le début de la longue allée de torii. Celle-ci est longue de 4 kms et serpentent dans la montagne, offrant en journée une balade agréable et unique en son genre. De notre côté, nous manquons de temps donc nous ne nous aventurons que sur les premiers tronçons.

La végétation alentour renforce l'obscurité qui devient réelle quelques dizaine de minutes plus tard. Ceci plus le bruit des gouttes qui tombent des feuilles après l'averse, plus le peu de monde présent rend l'instant et l'endroit intemporels. Enfin pas trop quand même, on a pas le temps de perdre du temps.

Une fois la visite terminée, il fait nuit noire et il est donc temps de rentrer. Je profite du voyage retour pour me faire masser le cuir chevelu par la mère installée tout au fond, et pour m'endormir, le tout sous les moqueries de la sœur. Elle ne sait pas ce qui est bon, laissez-là s'exciter pour rien !

Une heure plus tard, nous retrouvons la maison chérie. Les amies de Yumi-san qui ne sont pas venues aujourd'hui ont profité de cette absence pour tout préparer. Au programme, sukiyaki party ! J'adore ce plat et je m'en donne à coeur joie. Et même si je n'avais pas prévu ce gâteau surprise à la fin, j'ai réussi à tout manger comme un grand garçon, youhouuu.

La boisson achetée par le père au Fushimi Inari Taisha, une sorte de riz au lait suffisamment liquide pour prétendre être une boisson, n'a pas autant de succès que le gâteau au chocolat des Japonaises. Tant pis, il y avait l'intention au moins.

Le départ des amies Japonaises sonnent également le moment des adieux pour la plupart d'entre elles. Nous repartons à Tôkyô tôt le lendemain matin et, mis à part Yumi-san et Aya-san qui nous amèneront à la gare, nous ne les reverrons plus. Vite vite, c'est l'heure des échanges d'adresses, d'e-mail, de promesses, d'invitations et de remerciements. Finalement, la maison se calme.

Tout le monde est crevé et part donc se coucher. Mais avec le sourire aux lèvres.

Photos

4 commentaires:

  1. J'adore ta description de l'anectode du demi-tour en voiture de blouson jaune guidée par les coups de sifflet de mori-san...
    A y repenser, nous avons vécu des moments très sympa avec toute la "clique des amis japonais".

    Ce n'est plus seulement avec le sourire aux lèvres que je me couche le soir mais aussi les yeux rieurs à la lecture de ton blog.

    Bisous

    Cathy

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  2. oups... J'ai fait une faute d'accord...
    Cathy

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  3. T'as oublié le passage du foie gras "sur lit de gateaux apéro salés" en guise de dessert.

    La soeur

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  4. Ah et je reconnais bien là l'influence de notre pot' le Routard : "Nishi Hongan-ji, temple principal de la secte bouddhiste Shinshu dont l'influence grandissante au début du XVIIèm siècle poussa le Shogun de l'époque à construire un temple concurrent un peu plus loin."

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