jeudi 26 novembre 2009

L'automne au boulot

Ah ah ah, je sais bien que vous avez fébrilement regardé le blog tous les jours depuis lundi pour voir si je n'avais pas posté de nouveaux articles, comme promis dans mon dernier article ! J'ai testé votre dépendance nouvellement acquise, je suis désormais puissant !

Non mais bon, j'ai pas eu le temps d'écrire les articles durant les heures de boulot, donc j'ai accumulé un peu de retard sur le planning prévu. Je me rattrape en vous faisant profiter de ma petite découverte de la journée.

Aujourd'hui fut une magnifique journée où le soleil brilla de tout son éclat et où la température atteignit un niveau idéal sur les coups de 12h. Journée parfaite pour aller enfin découvrir le parc de Shinjuku-gyoen, situé à 100 mètres de mon lieu de travail. Jusqu'à maintenant, je n'y étais jamais allé, malgré tout le bien qu'en disent les guides.

J'ai donc profité de la pause déjeuner pour aller déguster mon bentô en compagnie de la collègue stagiaire française dans ce fameux parc.

L'entrée est payante (1,50€) mais ça peut se comprendre vue la taille du parc (57,6 ha) et l'entretien qu'il nécessite. L'herbe est coupée courte, le jardin japonais est nickel, etc. Tout il est bien, il est beau quoi. Vous rajoutez à ça les couleurs d'automne magnifiques, qui viennent d'arriver jusqu'à Tôkyô (suivies inévitablement d'une armée de vieux Japonais équipés du dernier Nikon avec objectif focal en double prise x14 dont la rétine lumineuse permet un nettoyage automatique du focus automatique). Forcément, ça fait plaisir.

Ce fut une promenade fort agréable ! Et en plus, ça nous a permis d'arriver 25 minutes en retard au boulot l'aprem, nickel !


L'intérêt du message réside surtout dans les photos que je mets à votre disposition, évidemment !

vendredi 20 novembre 2009

Escapade à Hakone

En ce dimanche ensoleillé, j'ai prévu de découvrir la région autour d'Hakone, maintes et maintes fois citées dans les guides et l'une des plus visitées du Japon. La raison tient au caractère préservé de la zone, qui offre de nombreux panoramas de toute beauté, et à sa proximité avec Tôkyô puisque ce n'est qu'à 1h30 en train de Shinjuku.
Je sais à quoi m'attendre. C'est dimanche, la météo annonce du beau temps, c'est l'automne: il y aura du monde, beaucoup de monde sans doute. Mais tant pis, j'ai pas le choix et j'ai envie d'y aller.

Je prévois de me lever suffisamment tôt pour arriver avant la masse des gens. Concrètement, me lever à 7h30 pour prendre le train vers 8h30 et arriver là-bas vers 10h. Évidemment, lorsque le réveil sonne, le courage me manque et ce n'est que vers 9h que ma journée commence. J'arrive à la gare de Shinjuku peu après 10h où j'achète le Hakone Free Pass qui comprend l'aller-retour avec les trains de la compagnie Odakyu, plus tous les transports dans la zone. Après vérification sur le net, le pass est rapidement amorti, quelle que soit le parcours retenu sur place.

En fait d'une heure et demi, le voyage dure plutôt 2h. Ca ne me gêne pas trop, ayant prévu musique et lecture. Il y a du monde dans le train, mais ce n'est pas bondé et je trouve rapidement une place assise. Au fur et à mesure que les stations s'égrènent, il se vide peu à peu. Sur la fin du voyage, le mont Fuji est visible à l'horizon, se détachant sur le ciel bleu. Attends-moi mon grand, j'arrive.

Après le changement en gare d'Odawara, j'arrive vers 12h30 à Hakone-Yumoto, terminus du petit train et point de départ pour découvrir la région. Là deux choix se présentent à moi. Ou bien je prends le petit train miniature ultra lent (40 minutes pour faire 8 kms) et ultra bondé, ou bien je tente le chemin en bus. J'opte pour le bus lorsque je vois la file d'attente pour le train.

Bon le choix du bus n'est pas forcément le plus judicieux. C'est également bondé et les virages en épingles m'empêchent de rester stable pour terminer mon bouquin. Et puis c'est quasiment tout aussi long puisque la route est encombrée par les touristes du dimanche. Finalement je descends à l'arrêt prévu, le bras en compote à force de m'être accroché à la barre, mais motivé.

Je compte en effet visiter le musée en plein air d'Hakone. Comme son titre l'indique, l'idée est de proposer au visiteur des œuvres exposées dans un parc aménagé de 70 hectares. C'est l'occasion de découvrir des œuvres d'artistes connus (Niki de Saint Phalle, Picasso, etc.), dans un cadre original et agréable. Ça vous met l'eau à la bouche hein.

Je finis par trouver le musée après 10 minutes de marche. Le billet d'entrée n'est pas donné, mais en utilisant (relativement frauduleusement) ma carte étudiant (la réduc marchait pour les lycéens maximum), plus la réduc offerte avec le Hakone Pass, je réduis le prix du ticket presque de moitié. Trop fort le mec.

À "l'intérieur" du musée, de nombreuses familles. En même temps, le lieu est idéal. C'est en plein air et le musée à même prévu des attractions pour les gosses. Un bâtiment sert de salle de jeux pour les enfants, alors qu'une œuvre ressemblant à une construction de Kapla géant accueille des filets et des boules faisant le bonheur des plus petits. Une très bonne façon de rendre la visite d'un musée intéressante et ludique.

Les œuvres présentées sont remarquables. Outre des sculptures et autres œuvres disséminées un peu partout dans le parc, le musée propose également dans des pavillons des expositions présentant des collections temporaire (un artiste japonais travaillant l'aluminium notamment - j'ai beaucoup aimé ses œuvres, un sculpteur italien) mais aussi permanentes (Picasso avec de nombreuses toiles, gravures, céramiques, dessins). Expos toutes comprises dans le billet d'entrée évidemment.

Enfin le parc en lui-même se révèle très bien aménagé et agréable à parcourir. Des petits chemins tracés permettent de découvrir l'ensemble des œuvres progressivement. L'environnement varie, entre le passage près d'un bassin entouré d'arbres, le zigzag jusqu'au pavillon Picasso ou la longue allée jusqu'à la boule d'aluminium; on ne s'ennuie pas une seconde.

Le musée est bien fourni et logiquement, la visite prend du temps. Ce n'est qu'à 15h30 que je termine de faire le tour, me refusant à abréger la visite pour gagner quelques minutes. Néanmoins une fois sorti du musée, c'est d'un bon pas que je continue ma route. J'attrape de justesse le petit train miniature à la gare d'à côté, petit train toujours aussi bondé. Heureusement, je n'en ai que pour 5 minutes de voyages avant d'arriver à Gora.

De là, j'enchaine sur le funiculaire qui grimpe la pente jusqu'à Sounzan où je change de moyen de transport pour prendre un téléphérique. Cette multiplicité des moyens de transport constitue une attraction importante aux yeux de certains Japonais. De mon côté, l'indifférence prime.

Le téléphérique permet d'avoir de beaux points de vue sur les lieux environnants. Outre une vue d'ensemble de la vallée fort jolie en cette fin d'aprem (16h, c'est quasiment la nuit maintenant), le must reste au moment où l'on franchit la montagne pour se retrouver de l'autre côté. À ma droite se dresse le majestueux Fuji alors qu'à l'horizon, le coucher de soleil diffuse une lumière rouge du plus bel effet et qu'enfin, en-dessous de la cabine, se dévoile les fumerolles d'Owakudani.

Je me magne pour prendre tout plein de photos du téléphérique, ne sachant pas si un si joli point de vue sera présent dans la suite du trajet. Je descends du téléphérique au niveau de la station près des fumerolles pour les observer de plus près. Malheureusement, le fort vent, le froid important à cette altitude et le manque de temps m'empêche de suivre les chemins de randonnée serpentant entre les émanations de gaz. Il me faut en effet arriver à Togendai, au bout du téléphérique, avant 17h afin d'attraper le dernier bateau de la journée.

Togendai se situe au bord du lac Ashi, du côté nord. Il est possible de rejoindre les villes de Moto Hakone et d'Hakone Machi situées au suc du lac via une croisière sur le lac. Celle-ci se fait à bord d'un des deux bateaux en service, kitsch au possible, digne d'un parc d'attraction Disney. J'ai du mal à comprendre ce que viennent faire deux bateaux de pirate à cet endroit, alors qu'il n'y a aucune "raison valable" qu'ils soient là. La région constitue un coin de nature privilégié, entre le lac, le Fuji, les forêts, etc. Mais les Japonais ont quand même réussi à mettre ces deux machins en service. Gros mystère.

Bref, j'arrive à attraper le dernier bateau à quelques minutes près, après un passage à la boutique de la station pour acheter des snacks. Au cours de la traversée, la nuit tombe très rapidement et c'est dans le noir quasi complet que nous rejoignons les villes au sud. Dans le noir et dans le froid mordant. On caille là. Entretemps, nombre de touristes s'amusent à se prendre en photo avec les statues de pirates présentes sur le pont. Je ne déroge pas à la règle, en hommage à Louis. D'ailleurs la pose que je choisis inspire tout un groupe de taiwanais qui se sont bien marrés avec ce cher pirate.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous débarquons donc à Hakone machi. Le flot de touristes se déverse sur le quai et le parking d'à côté. La température, l'heure avancée de la journée, l'obscurité totale et la perspective de devoir retourner à Tôkyô poussent nombre de gens à repartir avec le premier bus disponible en direction d'Hakone Yumoto. De mon côté, je m'arrête à la boutique à côté, proposant de jolis objets en bois, aux motifs vraiment sympa. Ça sent l'artisanat, ce que semble confirmer les prix élevés. Finalement, je me résigne à prendre le bus, n'ayant rien de spécial à faire à cet endroit.

Je profite de la demi-heure de bus pour faire un somme réparateur. Une fois à Hakone-Yumoto, je me réfugie dans un café dans l'attente de l'express de 19h17, soit dans 50 minutes. Le précédent est complet, fichtre de zut. Et c'est sur les coups de 21h que j'arrive dans cette bonne vieille gare de Shinjuku. 21h30, je suis chez moi.

Journée vraiment sympa en dépit du monde présent tout autour des moyens de transports (trains, funiculaire, téléphérique). La région présente de nombreux sites d'intérêt et une deuxième visite dans le futur ne sera pas de trop pour en profiter. J'ai dû en effet faire une croix sur pas mal d'activités et de lieux par manque de temps.

Bref, content !

Et comme je pars en week-end de 3 jours visiter la péninsule d'Izu, il n'y aura pas d'article avant lundi au mieux. En attendant, vous pouvez regarder les photos d'Hakone !

jeudi 19 novembre 2009

The last but not the least

Dernier jour de vacances, que ce soit pour moi qui retrouve dès le lendemain le chemin du bureau ou pour la famille qui repart également le lendemain, de bonne heure. Les jours précédents ont défilé si rapidement, je vous jure, je les ai pas vus passer.
Qui dit dernière journée dit retour sur Tôkyô dans un premier temps. Et un des gros avantages du Shinkansen, outre sa rapidité, son confort et ses sièges qui changent de sens, c'est qu'il y en a très souvent. Celui qui nous intéresse vis-à-vis du pass ferroviaire que la famille a acheté part toutes les demi-heures, ce qui est tout à fait convenable. Nous prévoyons de partir vers 10h30 pour arriver aux environs de 13h à Tôkyô et profiter de l'après-midi.

Le départ de Gotenyama est fixé à 9h. Aya-san, accompagnée de Yumi-san, nous emmène en voiture à la gare de Kyôto, ce qui est vraiment sympa. En bon Français, nous sommes prêts à partir à 9h15, ce qui reste correct.

Ce voyage en voiture nous apporte une preuve de la prévoyance des Japonais quant à l'organisation d'un planning. En effet, malgré ce départ quinze minutes en retard et un pneu crevé sur le chemin (remplacé illico à une station-service/garage), nous arrivons malgré tout 10 minutes en avance en gare de Kyôto. L'épisode du pneu crevé confirme à la tante tout le bien qu'elle pense de la gentillesse et l'efficacité japonaise.

Le voyage en Shinkansen se déroule sans aucun accroc, comme d'habitude. Mais il offre en particulier l'occasion d'observer le mont Fuji au moment où le Shinkansen passe à proximité. J'avais prévenu tout le monde sans savoir à quel moment l'apparition devait se faire. Finalement, c'est la tante qui repère ce mont majestueux, dont le sommet est désormais recouvert de neige. Je me précipite à un hublot pour tenter d'immortaliser cette vision magnifique et ce, en dépit des conditions particulières (le train bouge à plus de 200km/h à ce moment-là).

Une fois arrivés à Ueno, puis à Shinjuku via la Yamanote Line (ce qui nous offre la possibilité d'écouter les musiques de chaque station, différentes à chaque fois), nous devons résoudre le problème majeur du moment: les bagages. Tous les lockers sont pris, ce qui nous oblige à élaborer une stratégie poussée et rapidement réalisable. Concrètement, je suis chargé de surveiller le coin Est pendant que les parents s'occupent de monopoliser l'espace du coin Ouest. Plusieurs fois, le coin Est est mis en difficulté: visiblement, nos défenses sont trop faibles de ce côté-là (j'avoue, avec mon petit sac, je ne suis pas vraiment impressionnant et tout le monde me gruge - mais comme aucun locker n'est disponible, ils l'ont dans le fion !).
Nous avons raison de persévérer puisque un à un, suffisamment de lockers se libèrent. On enfourne les sacs dedans (de ce côté-là, je crois qu'on a été bon, tant pis pour les souvenirs fragiles à l'intérieur des sacs). La soeur s'échappe pour rejoindre une amie japonaise rencontrée aux Etats-Unis. J'emmène la troupe des vieux dehors, direction le Kaitenzushi qui avait eu l'honneur de recevoir tout le monde le premier jour.

Il fait beau, il y a du monde, c'est normal, c'est férié. Le kaitenzushi est l'occasion de vérifier les progrès accomplis par tout le monde niveau baguettes. C'est bien, je suis fier de vous tous. On enchaine direct sur un autre immanquable du Japon: les purikura. Bon tout est en japonais donc je comprends rien, mais l'expérience aidant, j'arrive à faire marcher la machine. Le résultat est plus que satisfaisant, même si je ne peux vous le faire partager ici, n'ayant pas réussi à transmettre les photos sur mon adresse mail. Faudra me demander de vive voix de vous les montrer ! Enfin, accompagné de la mère, je termine l'expérience Game Center par le jeu des taiko qui consiste à suivre au mieux un rythme en tapant sur des tambours. Il va sans dire que j'ai massacré la mère à ce jeu, qui n'avait plus que ses yeux pour pleurer. Ouais ouais.

Direction ensuite le parc de Yoyogi, à 5 minutes en train de Shibuya. Aujourd'hui est un jour férié car les Japonais célèbre l'anniversaire de l'empereur Meiji. Or, dans ce parc se trouve un sanctuaire dédié à l'empereur, le Meiji-jingu. Des cérémonies sont donc programmées aujourd'hui, ce qui me pousse à emmener tout le monde là-bas.

Si le voyage et les premiers pas dans le parc se déroulent parfaitement, je fais l'erreur d'autoriser les vieux à fouiner dans la boutique de souvenirs. Bon ok, je participe à tout ça de plein gré. J'achète d'ailleurs ma super montre de touriste avec une inscription japonaise sur le dessus, effet stylé garanti (si si) ! Non là où ça merde un peu, c'est le moment où le père part s'acheter son café pendant que la tante et la mère terminent leurs emplettes. Au moment où ces dernières me rejoignent à la table du café, le père a disparu pour aller fumer une clope. En fin de compte, le petit arrêt aura duré un chouya trop longtemps.

Parce que pendant ce temps, les cérémonies et festivités s'enchainent. Déjà, au café, nous voyons de nombreux enfants en costume (les garçons) ou en kimono (les filles). Après s'être renseigné auprès de la copine japonaise de la soeur, retrouvées entretemps, il semblerait qu'aujourd'hui est également le jour où l'on fête les 3, 5 et 7 ans des gamins. D'où les costumes. Enfin peut-être que c'est faux et que c'est juste dû à l'anniversaire de Meiji. Je sais pas trop en fait.

Nous finissons par atteindre le sanctuaire. Il y a plus de monde que la dernière fois (lorsque j'étais venu avec Louis). Visiblement, les principales animations de la journée sont terminées (il est environ 15h), notamment le Yabusame. Tant pis. Et puis tout n'est pas perdu parce que ce jour-là, de nombreux couples se marrient dans ce sanctuaire. Nous admirons donc deux mariages shinto traditionnels avec les futurs époux en costume traditionnel, l'air solennel peint sur leurs visages.


En plus de ces mariages, les kimonos et autres habits de fête ravissent nos pupilles. Les familles japonaises allient l'élégance au raffinement. Les photos de famille s'enchainent un peu partout. Dans un coin du sanctuaire, des bouquets sont présentés, démonstration de l'ikebana ou l'art japonais d'accomoder les plantes.

Après ce bon bol d'air frais au milieu du parc, loin du tumulte des rues de Tôkyô, nous repartons (sans la soeur et son amie, parties de leur côté) vers la gare pour retourner à Shinjuku. Je m'arrête quelques instants sur le jingu-bashi, le pont à l'entrée du parc, célèbre pour attirer les jeunes tokyoites fan de cosplay, pour observer les quelques jeunes déguisés présents.

Une fois arrivés à Shinjuku, nous nous dirigeons vers le Yodobashi à l'Ouest de Shinjuku. Dans ce grand magasin d'électronique, nous partons à la recherche de clé USB en vue de transférer les photos prises. Finalement tout le monde opte pour une clé USB en forme de clé, à accrocher au porte-clés. Styclé non ?


Le crépuscule commence à poindre le bout de son nez. Or, par une si belle journée, le crépuscule est un spectacle à observer du haut de la mairie de Tôkyô, où l'on surplombe toute la ville. Avec un peu de chance, nous pourrons voir le Fuji au loin. Commence alors une petite course entre les buildings de Shinjuku pour rallier la mairie à temps. C'est que les couleurs au loin laisse présager du pire: louper le coucher de soleil à quelques minutes près !

Nous ne sommes pas les seuls à avoir l'idée de venir l'observer de la mairie à en juger par la queue devant l'ascenceur. Mais heureusement, elle avance vite et nous atteignons le 40ème et quelques étage peu après. De là, pour leur dernière soirée japonais, les parents profitent de cette vue magnifique, avec un ciel rougeoyant sur lequel se détache la forme parfaite du Fuji. Et au premier plan, la ville, partout autour de nous.

De retour à la gare de Shinjuku, là où nous avons laissé les bagages dans les lockers, je me renseigne pour les trains allant à Narita le soir-même. J'apprends avec surprise (un bon pote japonais, je vous le présenterai) que le dernier train est plus tôt que ce que j'imaginais. Il est 18h à ce moment-là et nous devons passer par chez moi pour que je leur fasse les paquets à ramener en France et que l'on retourne à Shinjuku pour prendre le train de 19h30. Autant dire qu'il faut se magner.

Cela se traduit par une marché à vitesse forcée, l'impossibilité d'attendre la soeur qui ne vient pas au point de rendez-vous prévu à l'heure prévue, le tri des affaires à ramener à vitesse grand V, l'énervement de la soeur qui croit qu'on lui a acheté une clé USB comme ça pour lui faire plaisir, le dîner du soir annulé et enfin la course dans la gare de Shinjuku pour rejoindre le quai n°5 qui est évidemment à l'autre bout de la gare. Finalement, on y arrive à temps, à 5 minutes près.

Les adieux durent 5 secondes montre en main et voilà la famille partie vers Narita où elle dormira dans un hôtel pour rejoindre l'aéroport dans la matinée suivante. Quant à moi, de retour à la maison, la fatigue finit par me rattraper. Ceci marque la fin du séjour japonais et de mon côté, le "début de la fin" puisqu'il ne me reste alors plus qu'un mois et demi sur place.

Pfiou, le temps passe si vite je vous jure. Un jour on a vingt ans et puis le soir on se rend compte que l'on a 50 ans. Wahou quoi !

Les Pictuuuuuures.

mercredi 18 novembre 2009

Temples et geisha

Le départ en matinée ressemble à une variante de la veille. Si certaines caractéristiques sont préservées (petit rush pour finir de prendre ma douche, départ en retard sur le planning, etc.), d'autres ont évolué (deux amies de Yumi-san ne sont pas de la partie, le planning a été décidé plus rapidement). Au programme, des beaux temples et le quartier historique des geisha. Miam.

Le voyage en voiture dans la conurbation du Kansaï se passe dans le calme malgré un soleil matinal qui fait plaisir après la journée de la veille plus que pluvieuse (plupluvieuse quoi). Le paysage est assez moche, il faut l'avouer puisque se succèdent des salles de pachinko et des magasins dignes de n'importe quelle zone commerciale sans oublier les quelques usines et autres monstruosités à proximité. Un premier-plan qui tranche avec la beauté solennelle des montagnes qui se dressent à l'horizon, couvertes de forêts et de verdure. À noter malgré tout la présence de lignes hautes tensions qui lézardent leurs pentes, seul signe de la présence humaine là-haut.

La première visite nous voit arriver au Nishi Hongan-ji, temple principal de la secte bouddhiste Shinshu dont l'influence grandissante au début du XVIIèm siècle poussa le Shogun de l'époque à construire un temple concurrent un peu plus loin. Les bâtiments imposants forcent le respect. Les chants bouddhiques dans une des salles ont quelque chose de fascinant. Malheureusement, le temps nous manque.

Nous arrivons sur les coups de 11h au temple Kyomizu, le Kyomizu-dera (temple de l'eau pure), l'un des plus célèbres temples de Kyôto. Il y a du monde, des couples, des collégiens, des groupes d'amis, des groupes de vieux, etc. Le soleil tente de résister à la venue des nuages mais l'issue ne fait guère de doute.

Le temple est constitué de plusieurs bâtiments dont une pagode et une bâtisse construite sur pilotis. L'enchevêtrement de poutres constituent une attraction, il n'y a en effet aucun clou, aucune vis pour aider à la stabilité. Juste les poutres assemblées les unes avec les autres. Cette construction, au-delà de la technique remarquable qu'il a fallu mettre en œuvre, donne une impression de grandeur au temple.

Comme ce temple porte bien son nom, il est de bon ton d'aller faire la queue près de la fontaine déversant la fameuse eau afin de se purifier et d'en boire un peu. Nous ne dérogeons pas à la règle et attendons notre tour. Une fois la fontaine atteinte, c'est le moment des photos. On sourit, on tente de regarder les 3 appareils photos tenus par Yumi-san, Aya-san et Mori-san sans penser à la cinquantaine de Japonais en train de nous regarder bloquer tout le monde ! La sœur se contente même de prendre la photo et rejette l'eau. Quel sacrilège.

La sœur et moi-même nous échappons ensuite pour aller voir la vue plus en hauteur. Visiblement, un chemin continue mais le temps nous manque si bien que nous faisons demi-tour une fois nos pulsions photographiques assouvies. À ce moment-là, les gouttes commencent à faire leur apparition. Sans doute une punition divine à cause de l'affront fait par la sœur à la fontaine. Le débat reste ouvert, le mystère complet.

Toujours est-il que nous nous retrouvons dans la rue commerçante menant au temple. Là, c'est au tour de la mère de tenter le coup de force pour prendre le temps de regarder les boutiques. La visite du magasin de céramiques/vaisselles ne donne rien, si ce n'est un plaisir visuel contraint par le prix des objets à demeurer éphémère.

La pause déjeuner se fera à un resto/buffet connu de Mori-san, spécialiste des bons plans. Force est de reconnaître que c'est une bonne trouvaille puisque pour moins de 10€, c'est buffet et boisson à volonté avec un plat assez costaud en prime. Bien joué Mori-san, t'es la meilleure ! En plus, le resto est idéalement placé pour le reste de la visite puisque le temple suivant n'est qu'à 10 minutes à pied.

Armés de nos parapluies, nous atteignons le Chishaku-in, un temple non signalé dans les guides donc surprise totale (en même temps, y'a tellement de temple ici...). Le temple présente plusieurs intérêts à savoir son jardin japonais d'influence chinoise, et ses peintures de maître sur les portes coulissantes. La tante est conquise par l'esthétique du jardin, ce qui est bien compréhensible. Et même si les explications des guides japonaises restent incompréhensibles pour nos pauvres oreilles de Français, on profite de la vue et du calme de l'endroit.

Après être passé par la salle contenant l'original des peintures sur les portes coulissantes, classées "Trésor national", nous continuons notre chemin jusqu'au parking où nous attendent les voitures. Direction Gion, sur demande express de la soeur.

Gion est un quartier de Kyôto, connu pour rassembler toutes les maisons de thé où travaillent les geishas et les maiko (apprenti geisha). Malheureusement pour nous touristes, il est difficile d'en croiser puisqu'elles ne sortent que rarement et seulement à la nuit tombée. Néanmoins, l'architecture des maisons de thé et l'ambiance générale valent à elles seules le détour. Les maisons en bois à 1 ou 2 étages nous transportent à l'époque d'Edo, quelques siècles en arrière. Bon ok, c'est contrebalancé par les scooters garés ici et là mais mettons un peu d'eau dans notre saké et acceptons la modernité que diantre !

Le quartier est essentiellement composé de quelques rues que l'on parcourt rapidement. Néanmoins, nous n'arrivons pas jusqu'à une rue décrite dans le Lonely Planet comme une des plus belles rues d'Asie (rien que ça tiens). La sœur en fait son objectif du moment et tente de rallier à elle Yumi-san et le papy au blouson jaune pétant. La stratégie qu'elle élabore se fonde sur deux offensives simultanées. D'un côté, elle compte utiliser le plan du guide pour montrer à blouson jaune que la rue est toute proche et de l'autre, elle explique en anglais à Yumi-san les raisons de sa demande. Malin mais insuffisant: 10 minutes après, nous sommes sortis des rues du quartier en lui-même. Bien essayé sister, je suis fier de toi.

Après un passage à la boutique de souvenirs et de gâteaux, une photo du temple d'en face surplombé par un arc-en-ciel, nous repartons en voiture, direction le sud de Kyôto pour aller voir le Fushimi Inari Taisha, temple célèbre pour ses longues allées de torii vermillons.

Ce n'est pas à côté et de toute manière, ça n'avance pas vite. C'est pourquoi Mori-san et blouson jaune tentent de longer la montagne pour rejoindre le temple. Nous passons donc dans de minuscules ruelles écartées des grands axes routiers. Cela nous permet de voir des coins de la ville que l'on ne soupçonnerait pas sinon. Après un demi-tour mené de main de maître par blouson jaune, guidé au sifflet par Mori-san, nous arrivons enfin au temple.

Il est 16h30 passé, l'obscurité ne va pas tarder à tomber. Nous avons le temps d'admirer les principaux bâtiments rouges vermillons, les statues des Kitsune tenant dans leurs gueules une clé et d'atteindre le début de la longue allée de torii. Celle-ci est longue de 4 kms et serpentent dans la montagne, offrant en journée une balade agréable et unique en son genre. De notre côté, nous manquons de temps donc nous ne nous aventurons que sur les premiers tronçons.

La végétation alentour renforce l'obscurité qui devient réelle quelques dizaine de minutes plus tard. Ceci plus le bruit des gouttes qui tombent des feuilles après l'averse, plus le peu de monde présent rend l'instant et l'endroit intemporels. Enfin pas trop quand même, on a pas le temps de perdre du temps.

Une fois la visite terminée, il fait nuit noire et il est donc temps de rentrer. Je profite du voyage retour pour me faire masser le cuir chevelu par la mère installée tout au fond, et pour m'endormir, le tout sous les moqueries de la sœur. Elle ne sait pas ce qui est bon, laissez-là s'exciter pour rien !

Une heure plus tard, nous retrouvons la maison chérie. Les amies de Yumi-san qui ne sont pas venues aujourd'hui ont profité de cette absence pour tout préparer. Au programme, sukiyaki party ! J'adore ce plat et je m'en donne à coeur joie. Et même si je n'avais pas prévu ce gâteau surprise à la fin, j'ai réussi à tout manger comme un grand garçon, youhouuu.

La boisson achetée par le père au Fushimi Inari Taisha, une sorte de riz au lait suffisamment liquide pour prétendre être une boisson, n'a pas autant de succès que le gâteau au chocolat des Japonaises. Tant pis, il y avait l'intention au moins.

Le départ des amies Japonaises sonnent également le moment des adieux pour la plupart d'entre elles. Nous repartons à Tôkyô tôt le lendemain matin et, mis à part Yumi-san et Aya-san qui nous amèneront à la gare, nous ne les reverrons plus. Vite vite, c'est l'heure des échanges d'adresses, d'e-mail, de promesses, d'invitations et de remerciements. Finalement, la maison se calme.

Tout le monde est crevé et part donc se coucher. Mais avec le sourire aux lèvres.

Photos