samedi 3 juillet 2010

En route pour le Nord ! Jour 4 (17 décembre): Sapporo et le froid !

Honnêtement je dois l'avouer, le trajet Hakodate-Sapporo via un bus de nuit fut très difficile. Non pas que la route soit ardue ou que le chauffeur se soit chauffé pour rendre le voyage trépidant. Il suffit d'ajouter plusieurs éléments pour créer le combo gagnant: un voyage court (5h) où dès le début, tu sais que tu vas pas dormir longtemps (c'est des maths là, pas très compliqué), une difficulté particulièrement persistante à s'endormir malgré tout (le chauffage du bus y est peut-être pour quelque chose pour le coup), une arrivée dans la nuit noire à une température glaciale. Et quand je dis glaciale, je ne mens pas, j'ai pris la photo de la tour d'à côté pour vous prouver que je ne dis pas de la merde. Faut se rendre que sur place, tu le sens le contraste entre le bus chauffé et l'extérieur à -5°C.

Résultat, je me les pèle vraiment et pas de bol, il est 5h du matin, y'a pas grand chose d'ouvert. Surtout que c'est pas comme si je connaissais la ville hein. Alors Sapporo, capitale de l'île de Hokkaido et très grosse ville japonaise alors qu'elle n'existe pas depuis longtemps. C'est donc ze place to be quand t'es un jeune sur Hokkaido. Elle est organisée en damier, à l'américaine, ce qui est assez inhabituel au Japon.

Reprenons en nous concentrant sur le sujet principal de ce blog, moi. Donc il est 5h et des parpaings, j'ai très froid (une constante au cours de ce voyage), et je sais pas où aller. Que faire ? Oui, très chers, que faire ? Bah au Japon, comme ils en ont rien à foutre des horaires susceptibles de préserver une harmonie sociale (un truc du genre), il y a toujours des trucs ouverts 24h. Le Mcdo de Sendai en est un bon exemple. Mais le tout est de savoir quels magasins et leurs localisations. Par exemple, à Sapporo, impossible de savoir où se trouve le Mcdo. Et c'est pas aux passants que je peux demander (y'a pas grand monde à 5h bizarrement). Alors il y a toujours la solution des conbini mais c'est pas là-bas que tu vas tuer 3h. Surtout quand tu peux pas lire tous les manga en vente et donc que tu t'emmerdes vite.

La solution pour le cas présent ? Le manga-café ! En effet, à quelques centaines de mètres de la gare routière se trouve une succursale de I-café, là où je m'étais réfugié la veille à Hakodate. Ni une, ni deux, j'y cours, prends un box, profite un peu d'Internet mais surtout je termine ma nuit bien au chaud ! J'y reste au moins 3 bonnes heures. Je me souviens pas combien ça m'a coûté mais je sais que j'ai filé la thune avec plaisir au gars.

Il est 10h, je suis en forme, il fait jour et presque moins froid (autour de -1 ou -2°C). La journée commence baby, oh yeah. Alors Sapporo est une grosse ville de presque 2 millions d'habitants, forcément va falloir marcher. Direction dans un premier temps le Hokudai Shokubutsuen (ça s'invente pas) un parc qui réunit plus de 4000 espèces de plantes, soignées dans des serres pour la plupart. Manque de chance, le parc en tant que tel n'est pas accessible, seules les serres le sont. Je les visite pour le principe mais bon, ce n'est pas indispensable.

Juste à côté se trouve les bureaux de l'Association aïnoue de Hokkaidô. L'occasion d'aller voir la petite expo qui est mise à disposition des curieux et d'en savoir un peu plus sur ce peuple. Les Aïnous sont un peuple indigène, installé à Hokkaidô bien avant que les Japonais n'arrivent. Ethnie peu nombreuse, ils ont pendant longtemps souffert de discrimination et de racisme. Leur culture a failli péricliter, à cause de la politique d'assimilation menée par le gouvernement de Tôkyô. Aujourd'hui des lois existent mais tout n'est pas parfait.

C'était l'instant socio-historico-culturel. J'espère que vous avez apprécié, y'en aura pas beaucoup. Suite de mon périple, une balade dans le campus de l'université de Hokkaidô, apparemment très connue pour ses bâtiments et son histoire. Apparemment hein, j'en sais rien moi. Je me contente de flâner dans ce campus, qui en hiver, est pas aussi fou qu'on pourrait l'espérer. Je m'y attarde un peu mais bon, j'aurais pu faire plus vite.

Il me reste en effet encore un morceau de choix à découvrir: le Sapporo Beer-En ! La ville est en effet connue pour sa bière, une des plus consommées dans le pays ! Et histoire de marquer le coup, ils ont construit le musée qui fait aussi office de bar-restaurant. Vous comprenez bien que je me dois d'aller le visiter. Et rien de tel qu'une bonne marche de 2km avec un sac de 12 kgs sur le dos pour se mettre en appétit.

Je finis par arriver près du bâtiment, reconnaissable de loin par sa grande tour et l'étoile rouge visible tout en haut. Enfin direction de suite le resto du musée pour me déguster de l'agneau grillé, qui est une spécialité locale apparemment. Oui apparemment encore. Moi je crois ce que me dis le guide hein, j'ai confiance. Non mais c'était bon et puis le bavoir fourni était tellement sexy après tout. Je me devais de le mettre.

À l'entrée du musée, y'a plus d'employées (le féminin is on purpose - y'a que des femmes) que de visiteurs. Et visiblement, j'en fais rire quelques unes avec ma tête de gaijin (étranger), mon gros sac et mon japonais hésitant. Tant mieux, tant mieux, j'aime faire rire. Sinon à l'intérieur est retracé l'histoire de la brasserie locale, de la première usine à l'empire d'aujourd'hui. Les explications sont en japonais ou en chinois je crois donc je me contente des photos. Et je prends en photos les trucs marrants que je vois. hihi, c'est rigolo.

Le meilleur moment: la fin de la visite. Non pas parce que t'en as marre mais parce que tu arrives dans la salle qui regroupe les stands de souvenirs et le bar dégustation des différentes bières produites par la marque. Moi je prends la totale, les 3 demis plus la rondelle de fromage (?) pour 800 yens si je me souviens bien (5€). Le bon plan. Et je prends mon temps pour les déguster. Même qu'à la fin, mine de rien, ça tourne un chouya. Mais au moins, ça m'a permis d'aller demander à ces 3 barmens si je pouvais les prendre en photo. Regardez-les, ils sont trop mignons.


Au moment de ressortir, il commence déjà à faire nuit. L'air de rien, je suis resté 2 grosses heures dans ce cher musée. Je rejoins le centre de Sapporo par bus pour continuer mes visites. Je passe devant la tour de l'horloge qui est connue sans trop que je sache pourquoi et qui sert de point de repère à Sapporo. Un peu plus loin se trouve la grande Tour de la télévision, en forme de tour Eiffel (mais en moins bien, as usual), qui se trouve au bout du parc tout en longueur Ôdôri-kôen.

La période étant ce qu'elle est, j'ai le droit à tout plein d'illuminations et même à un marché de noël munichois (ouais logique), comme on peut en voir un peu partout en France au même moment. C'est l'occasion de prendre un bon verre de vin chaud et de se balader au milieu des stands en bois pour acheter quelques souvenirs. En tout cas, à voir à quel point elles sont excitées par tout ça, les jeunes Japonaises adorent.

En bon touriste que je suis, je vais me faire la vue du haut de la tour de la télévision, qui surplombe toute la ville et surtout le parc Ôdôri tout illuminé. C'est tout beau, ça brille et c'est haut (80 mètres). Là, y'a la bonne blague qu'on aime pas trop sur le coup: le petit tremblement de terre au moment où tu es au sommet de la tour. La hauteur étant ce qu'elle est, tu ressens les vibrations de la tour et tu dis que non, faut pas que ça bouge plus. Non mais c'était un tout petit tremblement de terre, y'a même des Japonais qui ont pas remarqué. Mais il était là, bien là, oui oui.

Fin de la visite touristique de Sapporo pour la journée, maintenant j'ai faim. Et autant aller à la Ramen Yokochô, une (apparemment) célèbre ruelle de Susukino où se serrent de nombreuses échoppes de râmen. Ca tombe bien, j'aime faire ce que conseille le guide et j'aime les râmen. Les mecs s'y connaissent et font ça depuis bien longtemps. Après avoir arpenté la ruelle, j'en choisis au pif et déguste mon bon gros bol de râmen qui bien du bien mes amis.

Après ça, j'ai le choix entre faire la fête ou me reposer. J'opte pour la deuxième solution, la fatigue prenant le pas sur la motivation. Après avoir profité de la chaleur du McDo du coin, je termine au cybercafé où le tarif nuit est extrêmement avantageux. Pour 12€, t'as une box, soda et cafés illimitées et accès à Internet. Bon après, c'est pas vraiment le confort ultra et l'intimité est toute relative puisque les box ne sont séparés que par des cloisons mais comme on est au Japon pas de soucis, les gens sont calmes et propres. Pour 12€, faut pas s'attendre à des miracles non plus hein.

Et c'est donc à la toute fin de mes 6 mois au Japon que je fais ENFIN ma nuit dans un cyber-café japonais ! Que de satisfaction !

Les pictuuuuures.

2 commentaires:

  1. Après trois bières ç'est normal que ça tourne et que ça tremble heureusement la tour a tenu le coup ,ELLE. gros bisous à bientôt

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  2. Ah! C'est la fin de "on the road"... Un coté Bob Dylan dans la photo où l'on te vois...

    C'est un superbe blog, bien écrit avec belles photos. Il montre que tu as bien vécu ton séjour au Japon... Il m'aura bien fait rêver.

    Félicitations et Bravo!

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