Après un passage à la douche-sans-lumière-et-même-que-l'employé-fut-surpris-de-voir-qu'il-y-avait-quelqu'un, un empaquetage rapide de mes affaires, me voilà reparti. Pour m'arrêter au McDo quelques rues plus loin. Non sans dec', les formules du matin sont vraiment stylées et pas trop chères. Je suis un converti pour le coup. Surtout qu'il y a des prises à disposition pour recharger son portable et son appareil photo donc c'est du tout bon.
Au programme de la journée, direction le nord encore et toujours. Je jette mon dévolu sur Hiraizumi, une ville autrefois comparable à Kyôto (au XIIème siècle, ça date) par la splendeur passée de ses temples. Aujourd'hui, c'est une petite bourgade d'à peine 9000 habitants, c'est dire si on est loin de Kyôto. Mais il reste des trucs à voir, et puis ça doit être sympa de visiter une petite ville comme ça, toute tranquille dans une région rurale.
Après 30 minutes de Shinkansen où je comate dans un état semi-végétatif à cause d'une fatigue toujours bien présente malgré (à cause de ?) ma nuit dans une capsule, et un petit train secondaire qui va en ligne droite, j'arrive donc à la merveilleuse toute petite gare de Hiraizumi. Il est 11h30. On est une dizaine à descendre, des Japonais et moi-même. That is all.
L'idée est de faire grosso modo tout les points d'intérêts indiqués par le Lonely Planet, faisables à pied. Donc c'est parti, on traverse tout d'abord un bout de la ville pour rejoindre le Takadachi Gikei-dô, un petit mémorial en l'honneur de Yoshitsune Minamoto, guerrier local dont l'histoire tragique mêlant tout ce qu'aime les Japonais, à savoir la loyauté, la fatalité, le tragique, l'esprit guerrier, les liens fraternels, etc., l'a rendu célèbre dans tout le pays.
La marche à pied permet de s'immerger dans l'ambiance particulière de cette bourgade, autrefois prospère et puissante. Aujourd'hui rien de tout ça. Peu de mouvement, peu d'animation, personne dans les rues. La campagne japonaise. On est bien loin du rythme trépidant de Tôkyô. Ce n'est pas déplaisant pour autant, attention.
Je finis par arriver au mausolée, le dos quelque peu en compote. Le moine chargé de surveiller l'entrée et d'accueillir les visiteurs est surpris de me voir débarquer. Et encore plus surpris de m'entendre parler japonais. Et ouais mec, t'as pas tout vu. Enfin pour le coup si. En haut, un petit monument, une bâtisse avec quelques infos en japonais et une très jolie vue sur la rivière Kitakami.
Je repars sur la route pour m'attaquer au plus gros morceau de Hiraizumi, le Chûson-ji. La date de création varie selon les sources, certains disent 850, d'autres 1100. Le fait est que c'est ancien, très ancien. Au XIIème siècle, sous l'impulsion de Kiyohira Fujiwara, le chef de la famille Fujiwara, une riche famille qui gouverna la région vers le XII et XIIIème siècle, l'ensemble atteint 300 édifices dont 40 temples. Malheureusement, un incendie détruisit la majorité des bâtiments en 1337. Aujourd'hui, l'ensemble est moins imposant mais n'empêche que.
N'empêche que ça a de la gueule tous ces temples et autres édifices. Il serait trop fastidieux d'essayer de vous retracer tous les bâtiments vus à ce moment-là, vous n'avez qu'à regarder les photos et si vous n'êtes pas content, vous avez qu'à aller sur place. Oh.
Une fois la visite finie, je décide de m'aventurer sur un chemin de randonnée pour rejoindre le centre de la ville où il me reste encore un lieu à visiter. L'idée était d'éviter de refaire le chemin de l'aller, pas forcément très glamour et sex. C'est donc motivé que je pars sur un chemin un peu bizarre. Pas de soucis, tout est très bien balisé par ces gentils japonais. Mais le chemin est plus long que prévu, ce qui me met sur les rotules à la fin. Les jambes et le dos en compote, je finis par rejoindre le Môtsû-ji.
Le Môtsû-ji était le plus vaste sanctuaire de temples du Tôhoku à l'époque. Aujourd'hui, quasiment tous les bâtiments ont disparu pour ne plus laisser que les jardins. Les Japonais ont l'art de mettre en valeur les trucs qui ont disparu (cf les ruines quasi inexistantes du château de Sendai), c'est fou. La visite consiste en réalité à se balader tranquillement autour du grand lac central en se laissant imprégner par les lieux. Alors les jardins date de l'époque de Heian et suivent certains principes bouddhistes "consistant à tout faire pour imprégner son esprit du "paradis"". Voilà, c'est l'explication du Lonely Planet. Et c'est pour vous.
La balade est agréable, le lieu dégage une certaine sérénité. En même temps, avec 9000 habitants seulement, c'est difficile de ne pas être plus serein. Mine de rien, il reste encore quelques bâtiments et de plus, les explications fournies tout le long du chemin aide à s'imaginer le lieu à l'époque.
À l'issue de cette visite, il est temps pour moi de repartir. Il est 16h30, je suis de retour à la merveilleuse petite gare de Hiraizumi. Et j'ai la dalle parce que j'ai pas trouvé une seule épicerie sur le chemin dans la ville. Si quelqu'un pouvait m'expliquer comment ils font dans ce village pour faire leurs courses, j'en serai gré. C'est fou ça. Au final, je mange un paquet de chips et de gâteau, ah bravo, c'est du beau.
Il me faut retourner à Ichinoseki, la grosse ville à proximité où s'arrête le Shinkansen. De là, il me faut aviser pour la suite. Jusqu'où aller ? Rejoindre Hokkaido dès maintenant ? J'aimerais avancer un peu sur mon itinéraire, ce qui m'oblige à faire du train. La question est de savoir si je peux en trouver un à moindre frais pour m'emmener au nord.
Renseignements pris, je n'ai pas trop le choix, il me fait prendre le Shinkansen si je veux continuer efficacement vers le Nord. Et paf, paye tes 8000 et quelques yens (65€) pour rejoindre Hachinohe, terminus du Shinkansen à ce niveau-là et ensuite Aomori via un train normal. Bon après, vu le confort, c'est un moindre mal hein. Le trajet se fait très bien, même si je suis quasiment le seul étranger pour le coup dans tout le train. Qui n'est pas rempli, loin de là.
Donc y'a de la neige partout et il fait bien froid. Il est pas loin de 20h, me voilà à la pointe nord de Honshû, l'île principale du Japon. Yeah, trop stylé ! Alors je connais rien de la ville et j'ai pas envie de galérer à trouver un endroit où dormir. J'ai bien pensé partir de suite en train de nuit pour Hokkaido histoire d'avancer mais y'en avait pas visiblement. Après avoir posé tellement de questions au mec de la gare que j'ai réussi à me saouler moi-même, j'opte pour la solution de trouver un hôtel sur place et repartir le lendemain matin via un train normal pour Hakodate, au sud de Hokkaido.
On m'indique un hôtel sur une carte, à priori pas trop cher selon les souvenirs de l'employée, sans garantie aucune. C'est pas grave, autant tester. Et en fait, cet hôtel s'avère excellent dans le rapport qualité/prix. Digne d'un bon deux étoiles en France, la nuit ne revient qu'à 2400 yens si mes souvenirs sont bons (ou 2800 mais pas plus), soit autour de 20€. Trop bien quoi. Et pour moins cher que le capsule hôtel à Sendai, j'ai un vrai lit, avec une vraie douche et un vrai confort. Et j'ai même accès à Internet via un PC sous plastique (véridique, cf photo) d'où je communique à Lucie, restée en France. OUAIS !
Comme je me caille vraiment les miches, j'écourte ma balade, surtout que tout est fermé. Et je profite de ma chambre pour faire un bon gros somme. Demain, Hokkaido, l'île du Nord du Japon.
Les photos !
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