lundi 27 juillet 2009

Il y a des jours comme cela...

Où tout semble aller mal. Enfin tout, j'exagère, mais au moins quelques parties de la journée. Vous voulez un exemple concret ? OK, alors je vais vous racontez cette magnifique journée du vendredi.

Le projet de base était simple : en ce jour de congé pour la moitié de l'usine à laquelle j'appartiens, je pensais retourner à Yamaguchi pour faire un coup double digne des plus grands stratèges asiatiques du VIème siècle avant ce bon vieux JC. Attendez que j'éclaire votre lanterne et jugez par vous-même : combiner en une journée la visite d'un jardin zen dessiné par Sesshu en son temps ET la découverte du Gion Matsuri version yamaguchienne (yamaguchite rend peut-être un peu mieux...). Pas mal hein ? Malin le petit français ? Je vous sens coi là. Bah, il suffit d'un guide Lonely Planet et d'un peu de jugeotte. Tout le monde peut y arriver. Même vous. Même toi.

En théorie, je devais être aux alentours de 12h30 avec mon bentô acheté à un conbini au jardin afin de me délecter à la fois de mon repas et de la vue. Flâner ensuite dans les rues à la découverte des temples en attendant le matsuri devait constituer la suite de mon périple d'un jour.

Évidemment, rien ne s'est passé comme cela. À 11h45, je pars de chez moi, ce qui est un poil trop tard pour respecter mes délais. 1h plus tard, je suis arrivé à la gare de Yamaguchi, à 3 kms du jardin. Je vais à l'office du tourisme me renseigner sur le matsuri et me vois entendre qu'il n'y a pas de matsuri aujourd'hui. "L'année prochaine". Merci, je suis pas idiot. Bon. Super guide qui dit n'importe quoi. C'est pas grave, il y a un jardin qui est là toute l'année lui au moins. Pas de risque de ce côté-là.

Je me dirige donc vers la boutique de location de vélo en face de la gare afin d'obtenir un bolide à même d'avaler assez rapidement les 3 kms de distance me séparant du Sesshu's garden. Cette fois-ci je me vois entendre qu'il est interdit de louer des vélos en raison de la pluie. C'est quoi cette connerie ? OK, il fait moche aujourd'hui, mais à cause de ça, je peux pas louer de vélo ? Y'a un truc que je capte pas là...

Vous le sentez vous-même, les éléments sont contre moi. On dirait qu'ils se sont passés le mot pour m'empêcher de réaliser mes plans. Et bah je relève le défi. Je vais y aller à pied à ce putain de jardin zen. Et c'est parti pour 3 kms sous la pluie (c'est plus marrant). Et impossible de trouver un combini durant tout le chemin. Au moins, je découvre quelques temples (positive attitude). Mais les temples, au bout d'un moment...

Après 1h30 de marche dont un passage dans le tunnel pour voitures supra bruyant, j'aperçois enfin le temple abritant le jardin. Et à côté un magasin de souvenirs où j'espère pouvoir trouver de quoi me restaurer. Face à l'absence de bentô, je prends un bol de sôba au petit restaurant attendant. L'occasion pour moi de taper un peu la discussion avec l'employée. Je demande des infos sur le matsuri et j'apprends que c'est à cause du mauvais temps qu'il est annulé. À un moment, un autre client arrive et c'est l'occasion de repartir dans une petite conversation. Un moment sympathique.

15h30, je suis enfin en face du jardin. Très beau jardin dont le caractère zen ressort du fait que je suis le seul visiteur à ce moment-là. Le jour de la semaine et le mauvais temps ont dû jouer pas mal. Le jardin fait la part belle aux pierres, comme le voulait le style de l'époque. Il y a toute une signification derrière l'agencement des pierres, mais je suis bien incapable de vous l'expliquer.

Histoire d'en profiter, j'entame la ballade autour du jardin, les pieds dans la boue. Je suis les chemins dont un qui n'en finit pas de grimper pour finalement déboucher sur un petit autel (fermé). OK. Bah je redescends hein. Au moins, ça m'a permis de salir mon pantalon, j'ai pas tout perdu. 16h, il est temps de repartir à la gare en prévision du départ dans la soirée pour Ôsaka.

Je repars à pied à la station la plus proche, à environ 20 minutes à pied. 25 pour ma part puisque j'arrive à me perdre au moment où la pluie redouble d'intensité. Ça m'a permis de voir partir le train que j'aurais voulu prendre. Le prochain ne passe que dans 30 minutes. Allez moment Archos (la marque de mon baladeur) pour passer le temps.

Le temps de sécher un peu dans le train, ce sont des trombes d'eau dignes du déluge de mardi dernier qui s'abattent sur Shin-Yamaguchi. Et devinez quoi ? Je suis en vélo. Si si. Et je suis bien arrivé trempé chez moi, merci.

Le Shinkansen que je veux prendre est à 19h00. J'ai donc 1h15 devant moi pour me doucher, me changer, faire mon sac et aller à la gare. Je traîne un peu puis pars prendre ma douche. Sans doute qu'à ce moment-là le temps a décidé de s'écouler plus vite puisqu'à ma sortie, il est 18h43. J'ai donc 17 minutes pour m'habiller, faire mon sac, aller à la gare. Super.

Preuve que je n'ai pas changé, j'arrive à 18h59 à la gare. Et là le miracle se produit... Le shinkansen a 5 minutes de retard ! Oui, vous ne rêvez pas ! Les trombes d'eau ont eu raison de la ponctualité légendaire de ce train ! Je peux souffler, au moins je serai à temps à Ôsaka pour ce week-end qui s'annonce grandiose.

Enfin la chance me sourit aujourd'hui. Serait-ce un signe annonciateur de ce que sera le week-end ?

Photos

2 commentaires:

  1. Hé!

    Je vois que la séquence "girlofrendo" suscite plus de commentaires que la saucée dans les jardins pourtant propices à la méditation...

    Bon pour y ajouter le mien, je te propose de répondre que dans ton cas il faudrait parler de "girl(s)frendi" (le "s" remplaçant le "o" et le "i" remplaçant le "o", pour indiquer le pluriel et que ,par ailleurs, tu es extrêmement curieux de la culture nippone...

    Sinon, super tes photos et bravo pour ton blog qui s'est enrichi d'une carte (crois-moi, je peux t'affirmer qu'elle ne sera pas inutile cette carte vu la connaissance très "moyenne" de la géographie du Japon autour de moi!)

    Je pense que la pluie dans un cadre naturel est favorable au recueillement (les journées ensoleillées étant supposées être plus distrayantes) tout comme les visites des temples. Tu te rends compte de la chance que tu as de vivre des moments aussi intenses dans un parc dessiné par un artiste du XVème siècle! (merci pour le lien avec wikipédia : très utile!).

    Bon au vu de tout cela voici mes conseils: continue ta démarche vers un plius grand épanouissement intérieur et occupe toi bien des petites japonaises rêvant d'un hidalgo (occidental)de passage!

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  2. Ouais, épanouissement à l'intérieur, séduction à l'extérieur quoi.

    Merci papa pour avoir su concilier Sesshu et la drague des japonaises. C'était pas évident, mais t'as réussi haut la main !

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