Reprenons la chronique du voyage à Izu. Ah ouais, c'est un peu décousu comme manière de faire mais ça vous entraine à sauter d'un sujet à l'autre comme ça hop d'un coup. C'est histoire de vous faire travailler votre cerveau et tout et tout. En tout cas, ce n'est absolument pas à cause d'une pseudo désorganisation de ma part. Non, là ce n'est que mensonge ! D'ailleurs, si j'ai le temps (ce qui m'étonnerait, mais bon), je compte reprendre la série "séminaire Hirakata" qui retrace mes deux premières semaines au Japon. Ouais ouais, nostalgie yeah.
Donc lundi 23 novembre, réveil tout en douceur dans une chambre complètement gelée sur les coups de 9h et quelques. Je traine suffisamment pour me faire signaler par le proprio que c'est l'heure du check-out. On discute un peu en bas et il me propose gentiment de me ramener à la gare. Visiblement, il a cru que j'étais vraiment doué pour parler japonais vu le débit avec lequel il me parle. Je m'accroche et arrive à suivre un peu le fil de sa pensée. Alors la France il y est allé deux fois, dont une fois l'année dernière et tout. La bouffe française ah c'est quelque chose et tout. Et d'autres trucs. Si vous voulez discuter un peu avec lui, je dois pouvoir retrouver l'adresse et le numéro de téléphone du Minshuku, faites-moi signe.
Je me retrouve donc au point névralgique de toute ville moyenne japonaise qui se respecte: la gare. La ville étant petite, je peux rejoindre les lieux intéressants à pattes. J'opte pour un commencement par le sud afin de contourner par la côte la forêt et ainsi prendre d'assaut le reste de la ville. Non mais en fait au sud, y'a des temples sympas, avec une grande valeur historique. Et comme l'histoire du Japon ça vous passionne, je vous fais partager. Mais avant, je tiens à vous dire que je suis passé juste après au supermarché pour m'acheter des Kit Kat et une chocolatine. Et même qu'avec toutes ces cochonneries, j'ai pas eu faim de la journée. Voilà. Maintenant, on peut parler d'Histoire.
Direction tout d'abord le
Ryôsen-ji, à 20 minutes à pied. Ce temple est célèbre pour avoir accueilli la signature entre
Matthew Perry et les représentants du pouvoir japonais du second traité en complément de celui de
Kanagawa. C'est à la

suite de la signature de ces différents accords et traités que la politique d'isolement du Japon à l'égard du reste du monde, en vigueur depuis le tout début du XVIIème siècle, prit fin. Donc c'est quand même quelque chose hein. Sinon on aurait jamais connu les tamagochi, les manga, les jeux vidéos japonais, le karaoke, le DDR, le mont Fuji, les sushi, et les Toyota. Pfiou, t'imagines ? Wah le monde tout pourri que ça aurait été quoi ! Non vraiment, on a eu chaud.

À côté du temple, le musée d'art des Bateaux noirs (oui parce que Perry a fait forte impression grâce à la flotte de bateaux noirs qu'il dirigeait) présente différents objets consacrés aux fameux bateaux et à Perry mais permet de voir également l'image que les étrangers avaient du Japon et vice-versa-renversement-double salto arrière.


Un peu plus loin, le
Chôraku-ji a lui abrité les représentants russes et japonais qui signèrent le traité russo-japonais de 1854. C'est d'ailleurs le seul endroit au Japon pour le moment où j'ai vu un texte écrit en russe. Mais j'en verrai sûrement la semaine prochaine, lorsque je serai au nord du Japon.

À partir de ce moment-là, le temps commence à se découvrir totalement pour ne laisser qu'un soleil au sommet de sa forme pour un 23 novembre, entouré de ciel bleu. Nickel pour aller faire la promenade de Wakanoura, dans le parc de Shimoda. Le parc de Shimoda se situe donc au sud-est, sur une colline. Il domine la baie et offre des vues splendides, surtout par un temps aussi parfait. Voire même un peu chaud, surtout avec les couches de vêtements que j'ai sur moi.

Le parc donc. Qui monte doucement vers le sommet de la colline. Peu de monde. Un papy à vélo avec son chien par ici, un couple par là. Le soleil, toujours. De temps à autre, au détour d'un virage, derrière une branche, se dévoile à mes yeux une douce vision : celle du Pacifique rencontrant la Terre Mère de la manière la plus gentille qui soit. Ce grand enfant vient en effet se lover posément dans cette baie au sourire amical. Le bruit des clapotis ne trompe pas: le Pacifique sait qu'ici il peut prendre le temps de se reposer, de se retrouver.

Allez, je reprends un style plus normal et moins chiant. Waish waish. Bon donc le parc, très sympa, il fait chaud, jolies vues, tout seul. Ensuite. Ensuite, c'est la promenade proprement dite. Pour la rejoindre, il faut redescendre la colline, dépasser l'aquarium installé là et prendre le petit chemin défoncé qui longe la falaise. Quelques pêcheurs, certains venus avec leurs petits-enfants, sont installés ici. Le soleil est à son zénith, les rayons se reflètent sur l'eau. C'est beau mais ça m'empêche de prendre des photos en face, merde quoi.


Une fois la ballade effectuée, je rejoins le point de départ, près du Chôraku-ji. Il doit être environ 13h, ce qui me laisse encore l'après-midi pour continuer les visites. Je pense peut-être aller voir les cascades de Kawazu sur conseils d'un ami, mais je ne me rends pas compte du temps que ça prend. Je vais donc prendre des renseignements près de la gare où je me rends compte que c'est difficilement faisable aujourd'hui, à cause de l'horaire relativement tôt du dernier express pour Shinjuku de la journée. Tant pis, j'ai d'autres trucs à faire à Shimoda.

Je pense notamment au téléphérique qui emmène le client au sommet de la montagne Nesugata. En haut, un parc a été aménagé avec à son extrémité, le temple
Aizendô qui abrite un bouddha de la
période de Kamakura, accompagné de 150
Jizô faisant face à la baie.

L'observatoire duquel les soldats Japonais surveillaient les bateaux noirs à l'époque a été reconstitué. Le parc est très bien entretenu même si je suis surpris de trouver des fleurs à cette époque de l'année. Enfin j'y connais rien en même temps, c'est peut-être normal.

Une fois revenu en bas, j'hésite sur l'ordre à donner entre la croisière dans la baie pour touriste à bord d'un pseudo bateau noir et une "visite" de la plage de Shirahama, à 10 minutes en bus. Finalement, le bateau jetant l'ancre définitivement pour le reste de la journée à 15h30, je pars en direction du quai. À bord du bateau, un groupe de vieux Japonais et moi. Et 4 employés quand même.

Ca sent malgré tout l'attraction touristique à plein nez. Déjà le prix du billet (8€), le supplément à payer pour profiter du 1er étage du bateau, la gueule du dit bateau (ça fait un peu toc), le temps de la croisière (20 minutes), etc. Mais spa grave, il fait beau, je suis de bonne humeur. Donc je profite des vingts minutes tranquillement, alors que le soleil a commencé sa course descendante.

Une fois la croisière finie, je rejoins les arrêts de bus juste à côté de la gare. J'ai environ 1h30 avant le dernier express pour lequel j'ai pris mon ticket. Largement suffisant, surtout qu'à cette époque de l'année, il n'est pas question de se baigner. La plage en elle-même est assez sympa. Enfin comparée aux plages que l'on voit habituellement au Japon, celle-ci s'en sort bien.

L'eau grouille de surfeurs à la recherche d'une vague, sans vraiment de succès. Je me promène le long de l'eau, me pose quelques dizaines de minutes, profite du moment. Et puis, vers 17h, retour à l'arrêt de bus pour revenir une enième fois à la gare.
Une fois à la gare, je passe par la case boutique souvenir pour acheter les gâteaux du coin que je distribuerai au bureau, puis je rejoins le train. Finalement, 2h30 plus tard, me voilà de retour à Shinjuku. Fin du week-end, Shimoda: done.

Oh yeah baby, mate
les tophos quoi.
P.S: les photos de la journée au
Yasukuni-jinja & co sont en lignes !
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