dimanche 19 juillet 2009

Moi, mon vélo, Yamaguchi

Ainsi donc, en ce dimanche, j'ai une journée à organiser selon mon bon vouloir. Mon projet est d'aller relativement à Yamaguchi afin de découvrir cette ville surnommée "la Kyôto de l'ouest". En effet, j'habite en réalité Shin-Yamaguchi, près de la gare du shinkansen, à une douzaine de kilomètres de Yamaguchi. Je décide d'y aller en vélo pour faire d'une pierre, deux coups : économiser le déplacement en train et avoir un moyen de déplacement pratique une fois sur place.

Et comme j'organise ma journée à ma guise, c'est donc avec délectation (je vous le présenterai, il est sympa) que je m'octroie ma première vraie grasse matinée au Japon. Lever à 11h15, bon ben va falloir revoir les plans de la journée. Finalement, après avoir trainé, je pars vers 14h. Direction la gare de Shin-Yamaguchi où je récupère cartes et plans pour mon périple. La dame m'annonce qu'il faut environ une heure pour rejoindre Yamaguchi en vélo et tente de me convaincre de prendre le train. Que nenni. Et c'est parti.

5 minutes plus tard, je suis tout transpirant tant il fait chaud. Le vélo est sympa mais on a déjà fait mieux comme modèle. Et les lunettes qui glissent du nez, 'tain je vous jure. Un panneau indiquant le kilométrage approche. Oh là là, je n'ai fait qu'un kilomètre depuis le dernier panneau. Ca va être long...

Au cours du chemin, je m'arrête une bonne demi-heure près d'un terrain de base-ball où des matchs semblent se préparer. Le base-ball est le sport roi au Japon, nombreux sont les petits japonais à en faire. En l'occurence, ce sont des petites japonaises que j'ai observées s'échauffer bien que je ne m'en sois rendu compte qu'à la fin. C'est fou comme c'est difficile de s'en apercevoir avec ces tenues de sport. Bon ça tarde à démarrer et le match en cours est de l'autre côté du terrain, tant pis, j'y vais.

J'arrive à Yamaguchi, fatigué et transpirant vers 16h30. Un peu tard pour faire tout ce que j'avais prévu. Tant pis, je sélectionne. On commence par le Kozan-Koen qui abrite le Ruriko-ji et sa pagode à 5 niveaux. Le lieu est d'ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. L'endroit est vraiment agréable même si j'ai souffert pour y arriver en vélo puisqu'il se situe en haut d'une colline. De nombreux édifices ou monuments sont présents près de ce parc, notamment une maison de thé qui abrita des conspirateurs contre le shogunat Tokugawa, les tombes des seigneurs du clan Môri qui dirigea Yamaguchi dans le passé et le temple Toshun-ji construit par le daimyo du moment. Il n'y a peu de monde, et c'est tant mieux même si j'accuse un peu le coup de l'heure et demi de vélo et de l'ascension jusqu'au temple.

Je redescends la colline pour me diriger vers le Kameyama-Koen, un parc où se situe la chapelle commémorative Saint-François Xavier en l'honneur du missionaire qui séjourna dans la ville au XVIème siècle. Ca monte à nouveau, mais cette fois-ci je descends de ma bécane. Faut pas pousser non plus, on est censé être dans la vallée que diantre ! Au sommet est présent le parc à proprement parler. La chapelle est un peu en contrebas. Son style moderne et coloré s'explique par sa reconstruction en 1998 suite à un incendie.

Il est 18h20, je redescends en direction de la gare pour m'arrêter vers la galerie marchande. Je flâne un peu même si rien de spécial n'est à signaler. À noter les préparatifs pour le matsuri de demain (le même que celui à Tsuwano). Il a lieu le 20, 24 et 27 juillet, j'espère bien pouvoir y aller un soir, après le boulot. Il est près de 19h, je suis fourbu et j'ai faim. Je décide d'aller tester une adresse de mon guide. Malheureusement, impossible de trouver ce fichu "Franck" (nom du restaurant hein) ! Je fais le tour du quartier sans succès. Je me rabats sur un restaurant qui a l'air sympa avec de l'ambiance. Mais les gloussements d'une brochette de maman japonaise suite à mon étude du menu (où je ne comprenais rien sauf les prix) devant la porte d'entrée me font reculer. Peut-être que c'était la première fois qu'elle voyait un européen ? Où est-ce à cause des cheveux bouclés ? Encore un mystère difficile à résoudre.

Je vais donc en face, chez Fracasso où je m'offre un bon plat de spaghetti carbonara. J'ai une fois de plus constater mon incapacité à comprendre ce que me disent les serveurs. Ils pourraient me dire qu'ils ont craché dans le plat, je leur répondrais systématiquement par un oui des plus compréhensifs qui soient en apparence. Et ainsi que je dine seul dans un restaurant familial. Pauvre de moi.

20h, je décide de rentrer tant je suis fatigué. À ce moment précis, la magie opère. Alors qu'il n'a pas plu de la journée, l'eau commence à tomber du ciel, doucement au début puis en alternance avec parfois de bonnes douches pour ma pomme. Ben tiens, c'est plus marrant comme ça. Il fait nuit et j'ai encore une douzaine de bornes à faire. Je les fais en 1h pile, et j'arrive chez moi exténué et trempé. Au moins je vais bien dormir ce soir...

Bilan : "journée" un peu courte pour bien visiter la ville. La brochure que j'ai récupérée me laisse à penser que le surnom de la ville n'est pas démérité tant il y a de temples. Néanmoins, la comparaison avec Kyôto s'arrête là. En soi, la ville est sympathique, j'essaierai d'y retourner une nouvelle fois mais la visiter seul n'est pas ce qu'il y a de plus marrant.

Par contre, la prochaine fois, je prends le train.

Les pictures.

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