jeudi 3 décembre 2009

Voyage en péninsule d'Izu: Itô et Jôgasaki

Ok donc c'est parti, je m'en vais vous conter ce petit week-end en solitaire à une centaine de kilomètres de Tôkyô. Week-end durant lesquels j'ai clos de belle manière ma vingtième année d'existence. En solitaire. Histoire que ce soit un jour inoubliable !

Alors sur le papier, je devais partir 3 jours pour avoir le temps de découvrir la péninsule d'Izu. Durée convenable pour une région relativement petite. L'idée était de partir le samedi matin très tôt pour rallier la péninsule dans la matinée et avoir encore la journée devant soi. Je sais, c'est très malin. Mais vous commencez à être habitués à ces astuces de ma part j'espère. Donc l'idée c'était ça, mais malheureusement, suite à une mauvaise gestion d'une conversation Skype, je me suis couché un peu tard. Ce qui devait arriver arriva. Impossible pour moi de me lever à 7h. Et partir en milieu de journée ne servirait à rien si ce n'est juste à arriver là-bas au coucher de soleil. Donc j'ai décidé de repousser ça au dimanche matin. Dimanche 22 novembre, ouais ouais.

Cette fois-ci, j'arrive à trouver l'énergie nécessaire à un lever dans les temps. Légèrement en retard sur le planning mais convenable malgré tout. Ce qui me permet d'arriver soit légèrement en retard pour le train d'avant, soit bien en avance pour le train de 9h, ça dépend de la manière de voir les choses. Je m'installe dans le bon compartiment (ouais parce qu'à un moment, ça se sépare en 3 selon les directions. 'tention, ça peut être piégeur), et feuillette le Paris Match de France ramené par la tante quelques semaines auparavant. Juste de quoi ne pas se prendre la tête.

1h30 après, je descends en gare d'Itô, ville assez réputée pour ses bains et ses sources chaudes. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse. Je m'arrête ici pour profiter de mon forfait de train qui me permet de m'y arrêter et repartir avec le même billet d'abord, mais aussi pour voir le Tokaikan, une batisse construite au début du XXème siècle et régulièrement agrandie depuis par différents architectes.

Situé au bord d'un canal, le bâtiment a un quelque chose de solennel. L'impression de se trouver face à une maison de l'époque d'Edo, où les geisha croiseraient les samuraï. À l'intérieur, beaucoup de boiseries travaillées dont le style peut varier d'une pièce à l'autre. L'endroit a deux étages sans compter le rez-de-chaussée, plus une tour d'observation. Toutes les pièces ne sont pas ouvertes au public mais il y a de quoi faire malgré tout.

Ainsi, je déambule entre les différentes chambres dont l'ambiance semble figée, atemporelle. La vue sur le canal, légèrement bouchée par les plantes grimpantes du mur est très belle par sa simplicité. À l'intérieur, le bois sombre tranche avec les paravents souvent clairs et décorés sobrement, à la japonaise.

De plus grandes pièces sont également présentes. Les plus grandes sont les salles de réception/spectacles, tout en longueur. Au bout d'une des salles, une estrade se dresse, vestige des représentations autrefois données ici. À l'étage en-dessous, des jeunes filles prennent une leçon de shamisen, un instrument traditionnel asiatique (chinois) dont le son fait penser de suite à l'Asie orientale. La musique se faufile dans les différents étages, donnant une autre dimension à la visite. On s'attendrait presque à croiser une geisha se déplaçant furtivement dans les couloirs.

De la tour d'observation, je peux admirer la vue environnante. Admirer est un bien grand puisque, il faut bien l'avouer, la vue des maisons entourant le Tokaikan n'a rien d'exceptionnelle.

Une fois sorti du bâtiment, je me dirige vers le bord de mer en longeant le canal. À l'estuaire de la rivière, les mouettes attendent en nombre les poissons, sans doute une technique rodée depuis des années par les volatiles pour se remplir la panse. Plus loin, nombre de Japonais s'adonnent à la pêche. En famille, avec l'équipement au top s'il-vous-plaît. La jetée en elle-même, par ce temps gris et couvert, n'offre pas d'intérêt très important. Donc je repars. Surtout que c'est l'heure de manger.

Direction l'italien d'à côté. La perspective d'une pizza m'ayant convaincu de ne pas me prendre la tête à chercher un autre restaurant. J'aurais peut-être dû parce que je me retrouve à attendre durant une bonne demi-heure qu'une place se libère. Et en 15 minutes, ma pizza au gorgonzola et au miel avait disparu. Mais c'était bon, c'est déjà ça.

Je longe le bord de mer, aux faux airs de Venice Beach avec ses palmiers, croise une poissonnerie avec tous ses produits posés sur des planches de bois et repart en direction de la gare. Le passage à Itô aura duré plus longtemps que prévu, il me faut presser le pas désormais. 15 minutes de train après, je m'arrête à Jôgasaki, une petite bourgade célèbre pour ses falaises et son pont les surplombant.


Les falaises se trouvent à 1.5 kilomètres de la gare. C'est au cours de ce trajet que 15h sonnent à ma montre. C'est donc ici, à Jôgasaki, tout seul au milieu d'une route déserte, sans trottoirs, que je viens officiellement de débuter ma vingt-et-unième année (15h avec cette histoire de décalage horaire). Je l'aurais pas crû si on me l'avait dit auparavant.

Je finis par arriver au point de vue. L'endroit est touristique, il y a un peu de monde (que des Japonais en revanche). Une jolie vue s'offre à moi du haut du phare, situé un peu avant le pont. Le pont en lui-même surplombe l'océan à 42 ou 43 mètres de haut. Il bouge à cause des gens l'empruntant. Le lieu est prisé des réalisateurs japonais pour les scènes dramatiques, selon le Lonely Planet. Ca peut se comprendre. Les falaises tombent à pic, les rochers subissent l'assaut du vent tout le temps, ce qui donne un paysage dévasté, sauvage.

Après m'être rassasié de la vue sur l'océan, j'emprunte un petit chemin de randonnée d'une vingtaine de minutes en bord de mer. Il fait froid mais bizarrement, après cette petite marche, j'avais plus chaud qu'autre chose. Je finis par déboucher sur un parking et quelques boutiques. Soit je retourne vers la gare, soit j'emprunte l'autre chemin de randonnée qui continue sur quelques kilomètres. L'heure étant déjà bien avancée, je préfère ne pas prendre de risque et repart vers la gare.

Lorsque je l'atteins, il fait déjà nuit noire. Et froid. D'où le bonheur de prendre un train qui chauffe les pieds. Enfin, 45 minutes plus tard, je descends à Shimoda, ville principale de l'île où je vais passer la nuit. J'ai réservé une chambre dans un minshuku conseillé par un ami. Mais auparavant, resto. Deux des adresses indiquées sont fermées ou inexistantes à l'endroit indiqué. J'opte pour la troisième, un restaurant de poisson où le menu fut fort copieux merci beaucoup.

Après le resto, j'ai encore un peu de temps devant moi avant le dernier bus qui m'amènera non loin de mon minshuku alors je décide d'aller prendre un verre au bar un peu plus loin. C'est quand même mon annif quoi. Et comme je peux désormais boire de l'alcool en toute légalité dans ce pays, je me prends un White Lady bien comme il faut.

White Lady que j'ai dû boire assez vite parce qu'en fait le temps passe plus vite que prévu. Et une fois de retour à la gare, une fois l'horaire indiqué pour le dernier bus dépassé sans qu'aucun bus ne soit venu, je me fais expliquer qu'il n'y en a plus à cette heure-ci. C'est donc en taxi que je rejoins l'arrêt de bus proche de mon minshuku. Et c'est grâce à mon ami que je réussis à trouver ce foutu minshuku fort bien caché.

Une fois dans la chambre (gelée), je ne tarde pas trop à me coucher. Déjà je suis crevé de m'être levé si tôt le matin et j'aimerais avoir le temps de profiter de la journée de demain. C'est sans compter sur les gens qui se décident à m'envoyer des messages à ce moment-là. Bon en même temps, c'est l'annif, ça se comprend.

Tant pis, je dormirai dans le train du retour.

Les photos: j'ai eu une phase noir et blanc, mode 16/9ème. Mais j'aime bien, c'est classy.

Pour avoir des photos encore plus jolies du Tokaikan, allez voir sur le blog d'Amano. En même temps, il a un putain d'appareil photo lui !

1 commentaire:

  1. Bon j'espère quand même que ça n'a pas été un anniversaire trop solitaire (le bar en solo j'ai jamais testé mais c'est bien de se motiver !)
    Plus que quelques semaines en terres nippones, profite !
    Bisous

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