Non je parle pas de moi, tout va très bien de mon côté, je vous remercie. Je fais référence au nouveau départ qui frappe la communauté ESSEC au Japon. En effet, aujourd'hui Manu s'est envolé pour la France, après 4 mois de présence sur le sol nippon. Après, Clara trois jours auparavant, c'est un autre élément essentiel du dispositif funattitude qui me quitte, qui nous quitte.
D'ailleurs, j'étais tellement pris cette semaine que je n'ai pas trop pu m'occuper du blog. Veuillez m'en excuser.
Afin de l'aider à préparer ce retour à la fois désiré et non-voulu (nous sommes tous des êtres contradictoires), j'ai donc passé le samedi après-midi tokyoïte qu'il avait à sa disposition pour l'épauler, le soutenir. Au programme, une journée bien chargée.
Déjà, de mon côté, ça commence par une grasse matinée. Pfiou, dur. Je me fais réveiller par un mail (ici ce sont les mails, pas les sms que l'on envoie par téléphone) de Manu m'indiquant qu'il vient d'arriver en gare de Tôkyô. Je lui donne les instructions et commence à me préparer. Je le retrouve à mon arrêt de métro pour qu'il dépose ses affaires chez moi. Je suis debout depuis 1h, lui depuis 7h30. Oh yeah.
On se pose un peu, on discute, etc. Mais le temps s'écoule, il serait dommage de ne pas profiter de cette aprem nuageuse quand même. J'ai quand réussi à nous faire perdre une bonne demi-heure en cherchant une brocante près de chez moi où j'étais allé avec Martin mais qui depuis quelques temps a disparu de la rue. Un mystère, je vous le dis moi.
On finit par prendre le métro pour ce rendre à Yanaka, un quartier ancien connu pour son calme, ses temples, son cimetière, sa rue commerçante. Un excellent lieu pour se promener en perspective.
Après voir

trouvé cette fichue sortie ouest à la gare de
Nishi-Nippori, on tombe assez rapidement sur la Yanaka-Ginza, la rue commerçante et piétonne du quartier. Bordée de "70 vénérables échoppes" selon le Routard, elle est un lieu relativement prisée des visiteurs, essentiellement japonais mais également étrangers. Les petites boutiques proposent de tout, nourriture, souvenirs, thé, décorations, etc.

L'ambiance est telle que nous avons du mal à nous rendre compte que nous sommes à Tôkyô. Ici, le calme prévaut. Les maisons basses et anciennes du quartier, l'absence de voitures, la rue piétonne, tout cela nous donne plus l'impression d'être dans une petite ville de province.
D

e nombreuses figures de chat ponctuent la promenade. Il s'agit pour l'essentiel de
Maneki Neko, qui sont censés pour porter chance aux commerçants. Le geste du chat invite à venir, à rentrer dans le magasin, bien qu'en Occident ce soit plutôt le contraire. C'est mignon tout plein, j'aime beaucoup.
Pourtant d'autres chats sont présents ici qui ne correspondent pas à cette description. Notamment ces deux statu

es posées sur le toit de certains magasins et qui observent l'agitation en-dessous. Rigolo non ?
Bref, petit passage par un magasin vendant des gâteaux japonais pour que Manu puisse faire ses achats souvenir, et on continue notre bonhomme de chemin. Je fais confiance au Routard qui propose un itinéraire simple mais fort sympathique. Et c'est

grâce au Routard que l'on s'arrête à la boutique Iesatsu qui vend notamment des
chiyogami, des papiers
origami à motifs. Gros coup de cœur pour Manu face à des papiers aux motifs floraux de toute beauté. Il a tellement aimé qu'il s'est fait un cadeau à lui-même, c'est sympa non ?

Un peu plus loin, plusieurs petits temples bordent la rue. L'heure relativement tardive (5h passée) expliquent qu'ils ne sont pas tous ouverts. C'est néanmoins l'occasion de prendre quelques photos et de prendre notre temps.
Après un passa

ge à une brocante sur le chemin, nous arrivons au
cimetière de Yanaka, un lieu très prisé des Japonais durant l'éclosion des cerisiers au printemps. Il est presque 18h, l'endroit est désert. Tout est calme, le silence est reposant. Loin d'être glauques et tristes, les cimetières japonais dégagent une certaine ambiance zen. Un moment unique.
O

n finit par rejoindre la ligne ferroviaire, ce qui termine la boucle commencée un peu plus tôt dans la journée. J'avais l'espoir de pouvoir aller au Tennô-ji, un temple proche de là, mais malheureusement, il est déjà fermé. Nous pouvons malgré tout apercevoir de là où nous sommes le bouddha assis tranquillement sur son socle. Tout n'est pas perdu.
À ce

moment-là, quelques gouttes se mettent à tomber, ce qui a pour effet immédiat de faire paniquer Manu qui craint pour ses papiers floraux. Généreux dans l'âme, j'accours et lui offre mon écharpe qu'il recouvre sur les papiers. De rien Manu.
Manu ayant fini l'essentiel de ses emplettes et étant sur la paille, nous avons un créneau de libre à ce moment-là. Nous décidons donc d'aller à
Asakusa, le quartier touristique pas loin d'i

ci pour se promener et aller chez
Toraya, sans doute l'enseigne la plus connu fabricant des
wagashi, la pâtisserie japonaise. Il fait à ce moment-là déjà nuit noire et la
crotte d'or d'Asahi se détache magnifiquement dans le paysage environnant.
Une fo

is à
Asakusa, nous partons de suite à la recherche du magasin
Toraya. Qui n'est en fait qu'un stand au sein du centre commercial
Matsuya. Pas de salon de thé comme le voulait Manu. Tant pis, autant ne pas être venu pour rien. Et hop les achats de wagashi. Aujourd'hui, Manu n'a pas de limites, que cela soit bien clair pour tout le monde !

On continue notre périple vers le
Sensô-ji que j'avais pu déjà voir (enfin la bâche qui le recouvre) lors de mon
dernier passage dans le quartier. En cette heure tardive, les échoppes de la galerie commerçante commencent à fermer. Manu continue sa folie d'achats en se prenant un
jinbe, un vêtement d'été pour homme qui fait aussi super bien office de pyjama (testé et approuvé par moi-même).
L'endr

oit est quasi-désert comparé à d'habitude. Les bâtiments illuminés sont tout simplement magnifiques. Manu est assez ému, le départ se rapprochant inexorablement. Et dans ce cas, rien de tel que d'aller au
Kaitenzushi pas loin d'ici pour se remonter le moral.
Kaitenzushi un chouya cher mais vraiment excellent ! Hum, ce saumon ! Un vrai plaisir.

Il est tellement bon que cela nous met en retard au rendez-vous avec Jérémie à Roppongi (donc à l'autre bout de Tôkyô). On arrive là-bas avec 30 minutes de retard, mais Jérémie est bon, il ne nous en tient pas rigueur. Direction le White Room pour une soirée "international" où les étrangers sont les bienvenus pour rencontrer des gens, étrangers ou japonais.
Le contact se fait facilement puisque la soirée est faite pour ça. On discute avec pas mal de gens, des japonais mais aussi un Australien très sympa. Il y a beaucoup de monde, mais l'ambiance est bonne.
Alors que se profile les derniers métros, il est temps d'y aller. Surtout que la soirée n'est pas finie pour Manu et moi puisque je l'emmène à la
Golden Gai. Le bar où je vais d'habitude étant plein, on en profite pour aller au bar "français" La Jetée. Bar présent dans tous les guides français, il est tenu par une japonaise francophone et francophile fan du cinéma français. Très sympa d'ailleurs.
On discute également avec nos voisins, deux anglais et un suédois. Les discussions partent parfois un peu dans tous les sens mais c'est rigolo.
Malgré tout, il commence à se faire tard et nous accusons un peu le coup. Il est temps de rentrer à la maison et de passer la dernière nuit au Japon pour Manu. À 4h passé, nous nous couchons enfin... pour se réveiller à 5h45 pour Manu, afin d'aller à l'aéroport ! Au moins il dormira bien dans l'avion. À 6h30, les adieux sur le pas de la porte et hop je file me recoucher.
C'est que je ne pars pas encore moi.
(
les photos)