mardi 6 octobre 2009

Jour 5 (30 Juin), confrontation urbaine

Je me rends compte d'un des principaux défauts d'une rédaction à posteriori de 3 mois, c'est que je ne peux pas rendre compte aussi bien que je l'espérais de l'état d'esprit du moment. 3 mois sont passés, les faits sont là, les émotions brutes un peu moins. Mais comme je suis quelqu'un de déterminé, je tente malgré le tout. Tapis!

Bref, en ce dernier jour de Juin, j'entame les premiers cours de Japonais dispensés par les volontaires de l'association Hirakata. Ça c'est leur titre officiel. En vrai, ce sont des bons petits vieux japonais qui viennent discuter avec nous durant la matinée. Tout commence par une présentation générale et la répartition des groupes.

Je suis dans le groupe de Nathalie, Chadia, Martin et Antoine. Chaque personne se voit associé à un des petits vieux pour le cours. Bon visiblement la répartition ne se fait pas par niveau puisque Nathalie, qui se débrouille déjà en japonais, tombe avec une japonaise capable de parler anglais pendant que Bibi tombe avec le papy qui ne parle pas anglais lui. Ca promet des discussions poussées tout ça ! Non mais il est trop marrant à observer le papy, donc ça va. Tant pis pour les discussions, on parlera sushi et tourisme.

La matinée passe donc tranquillement dans un rythme studieux mais détendu. On travaille sur les livrets fournis par l'association sur des sujets basiques mais utiles à mon niveau (présentation au travail, demander son chemin, etc.).

Le midi est l'occasion de découvrir un peu mieux cette "merveilleuse" ville d'Hirakata. À vrai dire, c'est une ville moyenne (400 000 habitants) tout ce qu'il y a de plus banal au Japon. Le centre de la ville, situé autour de la gare ressemble à n'importe quel centre de ville moyenne japonaise (constat après 3 mois ici hein, ça me sautait pas aux yeux à ce moment-là.

Un des principaux sujets de conversation parmi les étudiants porte sur l'achat d'un portable pour le reste du séjour. C'est ainsi que divers groupes d'étudiants errent dans les rues à la recherche de boutiques d'opérateurs téléphoniques. Mais le Japon, dans un accès de paranoïa vis-à-vis de l'étranger a fait voter une loi il y a quelques temps rendant l'achat d'un portable pour un étranger restant moins d'un an dans le pays très difficile. Et finalement, seules deux boutiques avaient encore des portables de base à vendre (mais pour ça, il faut le passeport, l'adresse au Japon et d'autres infos, ça déconne pas hein).

De mon côté, j'hésite encore à en acheter un. Et je fais bien puisque quelques jours plus tard, j'apprends que l'entreprise m'en fournira un à Tôkyô. Jusque-là, pas de portable. Spa grave, je communiquerai avec des signaux de fumée en cas de souci.

C'est également l'occasion de tester un type de restaurant assez rigolo. Ici pas de serveurs qui viennent prendre la commande. Pour ça, il y a la machine à l'entrée du restaurant où l'on peut choisir ce que l'on veut. Et c'est à nous d'apporter le ticket au comptoir pour que la commande soit effectuée.

Et pour sa première tentative, Tarek s'en sort moyennement bien. N'ayant pas très faim, il prend un plat pas cher du tout, à 200 yens environ (là, ma mémoire me fait défaut) alors que Clara, Nathalie et moi prenons des plats à 600 yens. Bizarre quand même ? En fait, Tarek se fait amener une petite coupelle avec de la sauce dedans. Je me disais bien aussi... Ben il est retourné à la machine hein, il allait pas manger que de la sauce à midi quand même.

L'après-midi sera studieuse également avec une initiation aux kanji, les idéogrammes de l'alphabet japonais. Il y a 3 alphabets dans la langue japonaise, 2 syllabaires et les kanji. Les kanji sont évidemment ce qu'il y a de plus dur dans cette langue puisqu'il y en a des milliers et que leur prononciation varie selon les mots. L'article de wikipedia donnent quelques infos intéressantes, allez-y voir.

Bref, les volontaires défilent pour nous présenter de manière ludique quelques kanji de base en utilisant pour ça les jour de la semaine (ex: le mardi est le jour du feu, le jeudi est le jour de l'eau, etc...). La chaleur et le moment de digestion m'affaiblit psychologiquement et inévitablement, je suis pris d'un fou rire avec Nathalie au moment au moment où l'une des intervenantes écorchent un mot français (oui les volontaires de l'aprem parlent un peu français). Impossible de m'arrêter et évidemment, je ne suis pas discret. Remarque je me suis calmé d'un coup au moment où elle m'a apostrophée. Mais comme elle l'a fait en français, je suis pas sûr d'avoir saisi ce qu'elle disait. Tant pis hein.

Après ce cours fort intéressant, je retrouve Yumi-san dehors. Je veux en effet trouver un dictionnaire franco-japonais et un adaptateur électrique: 2 objets introuvables à Hirakata. C'est pourquoi nous allons direction Ôsaka, capitale économique du Kansaï. Hugo nous accompagne parce que sa maman japonaise (plus pratique que "la mère de la famille d'accueil - veuillez intégrer cette expression qui reviendra fréquemment tout au long de cette série d'articles. Maman, ne le prends pas personnellement hein, c'est par souci de clarté !) ne peut pas venir le chercher je crois. Enfin je comprends pas trop la raison.

Clara, qui ne sait ce qui est prévu de son côté, vient demander des infos à Yumi-san. Ni une ni deux, celle-ci l'invite à venir avec nous et contacte ses deux amies pour qu'elles nous rejoignent. C'est ainsi qu'on se retrouve encore avec les 3 familles pour aller cette fois à Ôsaka !

Après un petit moment dans le train entrecoupé de quelques changements, nous débouchons sur une énorme galerie commerçante, bourrée de monde et de magasins. Choc total, nous voilà dans le Japon des néons connus à l'étranger. Et forcément, toutes ces lumière et toute cette agitation, ça excite les gosses que nous sommes. On déambule les yeux écarquillés dans la grande rue qui est en fait la rue commerçante principale de la ville dans le quartier de Dôtonbori.



On s'arrête à quelques endroits pour essayer de trouver ce que l'on cherche: une librairie, un magasin de téléphones. Mais rien. Alors on continue. Jusqu'au Game Center (à ce moment-là, c'est le premier que je vois) qui crache du bruit assourdissant. On suit les mamans qui nous emmène faire des purikura (que de première fois). On découvre également un aspect de la mode des jeunes japonaises (cf photo, quel beau gosse cet Hugo). Pfiou que de découvertes !



On finit par arriver à un pont d'où l'on prend quelques photos (la photo en haut du blog a été prise juste avant). Je ne le sais pas encore à ce moment-là mais ce pont, l'Ebisu-bashi, serait apparemment célèbre au Japon. Remarque, la vue est vraiment super, les gigantesques écrans publicitaires et néons défilent le long de la rivière. Le Lonely Planet dit que ça rappelle le film Blade. Bon perso je l'ai pas vu mais les connaisseurs confirmeront ou infirmeront.

Nous continuons notre chemin en suivant les drôles de dames japonaises devant. On s'arrête pour goûter à des Takoyaki, sorte de snack contenant des morceaux de poulpes, spécialité d'Ôsaka. Pas mauvais mais pas fou non plus, bien que Clara et Hugo ne soient pas convaincus. C'est psychologique, je vous le dit moi.

Finalement, je trouve mon adaptateur au Yodobayashi (souvenez-vous, je suis allé à celui d'Akihabara il y a quelques semaines). J'en achète d'ailleurs plusieurs puisque d'autres personnes en cherchent. J'aurais pu mettre en place un commerce florissant, mais je suis trop honnête pour ça. En revanche, la recherche du dico se solde par un échec. On a malgré tout le plaisir de découvrir des bouquins se vantant de pouvoir faire obtenir un score de 600 au TOEIC au lecteur japonais. (ie, niveau basique basique, mais en même temps, l'anglais des japonais est souvent dramatique).

Une fois nos courses terminées, c'est l'heure de manger. Et là, dans ce restaurant situé au sous-sol, on a le droit à un festin de nourriture. Les plats affluent, le sake et la bière abondent (même chez les mamans). Nos palais se régalent pendant que nos estomacs se remplissent. Hugo et moi testons les maki au nattô qui n'obtiennent aucune pitié de la part d'Hugo ("c'est à vomir. C'est dégueulasse. C'est immonde"). Un grand moment.

On ripaille, on fait bombance, on rigole. Les 3 mamans, après deux bières se retrouvent légèrement éméchées et c'est avec un soupçon de sournoiserie qu'on tente de les emmener au karaoke. Malheureusement, elles ne sont pas assez ivres pour se laisser entrainer là-dedans. À la sortie du restaurant, nous testons le jeu vidéo avec les tambours, au principe ultra basique (taper en rythme), mais assez rigolo, surtout avec du sake dans le sang.

Finalement, il est temps de rentrer. L'après-midi adaptateur/dico s'est transformée en grand n'importe quoi qui fut bien marrant !

PHOTOOOOOOS !

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