samedi 18 juillet 2009

Tsuwano !

Je viens de rentrer d'une petite journée tourisme à Tsuwano à environ 60 kilomètres de Yamaguchi en compagnie d'Oishi-san, le collègue de l'entreprise qui était venu me chercher à la gare une semaine auparavant.

Première surprise de la journée, Oishi-san est en retard. Si si, je déconne pas. Un bon gros quart d'heure de retard. Cela m'a laissé le temps de me balader en bordure de la rivière juste à côté de chez moi. C'est un coin sympathique où je pourrai aller me balader en soirée de temps en temps. Enfin on verra.

C'est parti pour 1h20 de route. Le voyage est assez silencieux, la langue agissant plus comme une barrière tant Oishi-san est nul anglais et moi en japonais. J'en profite pour lire à fond mon guide, histoire de savoir à quoi m'attendre. Il fait chaud dehors, près de 30°C avec un temps légèrement nuageux mais sans plus. La climatisation fait des miracles.

On arrive un peu avant 12h à Tsuwano, petite ville de quelques milliers qui s'étend dans la longueur, encaissée dans la vallée. La ville est connue dans la région pour son sanctuaire important, son quartier de samouraï bien conservé et les ruines de son château. Nous commençons par le sanctuaire Taikodani Inari, tout de rouge vêtu, surplombant la ville. Évidemment, nous arrivons en même temps qu'un car de vieux touristes japonais. Moi qui pensais qu'ils étaient tous à Paris.

Le sanctuaire est vraiment très beau avec cette couleur vive caractéristique de ces lieux. Inari est une divinité shintô qui est représentée sous la forme d'un renard (kistune). C'est donc tout naturellement que le renard est présent un peu partout dans ce sanctuaire. Des offrandes sont présentes sur l'autel. Oishi-san nous prend des o-mikuji, des bandelettes de papier sensées apporter ou non la bonne fortune. Pour ma part, ça n'a pas l'air d'être fameux. Tant pis.


Un chemin partant de la ville permet de se rendre au sanctuaire à pied. Parsemé de centaines de torii, ces sortes de portiques rouges marquant l'entrée dans le sanctuaire, il doit vraiment être agréable à parcourir. Malheureusement, nous sommes venus en voiture, donc nous repartons vers le parking (c'est moins glamour de suite).

Seconde étape, les ruines du château de Tsuwano. Les ruines en elles-mêmes n'ont que peu d'intérêt mais c'est l'occasion d'avoir un beau point de vue sur la vallée. L'ascension commence tout d'abord par un vieux funiculaire à la fois rigolo et légèrement inquiétant vu l'absence de barre de sécurité et l'âge surement élevé de ce truc. Bon ok, ça va pas très vite et on est jamais à plus de 3 mètres du sol, mais je sais que ça aurait pu inquiéter des gens (pas moi, j'ai peur de rien). En haut, il faut marcher 5-10 minutes pour rejoindre l'endroit où se trouvait quelque chose dont je n'ai pas saisi le sens. Je penche pour la tour de guet mais à vrai dire, je n'en sais rien.

Un peu plus loin se trouvent les restes du château à proprement parler. L'ascension par 33°C est difficile tant il fait chaud. Mais armé de ma bouteille d'eau, de mon appareil photo et de mon guide, je suis un touriste prêt à tout affronter. Une fois en haut, effectivement la vue est jolie. On surplombe la vallée (cf la photo du début). On entame la descente, on reprend le funiculaire et hop direction la boustifaille pour se restaurer. C'est que ça creuse une ascension de 10 minutes !

On se retrouve donc dans Tonomachi, le quartier des samouraï avec des maisons de style Edo, du nom de l'époque du gouvernement des Tokugawa quelques siècles auparavant. La principale rue est bordée de canaux où barbotent des carpes bien dodues. À l'origine, elles étaient élevées afin de constituer une réserve de nourriture en cas de siège, bien qu'aujourd'hui elles fassent plus le bonheur des touristes.

Le soleil est présent, les lieux sont agréables à visiter puisque les bâtiments sont bien conservés. Il n'y a pas énormément de monde, on peut flâner tranquillement. Direction un restaurant choisi par Oishi-san. Au menu, l'uzume-meshi (riz dans une soupe de tofu, avec des champignons et des légumes de montagnes), la spécialité locale. Le tout servi avec une certaine recherche dans la présentation. C'est assez cocasse de se dire que je partage avec Oishi-san un repas aussi délicieux (oishii en japonais). Voilà pour la touche d'humour.

En sortant du restaurant, la chaleur combiné au début de digestion "réveille" ma fatigue. On se promène un peu dans les rues jusqu'à l'église catholique érigée en 1951 en souvenir des chrétiens de Nagasaki exilés de force ici. L'église est petite mais le plus frappant est le remplaçant des bancs par les tatamis ! Nous continuons notre chemin pour finalement se rendre à un petit musée consacré à Hokusai, le maître de l'estampe japonaise. La collection est petite, c'est sympathique mais pas immanquable.

Tsuwano est une petite ville dont on n'a rapidement fait le tour si les musées présents ne nous intéressent guère (sur les poupées occidentales, sur les objets de la vie quotidienne, etc.). C'est pourquoi à 15h, j'ai vu ce que je voulais voir et accepte donc de reprendre la voiture. Oishi-san me propose alors d'aller à Hagi, à 50 kms de là en m'assurant qu'on a le temps. Cool, j'avais prévu d'y aller au cours de mes prochains week-ends ! Quel bel esprit d'initiative Oishi, on ne se comprend peut-être pas toujours, mais on est sur la même longueur d'onde pour le coup !

À peine rentré dans la voiture, je m'endors. Climatisation effect. Je me réveille à Hagi où l'on se dirige vers une sorte de marché couvert sur le port. C'est l'occasion de voir des bêtes étranges sous cellophane mais également de la viande de baleine (ouh les vilains) ou de la "confiture" de dauphin (cf photo: la baleine est dans l'emballage noir, le dauphin est dans les pots orange). Pour la suite, comme il est 16h passé, je pense me contenter de me ballader dans les quartiers historiques de la ville ou vers le parc près des vestiges du chateau.

Bon en fait, on n'est pas sur la même longueur d'onde. Je m'aperçois au bout d'un moment qu'on est en train de sortir de la ville. Avec mon air faussement naïf, j'obtiens la confirmation qu'on est sur le chemin du retour à Yamaguchi... Ah. Pourtant je suis sur qu'il m'a parlé à un moment du château. Bon. Ben j'y reviendrai par moi-même alors. En fat de compte, je n'aurai vu que le marché couvert de Hagi. Cela fait peu comme visite, mais ça a au moins le mérite de faire original.

Pour finir, j'ai passé une très bonne journée même si j'en ressors frustré pour deux raisons. La première est due à la petite désillusion à Hagi. La seconde est due au fait que lundi (qui est férié) se déroule un festival (matsuri) important à Tsuwano dont les images que j'ai pu voir m'ont mis l'eau à la bouche. Malheureusement ce jour-là, je pars à Shimonoseki avec le boss de l'usine. Je trouve ça tellement dommage de ne pas m'être bien débrouillé pour mieux arranger mes déplacements alors que j'avais le temps et l'occasion (c'est pas tous les ans que je serai à côté de Tsuwano le 20 Juillet). Enfin, ce n'est pas très grave, j'aurai l'occasion de voir d'autres matsuri au cours des mois prochains. Mais quand même, c'est frustrant !

Demain, je pars en vélo tout seul à Yamaguchi. Comme ça je ferai ce que j'ai envie, na !

N.B: avec tous les liens que j'ai mis, ça fait une vraie leçon sur la culture japonaise. Et au passage, pour voir toutes les photos, c'est .

3 commentaires:

  1. Tu vas de découverte en découverte. Quelle chance tu as!. De plus, les personnes de l'entreprise ont l'air très sympa, elles te proposent des visites, te font bénéficier de leurs voitures. As-tu d'autres contacts avec tes amis de l'ESSEC. Sont-ils aussi bien reçus.
    Les paysages que tu nous montres donnent une impression de fraicheur et de sérénité. Au fait, merci pour ces leçons de culture japonaise. Il ne me reste plus qu'à inscrire tous ces mots sur un petit carnet et les réviser pour être au point lors de notre voyage à Toussaint.
    As-tu une adresse postale pour recevoir du courrier?
    Quels sont tes horaires de travail? As-tu donner les présents à ton boss?
    Envoie-nous un petit mail pour répondre à toutes ces questions.
    Grosses bises.
    Good luck and good day.
    Maman

    Merci pour toutes ses photos. Elles me permettent de t'imaginer dans cet environnement si différent du nôtre.

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  2. ooooh, je viens de voir la photo dédicace "Cécilia" dans ton album Picasa. :) C'est la plante qui s'appelle comme ça ? Trop d'honneurs...

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  3. Je t'avoue que j'en ai aucune idée. Le panneau était placé à l'entrée du magasin, donc peut-être que ça n'a rien à voir avec la plante.

    Mais je pensais pas trouver au Japon un panneau avec écrit dessus "Cécilia". Tu vois, ils t'attendent.

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