jeudi 19 novembre 2009

The last but not the least

Dernier jour de vacances, que ce soit pour moi qui retrouve dès le lendemain le chemin du bureau ou pour la famille qui repart également le lendemain, de bonne heure. Les jours précédents ont défilé si rapidement, je vous jure, je les ai pas vus passer.
Qui dit dernière journée dit retour sur Tôkyô dans un premier temps. Et un des gros avantages du Shinkansen, outre sa rapidité, son confort et ses sièges qui changent de sens, c'est qu'il y en a très souvent. Celui qui nous intéresse vis-à-vis du pass ferroviaire que la famille a acheté part toutes les demi-heures, ce qui est tout à fait convenable. Nous prévoyons de partir vers 10h30 pour arriver aux environs de 13h à Tôkyô et profiter de l'après-midi.

Le départ de Gotenyama est fixé à 9h. Aya-san, accompagnée de Yumi-san, nous emmène en voiture à la gare de Kyôto, ce qui est vraiment sympa. En bon Français, nous sommes prêts à partir à 9h15, ce qui reste correct.

Ce voyage en voiture nous apporte une preuve de la prévoyance des Japonais quant à l'organisation d'un planning. En effet, malgré ce départ quinze minutes en retard et un pneu crevé sur le chemin (remplacé illico à une station-service/garage), nous arrivons malgré tout 10 minutes en avance en gare de Kyôto. L'épisode du pneu crevé confirme à la tante tout le bien qu'elle pense de la gentillesse et l'efficacité japonaise.

Le voyage en Shinkansen se déroule sans aucun accroc, comme d'habitude. Mais il offre en particulier l'occasion d'observer le mont Fuji au moment où le Shinkansen passe à proximité. J'avais prévenu tout le monde sans savoir à quel moment l'apparition devait se faire. Finalement, c'est la tante qui repère ce mont majestueux, dont le sommet est désormais recouvert de neige. Je me précipite à un hublot pour tenter d'immortaliser cette vision magnifique et ce, en dépit des conditions particulières (le train bouge à plus de 200km/h à ce moment-là).

Une fois arrivés à Ueno, puis à Shinjuku via la Yamanote Line (ce qui nous offre la possibilité d'écouter les musiques de chaque station, différentes à chaque fois), nous devons résoudre le problème majeur du moment: les bagages. Tous les lockers sont pris, ce qui nous oblige à élaborer une stratégie poussée et rapidement réalisable. Concrètement, je suis chargé de surveiller le coin Est pendant que les parents s'occupent de monopoliser l'espace du coin Ouest. Plusieurs fois, le coin Est est mis en difficulté: visiblement, nos défenses sont trop faibles de ce côté-là (j'avoue, avec mon petit sac, je ne suis pas vraiment impressionnant et tout le monde me gruge - mais comme aucun locker n'est disponible, ils l'ont dans le fion !).
Nous avons raison de persévérer puisque un à un, suffisamment de lockers se libèrent. On enfourne les sacs dedans (de ce côté-là, je crois qu'on a été bon, tant pis pour les souvenirs fragiles à l'intérieur des sacs). La soeur s'échappe pour rejoindre une amie japonaise rencontrée aux Etats-Unis. J'emmène la troupe des vieux dehors, direction le Kaitenzushi qui avait eu l'honneur de recevoir tout le monde le premier jour.

Il fait beau, il y a du monde, c'est normal, c'est férié. Le kaitenzushi est l'occasion de vérifier les progrès accomplis par tout le monde niveau baguettes. C'est bien, je suis fier de vous tous. On enchaine direct sur un autre immanquable du Japon: les purikura. Bon tout est en japonais donc je comprends rien, mais l'expérience aidant, j'arrive à faire marcher la machine. Le résultat est plus que satisfaisant, même si je ne peux vous le faire partager ici, n'ayant pas réussi à transmettre les photos sur mon adresse mail. Faudra me demander de vive voix de vous les montrer ! Enfin, accompagné de la mère, je termine l'expérience Game Center par le jeu des taiko qui consiste à suivre au mieux un rythme en tapant sur des tambours. Il va sans dire que j'ai massacré la mère à ce jeu, qui n'avait plus que ses yeux pour pleurer. Ouais ouais.

Direction ensuite le parc de Yoyogi, à 5 minutes en train de Shibuya. Aujourd'hui est un jour férié car les Japonais célèbre l'anniversaire de l'empereur Meiji. Or, dans ce parc se trouve un sanctuaire dédié à l'empereur, le Meiji-jingu. Des cérémonies sont donc programmées aujourd'hui, ce qui me pousse à emmener tout le monde là-bas.

Si le voyage et les premiers pas dans le parc se déroulent parfaitement, je fais l'erreur d'autoriser les vieux à fouiner dans la boutique de souvenirs. Bon ok, je participe à tout ça de plein gré. J'achète d'ailleurs ma super montre de touriste avec une inscription japonaise sur le dessus, effet stylé garanti (si si) ! Non là où ça merde un peu, c'est le moment où le père part s'acheter son café pendant que la tante et la mère terminent leurs emplettes. Au moment où ces dernières me rejoignent à la table du café, le père a disparu pour aller fumer une clope. En fin de compte, le petit arrêt aura duré un chouya trop longtemps.

Parce que pendant ce temps, les cérémonies et festivités s'enchainent. Déjà, au café, nous voyons de nombreux enfants en costume (les garçons) ou en kimono (les filles). Après s'être renseigné auprès de la copine japonaise de la soeur, retrouvées entretemps, il semblerait qu'aujourd'hui est également le jour où l'on fête les 3, 5 et 7 ans des gamins. D'où les costumes. Enfin peut-être que c'est faux et que c'est juste dû à l'anniversaire de Meiji. Je sais pas trop en fait.

Nous finissons par atteindre le sanctuaire. Il y a plus de monde que la dernière fois (lorsque j'étais venu avec Louis). Visiblement, les principales animations de la journée sont terminées (il est environ 15h), notamment le Yabusame. Tant pis. Et puis tout n'est pas perdu parce que ce jour-là, de nombreux couples se marrient dans ce sanctuaire. Nous admirons donc deux mariages shinto traditionnels avec les futurs époux en costume traditionnel, l'air solennel peint sur leurs visages.


En plus de ces mariages, les kimonos et autres habits de fête ravissent nos pupilles. Les familles japonaises allient l'élégance au raffinement. Les photos de famille s'enchainent un peu partout. Dans un coin du sanctuaire, des bouquets sont présentés, démonstration de l'ikebana ou l'art japonais d'accomoder les plantes.

Après ce bon bol d'air frais au milieu du parc, loin du tumulte des rues de Tôkyô, nous repartons (sans la soeur et son amie, parties de leur côté) vers la gare pour retourner à Shinjuku. Je m'arrête quelques instants sur le jingu-bashi, le pont à l'entrée du parc, célèbre pour attirer les jeunes tokyoites fan de cosplay, pour observer les quelques jeunes déguisés présents.

Une fois arrivés à Shinjuku, nous nous dirigeons vers le Yodobashi à l'Ouest de Shinjuku. Dans ce grand magasin d'électronique, nous partons à la recherche de clé USB en vue de transférer les photos prises. Finalement tout le monde opte pour une clé USB en forme de clé, à accrocher au porte-clés. Styclé non ?


Le crépuscule commence à poindre le bout de son nez. Or, par une si belle journée, le crépuscule est un spectacle à observer du haut de la mairie de Tôkyô, où l'on surplombe toute la ville. Avec un peu de chance, nous pourrons voir le Fuji au loin. Commence alors une petite course entre les buildings de Shinjuku pour rallier la mairie à temps. C'est que les couleurs au loin laisse présager du pire: louper le coucher de soleil à quelques minutes près !

Nous ne sommes pas les seuls à avoir l'idée de venir l'observer de la mairie à en juger par la queue devant l'ascenceur. Mais heureusement, elle avance vite et nous atteignons le 40ème et quelques étage peu après. De là, pour leur dernière soirée japonais, les parents profitent de cette vue magnifique, avec un ciel rougeoyant sur lequel se détache la forme parfaite du Fuji. Et au premier plan, la ville, partout autour de nous.

De retour à la gare de Shinjuku, là où nous avons laissé les bagages dans les lockers, je me renseigne pour les trains allant à Narita le soir-même. J'apprends avec surprise (un bon pote japonais, je vous le présenterai) que le dernier train est plus tôt que ce que j'imaginais. Il est 18h à ce moment-là et nous devons passer par chez moi pour que je leur fasse les paquets à ramener en France et que l'on retourne à Shinjuku pour prendre le train de 19h30. Autant dire qu'il faut se magner.

Cela se traduit par une marché à vitesse forcée, l'impossibilité d'attendre la soeur qui ne vient pas au point de rendez-vous prévu à l'heure prévue, le tri des affaires à ramener à vitesse grand V, l'énervement de la soeur qui croit qu'on lui a acheté une clé USB comme ça pour lui faire plaisir, le dîner du soir annulé et enfin la course dans la gare de Shinjuku pour rejoindre le quai n°5 qui est évidemment à l'autre bout de la gare. Finalement, on y arrive à temps, à 5 minutes près.

Les adieux durent 5 secondes montre en main et voilà la famille partie vers Narita où elle dormira dans un hôtel pour rejoindre l'aéroport dans la matinée suivante. Quant à moi, de retour à la maison, la fatigue finit par me rattraper. Ceci marque la fin du séjour japonais et de mon côté, le "début de la fin" puisqu'il ne me reste alors plus qu'un mois et demi sur place.

Pfiou, le temps passe si vite je vous jure. Un jour on a vingt ans et puis le soir on se rend compte que l'on a 50 ans. Wahou quoi !

Les Pictuuuuuures.

2 commentaires:

  1. Merci Alexandre, pour l'écriture du journal de notre voyage.

    Toujours aussi gai, plein d'humour et d'entrain.

    Bisous
    Cathy

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  2. Last but not least : D'accord pour l'évocation des faits... Bon, si on me pose des questions sur le voyage au Japon, je m'esbignerais en donnant l'adresse de ton blog...

    Néanmoins, quelques remarques anodines:
    - Il est vrai que le foie gras que j'avais savamment et pédagogiquement coupé en rondelles a été servi, partiellement, sur gâteaux d'apéritif salés en dessert. Les mamies japonaises ne m'ont pas écouté attentivement... Elles sont un peu têtues quand on y repense...

    - L'histoire du père qui s'éloigne pour prendre un café pendant que la tante et la mère "picotillent" dans le magasin de souvenirs montre bien son grand esprit de tolérance et n'est en aucun cas, la cause d'un supposé retard!

    - Par ailleurs, je me souviens avoir donné un avis éclairé sur le choix de la montre touristique... Rappelle - toi comme tu hésitais craignant que le ridicule (ou la faute de goût) te poursuive pendant la durée de vie de cette montre. Ah garnement! un père que tu qualifies aisément de "vieux" reste quand même (et malgré lui) le témoin d'une expérience de vie qui finira par lui conférer une certaine sagesse (avant de crever bien sûr!).

    NB: J'aime bien la photo de ma bobine que tu as choisie! (Il y en a de moins flatteuse en stock).

    On se lève le matin à 20 ans et psiou..., on a 50 ans en fin de journée. J'y pense souvent... Amuse-toi bien fiston!!! et continue ton blog!

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